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Le blog de François MUNIER

La Lorraine selon V.-A. Malte-Brun (7/14). Autres villes de Meurthe-et-Moselle (2/3)

19 Novembre 2021 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Lorraine, #Meurthe-et-Moselle

Taille de l'image 14 x 11 cm

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La Lorraine selon V.-A. Malte-Brun (7/14). Autres villes  de Meurthe-et-Moselle (2/3)

TOUL

(lat. 48° 40’ 32”; long. 3o 33’14”E.). —Toul (Tullo, Tullum, Tulli Leucorum), station de la ligne du chemin de fer de Paris à Nancy (réseau de l’Est), est une ancienne et forte ville peuplée de 10,012 habitants, et située à 22 kilomètres à l’ouest de Nancy, sur la Mosclle; autrefois évêché, elle dépendait de l’intendance et du parlement de Metz, formait un gouvernement particulier, avait bailliage, présidial, justice consulaire, chapitre, etc., etc. Aujourd’hui, c’est le chef-lieu d’un arrondissement communal et de deux cantons, avec tribunal de première instance, société d’agriculture, collège communal, etc., etc.

Avant la conquête romaine, Toul était la capitale des Leuces, peuple guerrier dont les Romains appréciaient la valeur. Dans la division de la Gaule en provinces, le pays de Toul fut compris dans la Belgique première. Sous les successeurs de Clovis, Toul fit partie du royaume d’Austrasie. Ce fut aux environs de cette ville que les deux fils de Childebert II, Théodebert et Thierry, se livrèrent, en 611, une sanglante bataille, dans laquelle Théodebert fut vaincu. Il paraît que les rois de la première race faisaient frapper à Toul des monnaies sur lesquelles se voyaient, avec l’effigie du prince, les mots : Tullo civitas.

On a retrouvé aussi des monnaies carlovingiennes avec le nom de Toul. Sous les successeurs de Charlemagne, le pays de Toul fut compris dans la Lotharingie, et, à l’époque où cet Etat fut disputé entre la France et l’empire germanique, l’empereur Henri l’Oiseleur accorda à l’évêque, pour le détacher du parti de Charles le Simple, le titre et l’autorité de comte de Toul. Plus tard, Frédéric Barberousse accorda aux évêques le droit de frapper monnaie à leur effigie, non-seulement à Toul, mais encore au château de Liverdun, qui leur appartenait.

Mais les évêques de Toul choisirent, pour exercer en leur nom cette autorité souveraine, des seigneurs laïques, qui devinrent bientôt leurs adversaires; l’histoire de Toul est pleine des incidents de cette lutte des évêques et des comtes, qui parvinrent à rendre héréditaire une charge personnelle et révocable dans l’origine. Un intérêt plus sérieux s’attache aux efforts que firent à plusieurs reprises les bourgeois de Toul pour mettre un terme à la tyrannie féodale et obtenir des garanties de liberté.

Dès le X° siècle, sous l’évêque Gérard, qui avait succédé à Gauselin, des discordes éclatèrent entre l’évêque et la population de Toul. A cette époque, les évêques redoutaient également la turbulence des bourgeois et l’ambition des comtes, qui souvent faisaient cause commune avec les bourgeois. Nous passons sur l’histoire de plusieurs évêques en mentionnant seulement Menon, qui gouverna le diocèse de 1027 à 1049 et qui devint ensuite souverain pontife, sous le nom de Léon IX, pour arriver à l’épiscopat de Gilles de Sorcy, qui pourra donner une idée de l’état de Toul au XIII° siècle.

Dès le commencement de son épiscopat, il eut à lutter contre la bourgeoisie. « Il établit, dit M. Bégin, un maître échevin et dix justiciers chargés de rendre la justice en son nom; mais bientôt ce nouveau tribun populaire, alarmé des mesures coercitives du prélat, surtout depuis l’érection d’une citadelle destinée à dominer la ville, souleva la bourgeoisie, rasa la forteresse et pilla l’évêché. Gilles de Sorcy s’enfuit à Nancy et revint, accompagné de Ferry III et du comte de Bar, ressaisir, les armes à la main, l’autorité qu’il avait perdue. D’autres contestations s’élevèrent bientôt; une servitude étrange en fut la source: les Toulois étaient obligés de défrayer chaque année la maison de leur évêque pendant le mois des versaines (avril); Gilles de Sorcy voulut relever cet usage tombé en désuétude et réclama les arrérages. Le peuple se révolta; il prétendit à son tour que l’évêque payerait son droit de joyeux avènement. Trois arbitres furent nommés et l’on convint que les bourgeois donneraient chaque année à l’évêque 16 livres, monnaie de Toul, et que l’évêque, de son côté, livrerait pour la milice et les pauvres, le jour de son ordination ou de son entrée solennelle, « quatre mesures de vin, huit cents livres de pain et un boeuf entier bouilli avec des panais. »

Ce fut Gilles de Sorcy qui racheta au duc Ferry III le comté de Toul, c’est-à-dire l’exercice de la puissance temporelle, qui était déléguée à des seigneurs laïques depuis l’évêque Gauselin.

A la mort de Gilles de Sorcy, des troubles violents éclatèrent à l’occasion de la nomination de son successeur; les princes voisins intervinrent, et le pape se décida à nommer lui-même un évêque, le franciscain Conrad Probut. La bourgeoisie, qui pendant la vacance du siège épiscopal s’était attribué de larges libertés, se révolta bientôt contre les exigences du nouveau prélat. Nous serions entraîné trop loin si nous voulions entrer dans le détail de tous ces événements. Rappelons seulement que ces luttes interminables inspirèrent aux bourgeois l’idée de se donner un protecteur plus désintéressé, au moins en apparence, que les princes de Lorraine, et, en 1300, ils conclurent un traité avec le roi de France, Philippe le Bel. Le roi les prenait sous sa protection, à condition qu’ils payeraient une redevance annuelle et feraient le service militaire deux jours l’an sur les frontières de Champagne. Les empereurs d’Allemagne ne pouvaient voir qu’à regret le protectorat du roi de France s’étendre sur une ville considérée comme relevant de l’empire; et c’est sans doute pour s’y rattacher plus étroitement que l’empereur Charles IV accorda aux bourgeois, en 1367, une bulle fameuse par laquelle il confirmait tous leurs privilèges, déclarant que ladite ville et ses habitants fidèles lui avaient toujours été affectionnés et obéissants, de même qu’à l’empire romain. Mais les rois de France convoitaient cette importante possession; c’était un débat bien vieux que celui des limites de la France et de l’empire, et le temps approchait où la question ferait un pas au profit de la France. En 1445, Chartes VII, étant en Lorraine, réclama des bourgeois une rente annuelle de 2,000 livres et un fort arriéré; le protecteur commençait à prendre un ton de maître. Sur le refus des bourgeois, les troupes royales arrivent devant Toul et brûlent les faubourgs. Les bourgeois se soumettent, puis refusent de s’exécuter; les hostilités allaient recommencer, quand un accord fut conclu; le roi avait consenti à rabattre quelque chose de ses prétentions. Un siècle plus tard, Toul passait sous l’autorité du roi de France. Le traité conclu par Henri Il avec la ligue protestante d’Allemagne portait que le roi s’emparerait de quatre villes impériales qui ne sont pas de la langue germanique:

Cambrai, Metz; Toul et Verdun.

En 1552, l’armée française, commandée par Montmorency, se présenta devant Toul, dont les habitants remirent leurs clefs au connétable, sans résistance. Peu après, Henri II fit à Toul une entrée solennelle, accompagné du duc de Guise et de sa maison militaire; il jura de garder les privilèges de la ville et fit prêter serment de fidélité aux habitants.

Pendant les troubles de la Ligue, les ligueurs occupèrent Tout, qui ne reconnut Henri IV qu’après son abjuration. Une ordonnance de Louis XIII, en date du mois d’août 1634, créa le bailliage de Toul. Même sous Louis XIV, la ville conserva une partie de ses antiques franchises. On peut remarquer aussi qu’au XVIII° siècle encore les évêques de Tout prenaient le titre de princes du saint-empire et accolaient dans leurs armes l’épée avec la crosse, quoiqu’ils eussent perdu leur puissance temporelle.

En 1700, Louis XIV fit renverser les anciens murs et les vieilles forteresses de Toul et y forma une nouvelle enceinte plus étendue. En démolissant les anciens murs de la ville, on trouva une grande quantité de médailles et de monnaies romaines. Dom Calmet assure qu’à cette époque les antiquités et les médailles étaient si communes à Tout que les plus curieuses et les plus rares ne se vendaient qu’au poids et que les enfants s’en servaient dans leurs jeux comme de pièces de menue monnaie.

En 1790, Toul fut compris, dans le département de la Meurthe. Depuis 1870, et à cause de son plus grand voisinage de la frontière allemande, Toul est devenue une place de guerre importante; ses fortifications ont une circonférence de 35 kilomètres, douze ouvrages nouveaux couvrent les hauteurs de Saint-Michel, de Bruley, de Lucey (Bois-Quart en réserve), de Domgermain, de Tillet et de Villey-leSec. Pour empêcher l’accès de Toul du côté de l’ouest et en même temps pour barrer les voies ferrées dans cette direction, il y a des fortifications à Frouard.

Tout renferme de beaux édifices, tels que l’hôtel de ville, le quartier de cavalerie et surtout une magnifique cathédrale, commencée par saint Gérard, en 965, et achevée en 1496 par l’architecte Jacquemin de Commercy. Elle est surtout estimée par sa légèreté.

Tout est la patrie du maréchal Gouvion Saint-Cyr, de l’amiral de Rigny et du baron Louis, ancien ministre des finances, mort en 1837.

Les armes de Tout sont de gueules, à la lettre capitale T d’argent (aliàs d’or), le bas terminé en fleuron.

LIVERDUN.

Liverdun, station du chemin de fer de Paris à Nancy, est située dans une position très pittoresque, sur une colline très escarpée qui domine la rive gauche de la Moselle et près du canal de la Marne au Rhin; elle est à 20 kilomètres au nord-est de Toul, et sa population compte 1 411 habitants. C’est une ancienne ville forte qui conserve quelques restes de ses fortifications; son église date du XIII° siècle. Aujourd’hui, cette ville possède des forges considérables.

De sa promenade, on jouit d’une vue très étendue. Le canal de la Marne au Rhin traverse ta colline de Liverdun sous un tunnel de 500 mètres de longueur.

THIAUCOURT.

Thiaucourt, station de la ligne du chemin de fer de Paris à Longuyon, chef-lieu de canton, arrondissement et à 37 kilomètres au nord de Tout, sur le Mad, est une ancienne ville peuplée de 1,480 habitants. Brûlée par les Messins en 1258, et saccagée par Chartes le Téméraire en 1471, elle fuit fortifiée par Antoine, duc de Lorraine, en 1576. Ou y remarque un pont de sept arches, une église moderne et les restes de ses anciennes fortifications. Les vins de Thiaucourt sont très renommés et comptent parmi les meilleurs du pays; il y existe des tanneries et son commerce est favorisé par plusieurs foires.

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