Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de François MUNIER

Histoire du 79ème RI. Rapport Vitalis (5/5). De la Restauration à l'écrasement de la Commune de Paris

14 Septembre 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Histoire du 79ème RI, #Histoire, #1815-1914

Remarques aux lecteurs :

Il s'agit de textes d'époque, reflets des opinions majoritaires et/ou officielles au moment de leur rédaction. Ce ne sont pas forcément mes opinions, et il est donc inutile de polémiquer avec moi si vous ne les partagez pas. Personnellement, je n'approuve ni les guerres coloniales, ni la répression de la Commune de Paris, ni les formulations racistes ("nègres" par exemple) ni en général les guerres de conquête.

L'orthographe des noms propres n'a pas toujours été vérifiée..

Mais j'ai le plus souvent corrigé les noms comme "les anglais" en "les Anglais", etc. J'ai aussi parfois ajouté des accents sur les nom propres écrits en lettres capitales.

J'ai ajouté des liens vers Wikipédia et quelques illustrations (timbres, etc.)

LÉGION DE L’ARDÈCHE

1815

La FRANCE vaincue, les débris de l’armée retirés derrière la LOIRE, furent dissous et licenciés. Un décret du 15 décembre 1815 ordonna la réorganisation de notre armée en Légions départementales.

La Légion de l’Ardèche, qui devait plus tard faire revivre le 4e Léger et continuer ses nobles traditions, fut organisée à PRIVAS le 1er janvier 1816 par Monsieur le Colonel Baron MULHER. Elle reçut son nouveau drapeau le 7 mai 1816.

A peine est elle organisée que les troubles de l’ISÈRE l’appelèrent à GRENOBLE. Elle séjourna en cette ville jusqu’en juin 1817, époque où elle vint prendre rang parmi les troupes concentrées autour de la ville de LYON insurgée.

En mai 1819, nous la retrouvons en garnison à MONT DAUPHIN, c’est là qu’en novembre de la même, année, Monsieur le Baron MULHER admis à la retraite fut remplacé par Monsieur le Colonel BUCHET.

4e RÉGIMENT D’INFANTERIE LÉGÈRE

En 1820, la Légion vint tenir garnison à TOULON et le 24 décembre, en vertu d’un ordre royal, qui ordonnait la réorganisation de l’infanterie en Régiments, la Légion de 1’ARDECHE prit le nom de 4e Régiment d’Infanterie Légère.

En 1822, le 4e Léger quitta TOULON pour BRIANÇON, garnison d’où il partit en 1823 pour se rendre au corps expéditionnaire d’ESPAGNE.


La Guerre d’ESPAGNE - Février 1823

Le Régiment comprenait 47 officiers et 1 148 hommes. Après avoir traversé les départements du Midi de la FRANCE et avoir laissé son dépôt à AVIGNON, il marcha sur TOULOUSE, traversa ST GAUDENS-TARBES-PAU et arriva à BAYONNE le 29 mars où il fut endivisionné avec le 10e et 19e Régiment de Chasseurs à Cheval. Cette division était sous les ordres du Maréchal de Camp de POTIER.

Le 6 avril, cette division se dirigea sur IRUN et passa la BIDASSOA le 9 à 10 h du matin. Le 22, elle était à TOLOSA. Elle faisait partie du 2e Corps commandé par le Maréchal MOLITOR, vétéran des guerres de la République et de l’Empire. Ce corps avait pour mission de soumettre l’ARAGON, la CATALOGNE, les royaumes de VALENCE, de MURCIE et de GRENADE. Il fit sa jonction devant PAMPELUNE avec le 9e Corps qui reçut l’ordre d’investir cette place. Quant au 2e Corps, il continua sa marche à travers l’ARAGON et traversa l’ÈBRE le 22 à TUDELA. Là, le Général POTIER fut appelé à un autre commandement et remplacé par le Général BONNEMAIN. Le 23, le 4e Léger et le 19e Chasseur arrivèrent à BORJA, poussant devant eux l’arrière garde du Général espagnol BALLESTEROS, que l’on poursuivit avec vivacité le lendemain et le surlendemain dans la direction d’EPILA où s’établit le 19e Chasseur. Le 26 avril, SARAGOSSE ouvrit ses portes sans résistance et après un court séjour dans cette ville, le Général de BONNEMAIN dirigea la brigade dans la direction de DAROCA où se trouvait le quartier général de l’armée constitutionnelle. Cette ville ayant été occupée, le Général en Chef voulut rétablir ses communications avec le 4e Corps et dirigea la division sur la CATALOGNE par BUDILLA et HIJAR.

Les troupes du Maréchal MONCEY ayant fait leur jonction avec celles du 2e Corps à BALAGUER, le Maréchal MOLITOR conçut le projet de faire la conquête du royaume de VALENCE. Le 27 mai, la division BONNEMAIN se mit en mouvement et repassa l’ÈBRE pour la troisième fois à MEQUINENZA au confluent de l’ÈBRE et de la SEGRE. A l’approche de nos troupes, la ville de VALENCE, capitale du royaume, envoya une députation et ouvrit ses portes. La brigade ne s’y arrêta que le temps nécessaire pour y prendre des vivres, et le 14 juin, le 4e Léger était devant ALEIRA que défendaient les troupes constitutionnelles. La ville construite dans une presqu’île fermée par les deux bras du XUCAZ et dans une position naturellement très forte, mais elle est encore entourée par des ouvrages réguliers. Le Colonel BUCHET, commandant le Régiment, résolut de prendre cette place d’assaut. Les voltigeurs des deux bataillons s’élancèrent avec entrain dans les faubourgs et s’étant emparés de plusieurs maisons, ils les mirent en état de défense. Le reste du Régiment suivit bientôt l’exemple de ces deux belles compagnies et la ville attaquée en même temps par la rive droite que par la presqu’île, fut enlevée d’assaut par le 4e Léger. Le Général BALLESTEROS qui occupait la ville avec une arrière garde dut prendre la fuite en laissant entre les mains du Régiment beaucoup d’artillerie et de nombreuses munitions de guerre. L’ennemi fut ensuite poussé vivement sur la route de CARCAGENTE et plusieurs de ses pelotons furent coupés et sabrés par notre cavalerie. Le Général en Chef dans son bulletin donna au 4e Léger, pour ce brillant fait d’armes, les louanges qu’il méritait si bien. Ce fut dans ce combat que le capitaine PATE qui, plus tard devait devenir le Général PATE, commença à se faire connaître. .Chargé de protéger les compagnies de voltigeurs engagés de front avec les espagnols, il porta avec entrain sa compagnie sur la droite de l’ennemi et employa si bien sa petite troupe qu’il contribua grandement au succès de la journée.

Entrée à MURCIC le 7 juillet, la division s’étant concentrée à ST-PHILIPPE, traversa VILLENA, ELDA et MONTFORTE et le 7 juillet MURCIC où les français furent reçus en libérateurs. Le 12, la brigade était devant la citadelle de LORCA qui commande la route de MURCIC à GRENADE.

Le Colonel BUCHET décida qu’on- l’attaquerait le lendemain matin et désigna huit compagnies pour le coup de main. Le 4e Léger enleva cette citadelle avec sa vigueur habituelle ; un drapeau, 18 pièces d’artillerie, 27 officiers, 580 soldats et des munitions de toute espèce restèrent au pouvoir du Régiment. Le Colonel BUCHET, nommé Général à la suite de la prise du fort de LORCA fut remplacé par le Colonel CHAMBRUN.

Ces différents combats et les longues marches avaient affaibli la division qui fut renforcé par le 8e Léger.

BALLESTEROS continuait à battre en retraite devant notre avant-garde. Arrivé à GUADIX, le Général BONNEMAIN apprit que le Général espagnol s’était jeté dans la montagne du côté de JAEN. On se mit à sa poursuite et le 25e de ligne d’avant garde se trouva en présence d’une colonne de cavalerie faite de 1 000 hommes. Les 10e et 19e Chasseurs soutenus par les compagnies du Capitaine ROVEDA du 4e léger, n’hésitèrent pas à l’attaquer. Une charge à fond suffit pour bousculer la cavalerie espagnole qui fut poursuivie longtemps par les nôtres, l’épée dans les reins.

Le 26, la division fit son entrée dans GRENADE où elle ne put séjourner, car l’ennemi qui s’était jeté de nouveau dans les montagnes occupait les positions de COMPILLO de ARENAS. Attaqué le lendemain, il fut délogé de CAMPILLO après une faible résistance et poursuivi avec une ardeur extrême par nos troupes.

Après cette défaite, le général BALLESTEROS, qui ne commandait plus que les débris d’une armée démoralisée, conclut un armistice avec le général en chef. Cependant, quelques places résistaient encore, entre autres ALMERIA et MALAGA. Le Général de BONNEMAIN marcha contre la position et fit sommer le commandant de se rendre. Les négociations traînant en longueur, le général dirigea ses divisions sur la ville qui se rendit aussitôt. Ces marches si longues et si pénibles à travers un pays coupé de montagnes et de ravins, avaient affaibli le Régiment au point qu’il ne comprenait plus qu’un faible effectif. Le 4e Léger supporta toutes ces fatigues avec le courage et l’abnégation qu’on devait attendre de lui après le courage qu’il avait toujours montré dans les combats.

A MALAGA, le Général espagnol RIEGO, envoyé par les CORTES, se préparait à combattre. Le Maréchal MOLITOR résolut de le bloquer dans la place. A cet effet, la division du Général de BONNEMAIN suivait le littoral par ROQUETAS, DALLAS et ALBUNOL, lorsqu’un émissaire prévint le général que RIEGO, sorti de MALAGA avec 3 000 hommes, s’était jeté dans les ALPUJACAS. La division BONNEMAIN dut retourner sur ses pas et traverser VELLEZILLE, SANTAFE et LA MALA où son chef apprit que RIEGO était à PRIEGO sollicitant BALLESTEROS de se joindre à lui et de violer l’armistice. Le général espagnol refusa d’accéder à cette demande et RIEGO, poursuivi avec vigueur, se rejeta sur JAEN. Le 4e Léger, réduit à 300 hommes, l’y suivit avec le 19e Régiment de Chasseurs. Attaquée le 13 septembre, la ville fut enlevée par le 4e Léger qui s’élança sur les positions ennemies au pas de charge et en colonne par section. Les débris de l’armée insurgée poursuivis jusqu’à JODAR par les Chasseurs à Cheval, y furent taillés en pièces.

Après avoir traversé GUEZADA, CASTRIL-HUESCAZ-BAZA-GOSS et GUADIX à la poursuite des fuyards, le 4e Léger arriva le 28 septembre à GRENADE.

Ici se termine cette campagne pendant laquelle le 4e Léger se fit toujours remarquer par son entrain dans l’attaque, la patience à supporter la fatigue et les privations et sa bonne discipline et nous de vous citer principalement le trait de courage et de dévouement à la fois qui honore si hautement le voltigeur SOULHEL: au combat d’ALEIRA, et au gros de l’action, le Colonel BUCHET était venu se rendre compte par lui-même, des positions occupées par les compagnies de son Régiment. A cet effet,il voulut traverser un faubourg littéralement labouré par les projectiles ennemis, courant ainsi à une mort certaine: “Colonel, lui dit alors le voltigeur SOULHEL, gardez vous de traverser la rue en ce moment, dès qu’un seul homme s’y montre, des balles pleuvent sur lui et pour vous le prouver je vais la traverser moi-même”. il allait s’élancer, mais le Colonel l’arrêta aussitôt. Les annales du Régiment ont conservé avec juste raison cet acte de véritable dévouement.

Le 4 novembre 1823, le 4e Léger reçut l’ordre de rentrer en France et vint tenir garnison à BAYONNE où il arriva en janvier 1824. Il y resta jusqu’en 1826, date où il se dirigea sur PARIS. A son arrivée dans la capitale, le 4e Léger fut passé en revue par sa Majesté qui le complimenta sur sa belle conduite en ESPAGNE. Parti de PARIS en 1827, il vint à CLERMONT-FERRAND et de là, à MACON en août 1828. Ce fut dans cette dernière ville qu’il reçut l’ordre de fournir un bataillon au corps expéditionnaire d’AFRIQUE.. 

Maréchal Moncey

Maréchal Moncey

Haut de page

CAMPAGNE D’AFRIQUE 1830.

D’après les ordres du roi transmis par le général commandant la 18e Division militaire, le 1er Bataillon du 4e Léger fort de 858 hommes, officiers compris, partit de MACON le 6 avril 1830 pour se rendre à TOULON devant faire partie de l’expédition d’AFRIQUE. A son arrivée à TOULON, le bataillon forma avec un autre bataillon du 2e Léger, le premier Régiment de Marche de la 1ère Division du corps expéditionnaire sous les ordres de MM. BERTHEZENE, Lieutenant Général, et PORET de MORVAN, Maréchal de Camp. L’embarquement eut lieu le 11 mai sur le vaisseau de l’État, l’ALGESIRAS, et le 23 mai, la flotte se dirigea vers les côtes d’AFRIQUE, en vue desquelles elle arriva le 13 juin.

Le lendemain 14 juin; le débarquement fut préparé dans la baie de SIDI-EL-FERRUCK, (aujourd'hui Sidi-Fredj, auparavant Sidi-Ferruch (note FM) tout près d’ALGER. De nombreux chalands devaient transporter nos troupes à terre. Dans le premier prirent place le Général de MORVAN, l’état major du 4e Léger et la compagnie de carabiniers commandée par le Capitaine PATE. A quelques mètres du rivage, les chalands ne pouvaient plus avancer, mais les hommes se précipitaient dans l’eau jusqu’à la ceinture et le Chef de Bataillon du 4e Léger, commandant COUSIN, eut l’honneur d’arriver le premier de toute l’armée sur le sol africain. Le Général et la compagnie PATE le suivirent de près, les autres chalands arrivèrent à leur tour et aussitôt le 1er Régiment de la brigade formé, il franchit les dunes et vint se placer en colonne à la naissance de la plaine. Deux pièces de canon portées par les soldats du 4e Léger, prirent position et des tirailleurs furent lancés en avant pour écarter les BEDOUINS qui inquiétaient la colonne. Mais bientôt l’artillerie ennemie se démasqua et commença un feu soutenu sur les troupes débarquées. Celles ci firent bonne contenance et soutenues par la deuxième brigade, débarquée à son tour, elles marchèrent en avant. La marche était lente et difficile et les tirailleurs devaient débusquer un à un les arabes cachés dans les broussailles. Le premier Régiment ayant fait un crochet à droite pour venir tourner la hauteur où se trouvaient les batteries ennemies, la position fut attaquée vigoureusement et l’ennemi s’éloigna, laissant entre nos mains, 9 canons et 2 mortiers.

Le bataillon du 4e Léger s’établit sur la position conquise et jusqu’au 19, les tirailleurs et ses avant postes ne cessèrent de faire le coup de feu.

Le 19 juin vers 3 heures du matin, les hauteurs environnantes se trouvèrent couvertes de KABYLES; il était évident qu’un combat sérieux se préparait. Au début de l’attaque, nos tirailleurs durent se replier un instant ; mais on forma bientôt des colonnes de soutien et après des efforts énergiques, on marcha en avant jusqu’au fameux camp de STAOUELI qu’on enleva à la baïonnette, et où on s’établit jusqu’au 24 juin. Les pertes de cette journée furent environ de 600 hommes et le 4e léger y était compris pour une assez forte part. L’ennemi ayant reçu de nombreux renforts la lutte recommença le 24 juin. Le 1er bataillon du 4e Léger formé en colonne serrée marcha en avant; trois compagnies en tirailleurs éclairant la colonne; les 25, 26 et 27 juin, ne furent qu’une lutte constante entre nos tirailleurs et des groupes isolés de KABYLES qui venaient tirer quelques coups de feu et fuyaient aussitôt.

On arriva ainsi jusque près du fort NAPOLÉON, position formidable qui couvre ALGER et le cimetière des KABYLES. Le culte bien connu de ces tribus pour les morts augmentait encore le désir de vaincre.

Toute la nuit du 27 au 28, le bataillon du 4e léger dut rester en carré sous les armes. Le 28 à 7 h du matin, un cri général se fit entendre et les monticules se couvrirent de femmes et d’enfants.

Une masse compacte de cavaliers et fantassins fondit sur nous, la rage au cœur et culbuta nos petits postes qui n’avaient pas été renforcés suffisamment. Cette masse vint se briser sur le feu de deux canons de la compagnie de carabiniers du 4e léger. Mis en déroute, les KABYLES furent poursuivis par quatre compagnies du bataillon et seulement à la baïonnette car les cartouches étaient complètement épuisées et les généraux avaient répondu à la demande de munitions faite par le commandant: “Si vous êtes attaqués vous vous défendrez à la baïonnette.” Dans ce combat, le bataillon avait eu à lutter à CHAPELLE-FONTAINE contre 6 à 7 000 hommes, les pertes furent de 133 hommes dont 8 officiers.

Cette journée glorieuse pour le Régiment, répond facilement à cette narration complètement controuvée qui prétend que le 4e léger avait ce jour-là, au début de l’attaque, les fusils démontés. Cette assertion calomnieuse doit être repoussée énergiquement, car les documents officiels en prouvent entièrement la fausseté. Quelques jours après ce brillant combat, ALGER tomba au pouvoir de l’armée française et le 1er bataillon du 4e Léger fut désigné pour aller au camp de SIDI-CALLEF construire une grande redoute. Les maladies firent dans ses rangs, de si grands ravages que durant le mois de septembre, le bataillon réduit presque à rien, reçut l’ordre d’aller s’établir au jardin du DEY au bord de la mer, afin d’y refaire la santé languissante des soldats.

Enfin le 23 du mois, ce qui restait du bataillon fut embarqué sur la frégate la SYRENE. Après une traversée des plus malheureuses, le 4e Léger débarqua au Lazaret de MARSEILLE, le 6 octobre.

Il devait se rendre à MACON, son point de départ, mais des ordres nouveaux le firent rester à MARSEILLE où l’état major et les 2e et 3e Bataillon vinrent le rejoindre à la date du 31 octobre et du 2 novembre 1830. En mars 1831, ARLES devint sa nouvelle destination avec de très nombreux détachements, à ANTIBES, à l’île de STE MARGUERITE, à DRAGUIGNAN, etc...

En 1832. l’état major vint à DRAGUIGNAN et quitta cette ville le 3 mai pour se rendre à DIGNE et le 26 mai à GRASSE. Un détachement parti le 10 juin, vint à TOULON recevoir le drapeau tricolore des mains de son Altesse Royale, le Duc d’ORLEANS.

Le 26 février 1833, d’après les ordres du ministre de la guerre, le Régiment vint tenir garnison à PAU (Basses Pyrénées). C’est dans cette ville et au mois de novembre 1835, que le 4e léger reçut, par suite de l’apparition de troupes carlistes en ESPAGNE, l’ordre de faire une démonstration militaire de l’autre côté de la BIDASSOA. La seule apparition du drapeau français fit obtenir les résultats désirés. Les divers cantonnements occupés par le 4e Léger depuis 1833 furent abandonnés et tout le Régiment vint à BAYONNE les 25 et 26 février 1837.

Deux ans après, le Régiment se dirigea sur BORDEAUX où il arriva au moment des émeutes occasionnées en janvier 1839 pour l’embarquement des grains. Au mois d’avril de la même année, il se dirigea sur BLOIS et ORLEANS et de là sur PARIS où il arriva les 21 et 23 mai.

Le 23 août 1839, Monsieur le Duc d’AUMALE fut nommé capitaine de la 1ère Compagnie du 1er Bataillon. Le 15 novembre 1839 S.A.R. fut promu au grade de Chef de Bataillon dans le Régiment et il y resta jusqu’au 1er avril 1840 époque à laquelle elle fut mise à la disposition du Maréchal Gouverneur de 1’ALGERIE. Vingt sept jours après, à la suite de la campagne brillante de MEDEAH, le Régiment fut informé que son Chef de Bataillon, le Duc d’AUMALE, qui avait chargé l’ennemi à la tête des Chasseurs d’Afrique et qui avait été cité à l’Ordre du jour par le maréchal gouverneur était nommé Lieutenant Colonel, mais une nouvelle destination ne lui permit pas de venir exercer son emploi au 4e Léger. Le Régiment conserva le meilleur souvenir d’un Prince qui pendant plus de cinq ans sut donner à ses frères d’armes l’exemple de la discipline et de la parfaite camaraderie. En avril 1842, le 4e Léger quitta PARIS pour la BRETAGNE.

En BRETAGNE comme partout, le 4e léger se fit remarquer par sa belle tenue, sa discipline et de nombreux actes de dévouement, parmi lesquels le. sauvetage de l’équipage du ST JOSEPH échoué sur la côte de BREHAT. Au mois d’octobre 1845, il quitta la BRETAGNE et vint en garnison aux environs de PARIS. d’abord au MONT VALÉRIEN puis à RUEIL et ST CLOUD où il fit un service d’honneur auprès du Roi. En décembre 1847, il reçut pour nouvelle destination CHERBOURG. Lorsqu’éclata la terrible insurrection de juin, le 4e Léger reçut l’ordre de se diriger en marche forcée de CHERBOURG sur CAEN pour être transporté de là à PARIS. Mais l’insurrection ayant été vaincue, il revint à son ancienne garnison d’où il partit le 9 juillet 1849 pour aller prendre garnison à ROUEN. Il quitta cette ville le 10 mars 1851 et vint à AUXONNE (Côte d’Or).

Lors des troubles de 1851, le Régiment fut réparti en 6 endroits des départements de la SAONE-ET LOIRE et du JURA et occupa LONS-LE-SAULNIER, SALINS, le fort de RENNES, CHALONS, AUTUN et MACON. 

    Haut de page

Guerre de Crimée

Le 18 septembre 1853, le Régiment se mit en marche pour PERPIGNAN. Il se trouvait dans cette ville lorsqu’éclata la guerre de CRIMÉE. Après une longue période de paix, l’armée de la FRANCE se trouvait de nouveau appelée à combattre. Le 4e Léger ne devait pas être oublié, aussi le 21 juin 1854 reçut-il l’ordre de former deux bataillons de guerre et de les diriger sur MARSEILLE où ils arrivèrent le 30 juin.

Déjà cinq divisions étaient parties pour l’ORIENT. Le 4e Léger espérait les suivre de près; malheureusement il n’en fut pas ainsi. Le choléra faisait à MARSEILLE des ravages considérables. Le Régiment, caserné au Lazaret dans un des bâtiments réservés aux passagers, fut atteint par ce terrible fléau.

Les pertes du Régiment dans ces circonstances furent sensibles, mais chacun dut faire son devoir:

Le Général ROSTELAN, commandant à MARSEILLE, convoquait fréquemment les officiers pour venir avec lui aux hôpitaux raffermir le courage des malades et donner à tous courage et consolation. On n’avait qu’un seul regret, celui de voir le départ du Régiment pour l’armée d’ORIENT nécessairement suspendu.

Pendant ce séjour forcé, le Colonel SOUMAIN, nommé Général, fut remplacé par le Colonel GRENIER.

Enfin, le 19 décembre, ce dernier annonça au Régiment l’ordre définitif d’embarquement.

1855 - CAMPAGNE DE CRIMÉE

Le Régiment devait faire partie de la 8e Division de l’armée d’ORIENT, Général de SALLES et de la 1ère Brigade, Général FAUCHEUX commandant.

Les quatre navires, l’HYDASPE, le TAGE, le THABOR et l’ARABIA, reçurent le Régiment partagé an 4 détachements. La traversée fut très heureuse. L’ARABIA seul s’échoua cependant sur un banc de sable en face de MESSINE. Deux navires à vapeur vinrent le remorquer et purent le remettre à flot.

Pendant la traversée, un décret ayant supprimé tous les régiments légers pour les transformer an Régiments de Ligne, et les régiments légers devant prendre dans l’ordre de leurs numéros la suite des 75 Régiments de Ligne existant, le 4e léger devint, à partir de ce moment, le 79e Régiment d’Infanterie de Ligne.

79. RÉGIMENT DE LIGNE

Le 1er janvier 1855, le 1er Bataillon et les 5e et 6e Compagnies du 2e Bataillon du 79e de Ligne, débarquèrent en CRIMÉE. La plage de KAMIESCH fut d’abord le lieu de campement. Un froid des plus violents se déclara le jour même et fit cruellement souffrir cette fraction du Régiment, mais rien ne put ébranler le courage de ces soldat disciplinés qui allaient prendre rang parmi les vainqueurs de l'ALMA. Le 5 janvier 1855, le Colonel et l’état major du 79e arrivèrent à KAMIESCH. Dès ce moment, le Régiment avait un chef et son drapeau était planté sur le sol de CRIMÉE.

Le Régiment vint prendre place au CLOCHETON à l’entrée des travaux d’approche de SÉBASTOPOL en avant des divisions de siège.

Dans la nuit du 31 janvier au 1er février, les Russes firent une sortie sur nos attaques de droite. Le 2e Bataillon prit les armes et vint au secours des gardes de tranchée. Les mois de février, mars et avril, furent très activement employés aux travaux du siège, garde de tranchée, transport de projectiles, construction de batteries, ouverture de boyaux de tranchées, etc... On perdit pendant Ces mois 22 tués et 47 blessés.

A partir du 1er février, la division de SALLES devint la 4e Division du 1er Corps commandé par le Général PELISSIER. Enfin, au mois de mai, on entra dans une ère nouvelle et le combat, qui se livra pendant la nuit du 1er au 2 mai établit de la manière la plus solide, la bonne répartition du 79e dans l’armée d’ORIENT. Les Russes avaient construit un ouvrage de contre-approche qu’il était nécessaire d’enlever. Trois colonnes furent désignées pour cette attaque. 2 Bataillons du 79e et les deux compagnies d’élites du 1er étaient de la colonne de gauche commandée par le Général BAZAINE. Le Colonel GRENIER et le Lieutenant Colonel HARDY avaient accompagné le 2ème Bataillon.

Une attaque des plus habiles et des plus brillants exécutée simultanément par les trois colonnes, força l’ennemi à battre en retraite et nous rendit maître de l’ouvrage. Pendant la nuit, il fallut s’occuper à le tourner contre l’ennemi et ce fut sous un feu des plus vifs que ce travail fut accompli. Les pertes du bataillon furent grandes ; 18 hommes tués, parmi eux le Lieutenant BERTIN qui tomba frappé mortellement par un biscaïen, 59 blessés dont le Lieutenant HRADY grièvement blessé à la tête.

Le Colonel heureux et fier, de la gloire obtenue, publia le lendemain, l’ordre du jour suivant:

“Devant SÉBASTOPOL, le 2 mai 1855, Officiers, Sous Officiers et Soldats, vous vous êtes vaillamment conduits cette nuit, vous vous êtes conduits comme de vieilles troupes et d’un seul coup vous vous êtes placés au 1er rang des vieux régiments. La FRANCE a reconnu ses enfants et les Russes les héros de FRIEDLAND. Soldats! Votre Colonel vous remercie et s’il ne signale personne c’est que vous le mettez dans l’embarras pour choisir; car tous ont brillamment fait leur devoir.

Soldats ! vous avez donné au 79e un noble baptême.”

A la suite de cette brillante affaire, le Général en Chef cita à l’ordre de l’Armée:

MM. GRENIER - Colonel

HARDY - Lieutenant Colonel

DUPREY - Capitaine commandant le bataillon

BALDINI - Capitaine Adjudant major

RENAULT - Capitaine Adjudant major

VIGNOL - Capitaine

PHILIPPE - Sergent Major

DUFO - Sergent Major

MOULIN - Sergent

DESARNAUD - Fusilier

Il nomma Chevalier de la Légion d’Honneur:

MM. VIGNOL - Capitaine

REY - Lieutenant

DUFO - Sergent Major

MOULIN - Sapeur

Et il conféra la Médaille Militaire à:

MM. LECORRE - Voltigeur

BILLION - Voltigeur

CHANDEMANCH - Sergent

ESCANGE - Sergent

SIMON - Grenadier

Quelques jours après, le Général PÉLISSIER remplaça le Général CANROBERT comme commandant an chef. Le Général LASALLE commanda le 1er Corps et le Général BOAT, la 4e Division.

Le 22 mai, le Général PÉLISSIER ordonna l’attaque du cimetière et des embuscades à l’extrême droite des Russes. Le combat fut terrible et dura deux nuits pendant lesquelles le Régiment fut constamment sous les armes ; le 1er Bataillon sur le théâtre même de l’opération, le 2e en réserve, M. RENAULT, Sous Lieutenant, fut cité à l’ordre de la division. Les pertes pour le mois de mai furent pour le Régiment de 29 tués et 107 blessés.

Le 6 juin à 5 h du matin, le feu de nos batteries dont le nombre était considérablement augmenté, s’ouvrit sur toute la ligne et le lendemain, les troupes du 2e Corps enlevaient glorieusement aux Russes le MAMELON-VERT et les ouvrages blancs. Les pertes de ce mois s’élevèrent à 14 tués et 102 blessés. Pendant le mois de juillet, les travaux de siège continuèrent avec la plus grande opiniâtreté. Chacun faisant des efforts surhumains et employait avec énergie le peu de force qui lui restait pour assurer le résultat de cette entreprise gigantesque. Les actes de dévouement furent nombreux au 79e, il est impossible de les citer tous. Les séjours dans les tranchées rapprochées de 60 mètres de l’ennemi devinrent de plus en plus dangereux. Le nombre des blessés et tués dans chaque garde était de plus en plus considérable. Les projectiles ennemis venaient même jusque dans le Camp occupé par le Régiment. Les pertes du mois de juillet s’élevèrent à 9 tués et 123 blessés dont 4 officiers. Le mois d’août fit dans nos rangs moins de victimes, 11 tués et 39 blessés. Le dénouement approchait. Le 5 septembre à 5 h et demi du matin, les 800 pièces d’artillerie française en batteries, devant SÉBASTOPOL, et les 500 pièces anglaises tonnèrent à la fois et le 7, des ordres furent donnés pour une attaque générale. Le 2e Bataillon du 79e était dans la tranchée avec le commandant SOUVILLE. Les autres bataillons vinrent le rejoindre et le Régiment fut chargé d’attaquer le bastion du MAT. Il allait s’élancer, lorsque quelques déserteurs russes, blessés, vinrent annoncer l’abandon du bastion. Nous avions encore perdu 11 tués dont 2 officiers, 52 blessés dont 3 officiers. Mais SÉBASTOPOL avait succombé et la RUSSIE était vaincue.

En récapitulant les pertes du Régiment, on trouve 9 officiers tués, 91 sous-officiers et soldats tués et 526 blessés. Total  633 hommes hors de combat.

Après avoir occupé la vallée de BAIDAR et le col de KERMITHERMI, le 79e vint travailler aux lignes de KAMIESCH. Là il fut cruellement éprouvé par le froid et la maladie. Mais l’heure du retour en FRANCE approchait. On allait revenir victorieux et fier, que faut-il de plus pour rendre joyeux et content le soldat qui a fait son devoir.

La paix signée, des dispositions furent prises aussitôt pour l’embarquement.

Le 17 avril, le Maréchal PELISSIER voulut faire ses adieux à l’armée victorieuse et une grande revue fut passée à la suite de laquelle de nombreuses récompenses furent discernées aux braves officiers et soldats du 79e de Ligne. Enfin, le 4 juin, le GREAT-REPUBLIQUE, vaisseau américain prit à son bord le 79e. La traversée fut des plus heureuses et le 22 du même mois, le débarquement se faisait à MARSEILLE. De là, le Régiment fut envoyé à ANGERS; la distance était grande, mais le Régiment était rompu aux grandes fatigues et d’ailleurs il voyageait dans l’intérieur de la mère patrie où il rencontrait des coeurs chaleureux qui venaient applaudir et saluer au passage de valeureux soldats.

Le 79e de Ligne avait pour lui, le légitime orgueil du devoir accompli et il pouvait revendiquer sa part de gloire dans la grande guerre qui venait de se terminer.

En octobre 1856, le Régiment reçut l’ordre de partir pour PARIS après avoir formé deux bataillons de guerre, le 3e devait rester à ANGERS. il tint garnison à PARIS jusqu’au mois de mai 1859 époque où il vint à LYON. Et peu après éclata la guerre d’ITALIE.

Le 79e ne fut pas compris dans le nombre de Régiments qui furent appelés en ITALIE au début de la guerre. il fut cependant endivisionné vers la fin du mois de juin et allait partir lorsque la paix de VILLAFRANCA vint terminer brusquement la campagne de 1859. Il fut alors appelé à tenir garnison en SAVOIE où il arriva en 1860. Son exacte discipline le rendit très sympathique aux populations de ces nouvelles provinces cédées à la France à la suite de la campagne.

Par décret impérial du 14 août 1860, le Colonel GRENIER, ce chef qui avait bravement conduit le 79e à l’ennemi pendant la guerre de CRIMEE fut promu général et remplacé par le Colonel de CISSEY.

En 1863, le Régiment quitta ANNECY et vint au camp de CHALONS et de là à NANCY où il resta jusqu’en 1866 époque où il fut envoyé à CLERMONT-FERRAND, puis à LYON et de là en CORSE (1870). C’est de cette dernière contrée que partit le 79e pour venir prendre part aux funestes événements de la guerre d’ALLEMAGNE. 

Angers 1856

Angers 1856

1870-1871

CAMPAGNE DU RHIN

Embarqué le 9 août sur le vaisseau l’INTRÉPIDE, le Régiment arriva le 12 à TOULON et le 14 à PARIS. Il fut aussitôt placé dans le 12e Corps (Général LEBRUN). Le 18, cette division fut transportée au camp de CHALONS par voie ferrée. L’armée réunie au camp de CHALONS sous les ordres du Maréchal MAC-MAHON, comprenait, outre le 12e Corps, le 1er corps qui s’était réorganisé après la bataille de TROSCHVILLER, le 5e Corps qui avait effectué sa retraite par BITCHE et le 7e Corps venant de BELFORT. La FRANCE était envahie et la première armée bloquée devant METZ. L’armée de CHALONS eut pour mission de débloquer cette place et l’armée du RHIN.

Le 21, l’armée de CHALONS toute entière quitta le camp et vint camper dans environs de REIMS. Les jours suivants, le Régiment occupa les positions de SAINT MAMES sur la SUIPPE, de REHEL, de TOURTERON et de STONE. Le 29, il se forma en avant de MARNI-FORET où se trouvaient déjà les autres divisions du 12e Corps qui s’engagea dans la vallée de YONCQ, traversa la MEUSE à MOUZON et campa sur les hauteurs de la rive droite entre la route de VERDUN et celle de CARIGNAN. Le 30 août, une violente canonnade éclata dans la direction de BEAUMONT, c’était le 5e Corps, qui surpris par l’armée saxonne, effectuait sa retraite sur MOUZON. La 2e Brigade de la 1ère Division (58e et 79e de Ligne) reçut l’ordre de passer la MEUSE à MOUZON pour protéger la retraite du 5e Corps, lequel, vivement poursuivi par le 5e Corps prussien et par les bavarois pouvait être coupé de MOUZON. Le Régiment ayant passé la MEUSE, se forma en colonne serrée par division et marcha en suivant le ruisseau de YONCQ, jusqu’à 2 kilomètres de MOUZON. La colonne présentait le flanc gauche aux collines boisées, lorsqu’une vive fusillade éclata au dessus d’eux. Les tirailleurs du 58e se replièrent et une batterie prussienne, déjà en position sur la hauteur, engagea le feu sur la batterie française qui marchait à la hauteur du Régiment et sur son flanc droit. Le Régiment étant dans l’impossibilité de se déployer sous le feu de l’artillerie ennemie, se mit en retraite vers la MEUSE.

L’infanterie prussienne s’avançant toujours, quelques compagnies sous les ordres des Chefs de Bataillon DU RAZET et GASSER firent un retour offensif sur la route de RÉMILLY.

Ce mouvement, très bien conçu et parfaitement dirigé par ces deux Chefs de Bataillon, sauva le Régiment d’une destruction certaine. Dans ce combat, le Capitaine VERDELET de la 6e Compagnie du 3e Bataillon, fut tué et le Capitaine DUPLAN de la 1ère Compagnie du 2e Bataillon, fut blessé mortellement en conduisant des hommes au feu avec le plus grand courage. Vers huit heures du soir, le Régiment, à peu près rallié, se mit en marche par DOUZY sur SEDAN où il arriva avec toute l’armée dans la matinée du 31 août, et où il prit position. Le 1er septembre devait être pour l’armée française une journée de deuil; désorganisée par sa retraite précipitée sur SEDAN, elle comptait à peine 80 000 hommes à opposer à 280 000 ennemis. La bataille commença à la pointe du jour. La 2e Brigade de la 2e Division reçut vers 7 h du matin, l’ordre d’aller prendre position. Le Régiment se mit en marche sur FOND-de-GIVONNE. Deux bataillons furent placés par le Générai LEBRUN dans un petit vallon parallèle à la route. Le 1er bataillon, qui dans sa marche sur FOND-de-GIVONNE était en queue, avait été arrêté par un officier supérieur d’État-Major et placé plus à droite sur les hauteurs qui dominent le faubourg de BALAN. Le feu de l’artillerie était d’un extrême violence ; la position occupée par les deux premiers bataillons était battue sur son front et sur son flanc par l’artillerie prussienne. Le Colonel désigna cependant un plateau qu’il fit occuper par le 3e Bataillon; ce plateau, que protégeait une redoute en terre, était sillonné par les feux croisés de l’artillerie ennemie qui fit éprouver de grandes pertes au 3e Bataillon.

Vers 3 heures un officier d’ordonnance vint donner l’ordre au commandant DU MAZEL de se porter sur le bois de la GARENNE et de la défendre. Le 2e bataillon et 2 compagnies du 3e se portèrent résolument au point désigné. A ce moment, le Colonel BRESSOLLES, qui venait de faire une chute de cheval, remit le commandement au Commandant DU MAZEL. Le 2e bataillon occupa le bois de la GARENNE jusqu’au moment où les batteries d’artillerie qu’il protégeait furent complètement démontées ; il suivit alors une assez forte colonne d’infanterie de la division qui se retirait sur SEDAN en combattant. Le 3e Bataillon, commandant GASSER, qui était toujours vivement engagé n’effectua sa retraite sur SEDAN que lorsque le mouvement fut général. Quant au 1er Bataillon qui avait été séparé du reste du Régiment dès le début de la journée, il combattit en dehors du cercle d’action des deux autres bataillions jusqu’au soir vers 4 heures, moment où il rejoignit en partie le 2e bataillon dans le bois de la GARENNE, ils se retirèrent ensemble dans la place. Enfermée dans la place, cernée de toutes parts et menacée d’une destruction complète par 500 bouches à feu braquées sur les hauteurs qui dominaient la ville dans un rayon de moins de deux kilomètres, l’armée dut capituler. Le 2 septembre, jour de la capitulation, le Régiment était réuni sur la place de SEDAN. Le 3 septembre, il subissait le sort de toutes les troupes comprises dans ce désastre. Il bivouaqua dix jours dans la presqu’île d’IGES et fut conduit prisonnier en ALLEMAGNE. Le Régiment avait eu, dans cette triste journée, 15 officiers et un grand nombre de soldats tués ou blessés. Le Drapeau du Régiment ayant pu être porté jusque dans la place de SEDAN y fut soigneusement caché. Le 79e de Ligne sombra dans ce terrible naufrage en même temps que la fortune de la FRANCE. Traînés prisonniers en ALLEMAGNE, les officiers assistèrent, tristes et impuissants, à l’invasion de la Patrie invasion cruelle, impitoyable comme les invasions des barbares. Après 8 longs mois d’attente et de souffrances morales, le cadre du 79e rentra en FRANCE espérant n’avoir qu’à songer au travail et à la réorganisation; malheureusement, il ne devait pas en être ainsi et une nouvelle et douloureuse épreuve attendait l’armée à son retour de captivité; elle dut en effet, arracher PARIS des mains des incendiaires et des assassins de la Commune (Je ne suis pas d'accord FM).

79E REGIMENT DE MARCHE

La FRANCE, ne voulant pas s’avouer vaincue continua la lutte et la formation d’un certain nombre de Régiments de Marche fut décrété par le gouvernement de la Défense Nationale (Délégué de BORDEAUX) le 1er janvier 1871. Le 79e de Marche fut formé le 15 janvier à BORDEAUX avec les éléments pris dans les dépôts des Régiments suivants 13e, 14e, 23e, 26e, 30e, 38e, 46e, 54e, 55e, 60e, 61e, 79e, 80e, 88e et 98e de Ligne. L’effectif au 15 janvier, était de 2 421 sous officiers et soldats. Quant au cadre d’officiers, il était des plus incomplets. Le 15 janvier, le Régiment se dirigea par les voies ferrées sur ISSOUDUN puis sur VIERZON où il arriva le 18 au matin. Le même jour, il fut désigné pour faire partie de la 2e Brigade (Colonel BLOT), 3e Division (FERRY-PISANNY) du 25e Corps (Général POURCET). Le 22, le 79e de Marche s’établit à LALEUF du HOUX, ORSAY et PUITS-BERTEAUX formant l’aile gauche du 25e Corps. Mais le 30 janvier 1871, il reçut communication de l’armistice et ne combattit donc sur aucun point du territoire contre les ALLEMANDS. 

Remarque préalable : je mets le texte intégral et je précise que mes sympathies vont aux Communards, pas aux Versaillais.

1871 SIÈGE DE LA COMMUNE

Le 79e de Marche, parti de BOURGES par train spécial, arrivait à VERSAILLES le 29 mars et le 30 il était désigné pour faire partie de la 1ère Brigade (Général DUPLESSIS) de la 1ère Division (Général VERGE). il alla camper à PORCHE-FONTAINE ; l’insurrection venait d’éclater dans PARIS. Le 4 avril à 5 heures du matin, il se dirigea sur CHÂTILLON et occupa les positions autour de VILLEBON, positions qu’il quitte le 6 avril pour venir occuper la manufacture de SÈVRES. Le 7 avril, la division VERGE devint 3e Division du Corps de réserve (Général VINOY) et fut mise à la disposition du 4e Corps (Général DOUAY). Pendant tout le mois d’avril, le 79e Régiment de Marche occupa successivement les points suivants: BELLEVUE, les TOURELLES, BRIMBORION et la VILLA-BOSON. Le 7 mai, Monsieur le Colonel ÉTIENNE prit le commandement du 79e de Marche commandé depuis son arrivée à VERSAILLES et successivement par Monsieur le Lieutenant Colonel BLOT et par le Lieutenant Colonel CHAUCHARD. Pendant le mois de mai, il garda BOULOGNE et BILLANCOURT.

Dans la soirée du 20 mai, il entra dans PARIS avec la division VERGE par la porte d’AUTEUIL; il se dirigea aussitôt sur le TROCADERO et chemin faisant eut l’heureuse occasion de capturer ASSY, un des membres influents de la Commune. Du TROCADERO, il se dirigea sur les CHAMPS-ÉLYSÉES et la place de la CONCORDE, où il reçut l’ordre de se porter sur l’HÔTEL DE VILLE (24 mai). Le 3e bataillon prenait la tête de la colonne, occupa les abords de l’avenue VICTORIA et le quai de PELLETIER. Quant au 2e Bataillon, continuant sa marche par l’avenue VICTORIA, il s’empara de la barricade qui défendait l’un des côtés de la place de l’Hôtel de Ville. Une compagnie détachée sur la gauche prit position à l’entrée de la rue TRUCHERY derrière une barricade abandonnée par les insurgés. Pour dominer entièrement la place de l’Hôtel de Ville, le Colonel ÉTIENNE fit occuper les dernières maisons de droite de l’avenue VICTORIA et chargea 2 compagnies (1er et 2e du 2e Bataillon) d’enlever la barricade du quai PELLETIER et du pont d’ARCOLE. L’ennemi se trouva ainsi refoulé à droite jusqu’à la caserne LOBAU et à gauche jusqu’à l’entrée de la rue du Temple où l’on s’empara de la barricade construite à la jonction de cette rue et de la rue de la Vènerie. Le lendemain matin à 4 heures les 3e et 6e Compagnies du 2e Bataillon s’emparèrent de la barricade de la caserne NAPOLÉON où le 2e bataillon s’établit provisoirement. Le 25 à 4 heures du soir, le Régiment se porta sur la place des VOSGES et y bivouaqua. Le 26 à 6 heures du matin le 2e Bataillon dirigé par la rue des VOSGES et le boulevard BEAUMARCHAIS arriva sur la place de la BASTILLE pour y renforcer le 37e qui s’y trouvait déjà établi. A 10 heures du matin, ces troupes enlevèrent avec la plus grande vigueur, la barricade construite à l’entrée de la rue de CHARENTON. A 4 heures du soir, tout le Régiment était relevé par la 2e brigade et dirigé sur l’avenue DAUMESNIL d’où il détachait des compagnies à l’hospice STE EUGÉNIE et sur la place d’ALGRE.

Le 27, le 79e se porta sur le boulevard MAZAS et enleva les barricades des rues STE MARGUERITE et ST BERNARD. Du 28 au 30, il occupa les rues de CHARONNE et du FAUBOURG ST ANTOINE. Le 30, il prit les positions suivantes: le 1er Bataillon à la prison de la ROQUETTE; le 2e Bataillon à la mairie du XIe arrondissement ; le 3e Bataillon à la caserne de la rue FOLIE-MERICOURT.

L’insurrection était vaincue. Dans les combats successifs qui avaient eu lieu du 21 au 28 mai, le Régiment eut un officier tué et 8 blessés ; 22 soldats tués et 97 blessés.

Le 79e Régiment de Marche, reconstitué par les cadres de l’ancien 79e de Ligne, revenus d’ALLEMAGNE, contribua donc largement au succès des opérations de l’armée de VERSAILLES, c’est-à-dire à la défaite de l’insurrection.

Le 23 juin, le 79e de Marche placé dans le 4e Corps par suite de la nouvelle réorganisation de l’armée, quitta avec la division VERGE, les cantonnements qu’il occupait depuis le 20 mai et alla camper à VILLENEUVE l’ETANG, il s’y trouvait encore lorsqu’il reçut l’ordre de fusionner avec le 79e de Ligne (4 septembre 1871).

Un an s’était écoulé depuis la triste journée de SEDAN lorsque le 79e reprit définitivement dans l’armée française le rang qu’il y avait toujours occupé et qu’une guerre à jamais malheureuse avait pu seule lui enlever un instant.

Notre tâche est terminée. Pourquoi faut il qu’une semblable histoire se termine par une date si funeste 1870-71. Pourquoi faut-il que le récit de tant de brillants combats, de tant de campagnes victorieuses, de tant d’actes de bravoure aient pour- dénouement une si terrible catastrophe? HELAS! bien des causes diverses que nous n’avons pas énuméré ici ont amené un si grand naufrage, mais une du moins tomba dans notre domaine et celle-là nous devons l’exprimer hautement.

Ce n’est pas en vain qu’une nation toute entière rit de sa légende militaire et foule aux pieds le culte des traditions.

L’histoire de tous les temps, démontre que les peuples chez lesquels le patriotisme n’est plus qu’un mot, deviennent tôt ou tard, la proie de l’étranger et l’histoire de 1870-1871 en est une preuve nouvelle.

Haine implacable à la France! telle est la devise de l’ALLEMAGNE, ne l’oublions pas, nous du moins qui avons pour mission la défense du pays et de la société. Pensons toujours à l’accomplissement de ce devoir et pour nous raffermir dans cette voie lisons et relisons notre légende.

Rappelons-nous que nos devanciers au 79e furent les héros de LODI, de CASTIGLIONE, d’ARCOLE et de RIVOLI, des PYRAMIDES, du MONT THABOR et d’HELIOPOLIS, de DIRNSTEIN, de FRIEDLAND, de RIO-SECO, de LUTZEN et de BAUTZEN; de DRESDE, de CHAMPAUBERT, de VAUXCHAPS et de SEBASTOPOL. Oui, lisons notre légende, elle nous montrera que les principes d’honneur, de discipline et de respect aux lois du pays sont les seules, les vraies garanties du succès. Lisons-là enfin, car elle est assez belle pour nous faire oublier les tristes souvenirs de 1870-1871 et nous donner la foi en l’avenir.

Le Capitaine Rapporteur : VITALIS.

Observations de l’Inspecteur Général

Cet historique est très complet; l’exposition en est claire et méthodique, la commission chargée de l’établir a bien compris et exécuté les prescriptions de la circulaire ministérielle du 3 mai 1872.

Les tableaux analytiques qui le terminent sont faits avec beaucoup de clarté et sont très complets, ils permettent de suivre facilement et rapidement, le 79e dans toutes ses transformations ainsi que dans les mouvements qu’il a exécutés, les campagnes qu’il a faites, les batailles et les combats auxquels il a pris part. Les citations sont nombreuses et justifiées.

Monsieur le Capitaine VITALIS, qui était rapporteur de la commission, s’est acquitté de cette tâche d’une manière digne d’éloges. Si son style est parfois un peu trop lyrique, il est bien excusable de s’être laissé entraîner par son sujet et par le sentiment de l’amour du drapeau du Régiment dont il faisait partie.

ST GERMAIN, le 18 septembre 1873

Le Général de Division

commandant la 2e Division du 4e Corps

Signé : Ch. VERGE.

 

Hommages philatélique à quelques CommunardsHommages philatélique à quelques Communards
Hommages philatélique à quelques CommunardsHommages philatélique à quelques Communards

Hommages philatélique à quelques Communards

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article