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Le blog de François MUNIER

Histoire du 79ème RI. Rapport Vitalis (3/) Les guerres de la Révolution et de l'Empire (1/2)

13 Septembre 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Histoire du 79ème RI, #Histoire, #1789-1815

Remarques aux lecteurs :

Il s'agit de textes d'époque, reflets des opinions majoritaires et/ou officielles au moment de leur rédaction. Ce ne sont pas forcément mes opinions, et il est donc inutile de polémiquer avec moi si vous ne les partagez pas. Personnellement, je n'approuve ni les guerres coloniales, ni la répression de la Commune de Paris, ni les formulations racistes ("nègres" par exemple) ni en général les guerres de conquête.

L'orthographe des noms propres n'a pas toujours été vérifiée..

J'ai ajouté des liens vers Wikipédia et des illustrations.

Haut de page

Le 79ème Régiment d'infanterie.

Avignon Alpes

79ème RÉGIMENT D’INFANTERIE CI-DEVANT BOULONNAIS

Le 79e, fort de deux bataillons, quitte la garnison de STRASBOURG en mai 1791 et se met en route pour BESANCON et est ensuite dirigé vers le Midi pour l’occupation et la pacification du Comtat Venaissin. Le 3 novembre il se trouve à la prise de possession de CARPENTRAS et le 11 à celle d’AVIGNON.

A cette époque il a un effectif de 1 019 hommes il manque 496 hommes pour avoir le complet de guerre.

Après cette expédition, il s’établit à MONTÉLIMAR et, en 1792, il fait partie de l’armée des ALPES.

Formation de l’armée des Alpes

Le 1er mars 1792, le 79e, fort de 1 135 hommes, est à BÉZIERS, dans l’armée du MIDI, sous les ordres du Lieutenant Générai MONTESQUIOU. Au mois de mai suivant le 1er bataillon est au camp de LYON, le 2e à MARVEJOL. Le 16, le Générai MONTESQUIOU, ayant 2 500 hommes disponibles, reçut l’ordre de disposer ses troupes de la manière suivante : 12 000 hommes pour couvrir LYON, 6 000 dans la position du fort BARRAUX et 6 000 dans le département du VAR.

Le 1er juillet, l’armée du Midi est rassemblée le long de la frontière des Alpes; le 1er bataillon du 79e est au camp de CELLIEUX, faisant partie de la division de gauche commandée par le Lieutenant Général DALBIGNAC ; le 2e bataillon fait partie de la réserve, .aux ordres du Maréchal de Camp DORNAC.

A cette époque difficile où les soupçons passaient sur les plus honnêtes, le régiment mérita qu’on fit de lui cet éloge: « L’esprit de ce corps est excellent, il jouit à un patriotisme sûr, l’amour de l’ordre et l’habitude de la discipline »...“

Le 79e quitte le camp de CELLIEUX et entre en Savoie avec la division de gauche le 24 septembre le 1er bataillon est cantonné à CARROUGE, le 2e bataillon est à CHAMBÉRY.

Un décret de la convention nationale du 1er octobre ayant divisé les forces de la République en huit armées, savoir ; du Nord, des Ardennes, de la Moselle, du Rhin, des Vosges, des Alpes, des Pyrénées et de l’intérieur, l’armée en Savoie prend le nom d’Armée des Alpes.

Au mois de novembre, les deux bataillons du 79e réunis à CHAMBÉRY entrent dans la division du Lieutenant Général ANTONIO ROSSI comprise dans la première ligne. C’est alors qu’un décret d’accusation émané de la Convention nationale oblige le Général MONTESQUIOU à se réfugier en Suisse, et le 21 décembre, KELLERMANN prend le commandement en Chef de l’Armée des Alpes.

Kellermann

Kellermann

Pendant les premiers mois de l’année 1793, le 79e perfectionnera son instruction militaire dans les camps organisés par le Général KELLERMANN. En mai, le 2e bataillon était au camp de CHAMBERY et le 1er bataillon au camp de CARROUGE lorsque ce dernier reçut l’ordre, le 31, de se mettre en route pour TOULON avec 4 bataillons de la garde nationale. Arrivé à BOURG-SAINT-MAURICE le 15 juin il reçut un nouvel ordre le dirigeant sur PERPIGNAN.

Les deux bataillons du 79e séparés l’un de l’autre vont combattre avec la même gloire l’un à l’armée des Alpes, l’autre à l’armée des Pyrénées.

ARMÉE DES ALPES

2e bataillon

Le 1er août 1793, le 2e bataillon du 79e, fort de 706 hommes, fait partie, avec le 8e bataillon de chasseurs, de la brigade du Générai BAGDELANE. Poussé par 7 000 piémontais, ce dernier se retire dans la haute vallée de l’ISERE, jusqu’à VILLETTE couvrant MOUTIERS qu’il défend avec une grande énergie. Le 79e y combat avec vigueur jusqu’à ce que son Général, débordé par des forces supérieures, vint rejoindre le Général de division à CONFLANS le 19 août. Le 1er septembre KELLERMANN s’étant mis lui-même à la tête de ses troupes prend une vigoureuse offensive.


ATTAQUE DU CAMP DU MONT CORMET

Il attaque l’ennemi le 28 à BEAUFORT et l’en chasse avec perte ; les français victorieux marchent sur le mont CORMET qu’ils attaquent avec une grande bravoure ; battus et repoussés, les Piémontais se retirent sur MOUTIERS où les troupes républicaines rentrèrent le 2 octobre.

Le 2e bataillon du 79e se distingua dans ces différents combats où les Piémontais perdirent 3 pièces de canons, leurs équipages, beaucoup de tués et un grand nombre de blessés. -

Le capitaine VERDELIN, commandant un détachement du Régiment, enleva à l’ennemi la redoute SAINT-MARTIN armée de 6 canons, établie près de SALLANCHES.

Le 2e bataillon, avec les troupes de la Tarentaise, poursuit l’ennemi jusqu’au pied du petit ST BERNARD et s’empare de ses magasins à AIME, à mi-chemin de MOUTIERS et de BOURG-SAINT-MAURICE. Serrés de trop près, les Piémontais se mettent en bataille sur le plateau du village de SAINT-GERMAIN et veulent arrêter les troupes républicaines, mais abordés à la baïonnette, ils sont culbutés et mis en fuite.

Le 2e bataillon est cantonné à MOUTIERS où il reste jusqu’au 16 décembre, époque à laquelle il est dirigé sur GRENOBLE. 

1er bataillon

Le 1er bataillon du 79e qui avait quitté l’armée des Alpes au mois de mai 1793, rejoignit l’armée des Pyrénées Orientales le 6 juillet suivant.

Cette armée, alors aux ordres du général FLERS, obligée de céder à des forces supérieures, s’était retirée sur les hauteurs proches de PERPIGNAN et y occupait un camp retranché dit de l’UNION. Le 1er bataillon fut, à son arrivée, envoyé à ce camp et attaché à la 1ère division commandée par le Général PUGET-BARBANTANNE.

Le 17 juillet, les espagnols, au nombre d’environ 24 000 hommes, dont 6 000 de cavalerie, ayant attaqué le camp de l’UNION, le 1er bataillon du 79e contribua à sa défense et à la défaite de l’armée ennemie qui, après 15 heures d’efforts inutiles, fut obligée de se retirer avec une perte de 600 hommes tués. Pendant l’action le soldat MULLER, voyant ses sous-officiers hors de combat, se met à la tête de la 2e section de sa compagnie qui n’avait pas plié sous le choc de l’ennemi et, secondé par un mouvement de cavalerie, parvient avec ce petit nombre de braves à arrêter les progrès de l’ennemi. Cette action hardie permit au bataillon du 79e de se reformer en arrière et de reprendre vigoureusement le combat.

Au commencement d’août, plusieurs détachements quittèrent le camp de l’UNION pour camper sur les bords de la Têt et s’opposer au passage de cette rivière, que l’armée ennemie paraissait vouloir tomber. Quatre compagnies du 79e en firent partie et furent cantonnées, deux à CORNEILLA LA RIVIERE, la troisième à MONTALBA et la quatrième à MOSSET.

Le Général RICARDOS, décidé à faire passer une partie de son armée sur la rive gauche du Tôt, fit attaquer le 29 août les petits camps que nous avions à FORCE-REAL et à CORNEILLA LA RIVIERE.

Nos troupes, après une légère résistance, cédèrent au nombre et se retirèrent en ordre sur RIVESALTES et SALCES. Les détachements du 61e et 79e se distinguèrent dans cette retraite par leur bonne contenance, ils se battirent à chaque pas et ralentirent la poursuite de l’ennemi. Le Général PUGET-BARBANTANNE arriva avec des secours, mais ne tenta rien pour rétablir l’affaire et, craignant de voir intercepter ses communications avec NARBONNE, il transporta le quartier général à SALCES. Les troupes le suivirent et campèrent sur les hauteurs de cette localité ; leur gauche appuyée au château. Le 1er bataillon du 79e, réduit à 325 Hommes, en faisait partie.


BATAILLE DE PEYRESTORTES

Le 12 septembre, les troupes du camp de SALCES furent renforcées par des bataillons venus de l’intérieur et le Général GOGUET prit le commandement à la place du Général PUGET-BARBANTANNE, démissionnaire. Les espagnols s’étant emparé le 17 du village de VERNET, situé à peine à trois quarts de lieus de PERPIGNAN, le Général DAOUST commandant les troupes françaises du camp de l’UNION, les attaques avec succès et l’ennemi battu sur tous les points rentra dans son camp de PEYRESTORTES. Ne voulant pas laisser refroidir l’enthousiasme des troupes, le Général DAOUST résolut de s’emparer du camp ennemi le soir même et, à cet effet, il fit prévenir le Général GOGUET, qui commandait à SALCES, pour qu’il fit une attaque sur PEYRESTORTES à la même heure que lui. L’opération réussit pleinement ; après quatre heures de combat, nos troupes chargèrent à la baïonnette et les deux divisions pénétrèrent en même temps dans le camp ennemi par les côtés opposés; à 10 heures du soir, les espagnols fuyaient en pleine déroute.

Cette bataille, une des plus importantes de la campagne, délivra PERPIGNAN d’un siège et les départements du Midi d’une invasion.

Les espagnols perdirent 800 hommes tués, 1500 blessés et 1200 prisonniers. On leur prit 6 obusives, 40 pièces de canons, tous les caissons et les mulets ; nos troupes trouvèrent dans le camp ennemi des armes, des meubles de luxe, beaucoup d’argent monnayé et des vivres en abondance.

Le 1er bataillon du 79e, qui avait combattu à la tête de la colonne du Général GOGUET, coucha dans le camp ennemi.


ATTAQUE DU CAMP DE TRUILLAS

Le 18 septembre, le Général DAGOBERT prit le commandement en chef et résolut d’attaquer les espagnols qui s’étaient retirés dans leurs camps de NILS et de TRUILLAS. Le 1er bataillon du 79e destiné, dans l’attaque projetée pour le 22, à faire partie de la colonne du centre, vient pendant ce temps du camp de PEYRESTORTES dans celui de l’UNION.

Le 22, l’aimée se mit en mouvement sur trois colonnes ; celle de droite fut arrêtée devant THUIR, celle de gauche échoua devant les hauteurs de REART ; celle du centre, où se trouvait le 79e, commandé par le Général DAGOBERT en personne, enleva d’abord avec beaucoup d’élan une redoute défendue par les gardes espagnoles et pénétra dans le camp ennemi; mais l’inaction des deux autres colonnes permettant au Général RICARDOS de porter toutes ses forces sur ce point, elle fut bientôt écrasée par le nombre et une partie entourée par la cavalerie ennemie.

Le 1er bataillon du 79e fit de grandes pertes dans cette malheureuse affaire et le lendemain il ne comptait plus que 277 baïonnettes au camp de l’UNION où fi s’était retiré après le combat.

Malgré sa victoire, le Général RICARDOS, craignant pour ses communications, battit en retraite le 30 septembre 1793 sur le camp de BOULOU.

L’armée des Pyrénées-Orientales le suivit le lendemain et vint camper près de BANYULS-DES-ASPRES ; le 1er bataillon du 79e fit partie du camp dit de la République placé sur les hauteurs du PLA DEL REY.

Il prit pendant les premiers jours d’octobre une part active à presque tous les combats que l’armée eut à soutenir.

Le 25, il fut désigné pour renforcer la division de COLLIOURE, chargée d’une incursion dans le LAMPOURDAN ; après quatre jours d’une marche pénible à travers les montagnes, par une pluie conti­nuelle, les troupes rentrèrent en France le 30, harassées et mourant de faim, le bataillon du 79e resta à la division COLLIOURE et campa près de VILLELONGUE.

es pluies abondantes suspendirent les hostilités jusqu’à la fin de novembre, mais le 7 décembre, à la pointe du jour, les espagnols surprirent le camp de VILLELONGUE et s’en emparèrent.


REPRISE DU CAMP DE VILLELONGUE

D’autres succès de l’ennemi décidèrent le Général en Chef à battre on retraite vers le camp de l’UNION, mais, afin de cacher ce dessein aux espagnols, il fut décidé que l’on attaquerait le camp de VILLELONGUE on cherchant à ressaisir notre artillerie dont l’ennemi s’était emparé le 7 décembre.

En conséquence le 19, à 5 heures du matin, le Général DAGOBERT à la tête de 2 000 hommes passa le TECH et, sous la protection de nos batteries, forma ses troupes en deux colonnes qui s’avancèrent on même temps sur les retranchements ennemis. La colonne de gauche, où se trouvait le 79e, força les trois premiers postes espagnols et contint ensuite l’ennemi pendant que la colonne de droite pénétra dans le camp.

Le Général DAOUST, maître de la position, fit enlever l’artillerie, les tentes et les munitions et repassa le TECH en bon ordre.

Le 21 décembre, l’aimée des Pyrénées-Orientales se retira sur PERPIGNAN en soutenant plusieurs combats où nos troupes infligèrent à l’ennemi des pertes sérieuses. Elle prit alors ses quartiers d’hiver sur les deux rives de la TET.

Le 1er bataillon du 79e fut cantonné à SAINTE MARIE DE LA MER, sur la rive gauche, faisant partie de la division des côtes confiée au Général MARBOT.

Le 16 janvier 1794, le Général DUGOMMIER, qui venait de faire rentrer TOULON au pouvoir de la République, prit le commandement on chef de l’armée des Pyrénées-Orientales. Le 25, le bataillon du 79e passa de la division des côtes à celle dite de gauche commandée par le Général DOPPET.

BATAILLE DU BOULOU - 1er MAI 1794

Pendant le mois d’avril, les avant-postes eurent des escarmouches continuelles avec l’ennemi et, le 29 le Général DUGOMMIER prenant l’offensive, passa le TECH et attaqua les espagnols. Pendant la bataille, la division de gauche, où se trouvait le 1er bataillon du 79e resta en observation sur les abords du TECH, faisant face à la division ennemie du Général NAVARRO, qui était on position à ARGELIA.

SIEGE DE COLLIOURE - MAI 1794

L’armée espagnole ayant été battue au BOULOU par la division du centre, la division de gauche, renforcée par deux brigades, marche sur COLLIOURE, l’investit complètement dans la nuit du 2 au 3 mai, et en fit le siège. Après avoir supporté pendant 24 jours avec un courage et une résignation admirable les pluies abondantes et un froid des plus vifs sans aucun abri, le 1er bataillon du 79e eut la satisfaction d’assister à la reddition de la place qui eut lieu le 26 mai. La division ayant été envoyée prendre quelques jours de repos aux environs de PERPIGNAN, le 1er bataillon occupa ALESIA.

BLOCUS ET REDDITION DE BELLEGARDE (18 juin- 17 septembre)

Quittant ses cantonnements le 18 juin, la division de gauche vint s’établir en avant de CASTELOUP, couvrant la gauche du blocus de BELLEGARDE. Elle contribua à repousser les tentatives de ravitaillement de la place faites le 13 août par le Comte de LA UNION, et BELLEGARDE ayant capitulé le 17 septembre, le 1er bataillon du 79e resta au camp de CANCERET d’où il ne sortit que le 17 novembre pour prendre part à l’attaque de l’armée espagnole.


BATAILLE DE LA MONTAGNE NOIRE -17 AU 20 NOVEMBRE

Pour se conformer au nouveau règlement sur le service en campagne, les divisions de l’armée avaient été numérotées et la division de gauche était devenue la 3e division.

La bataille de la Montagne Noire commença le 17 novembre par une fausse attaque de la 3e division dans le but de favoriser le succès de la première chargée de l’effort principal.

La brigade du Général CAUSSE, dont le 1er bataillon du 79e faisait partie, s’était avancée avec intrépidité jusqu’aux palissades de la grande redoute, lorsqu’un feu très vif partant des ouvrages environnants, ayant mis un peu de désordre dans ses rangs trop peu nombreux pour tourner ces ouvrages, l’obligea à se retirer. Elle fut chargée alors par la cavalerie ennemie, sortie des retranchements ; le 1er bataillon donna une grande preuve de courage et de sang froid on se ralliant sous le feu des re­doutes et en obligeant cette cavalerie à la retraite.

La mort du Général DUGOMMIER, tué sur la Montagne Noire d’un éclat d’obus, suspendit les opérations offensives qui ne reprirent que le 30 sous la direction du Général PERIGNON.

Au début de cette journée, la 3e division fut chargée d’une fausse attaque dans laquelle elle eut à lutter encore une fois contre la cavalerie ennemie qu’elle mit en pleine déroute.


SIÈGE DE ROSES  29 NOVEMBRE 1794

Après la défaite de l’armée espagnole, la 3e division investit la place des ROSES le 26 novembre et en fit le siège au commencement de décembre. La place résista pendant 68 jours, dont 27 furent employés par l’armée française aux constructions de routes où de travaux de tranchées.

La pluie tomba par torrents pendant six jours, la neige pendant 15 jours ; les inondations envahirent les travaux pendant 60 jours.

La constance, le dévouement et le courage des soldats du 79e furent au-dessus de tout éloge, leur gaîté ne les abandonna pas un instant.

Enfin, dans la nuit du 2 au 3 février 1795, une partie de la garnison s’enfuit à bord de ses vaisseaux; l’autre partie se rendit à discrétion.

Le siège terminé, le 1er bataillon du 79e réduit par les fatigues et par le feu de l’ennemi à 186 hommes, quitta le camp de ROSES pour s’établir à CASTELLO DE AMPURIAS.

Il y resta jusqu’au 9 juin et passa de la 3e division à la 1ère où il fut placé au camp dit de l’Égalité près de PALOL.

Le 11 juin, il fut embrigadé avec le 3e bataillon de la Haute-Vienne et le 2e bataillon des Hautes-Pyrénées sous la dénomination de 145e demi-brigade. 

Collioure

Collioure

 1794 Les Alpes

L’armée des Alpes est alors dans le plus grand dénuement ; le Général CARTEAUX, qui la commandait depuis peu de temps, est arrêté et conduit à PARIS ; le Général de division Alexandre DUMAS, nommé Général en Chef, se rend au quartier Général à GRENOBLE le 21 janvier 1794.

Le bataillon du 79e faisait alors partie de la 3e division de l’armée des Alpes et ne comptait que 456 hommes présents sous les armes.

Les neiges tombées avec abondance obstruaient depuis quelques jours tous les passages des montagnes qui séparaient les français de l’armée piémontaise et suspendaient momentanément les hostilités les troupes étaient descendues dans le fond des vallées où on leur avait assigné des cantonne­ments.

ATTAQUE DU PETIT SAINT-BERNARD

Le Général Alexandre DUMAS, arrivé à GRENOBLE dans la nuit du 20 au 21 janvier, reçut par un arrêté en date du 25 l’ordre de prendre les mesures nécessaires pour s’emparer le plus promptement possible du Petit Saint-Bernard et du mont CENIS, principaux débouchés de la Tarentaise et de la Maurienne. Ces expéditions, confiées par un arrêté des représentants CARTON et DUMONT aux Généraux BAGDELANE et FORRET, quoique jugés impossible pour le moment à cause du peu de fermeté de la neige, donnèrent lieu cependant à quelques mouvements de troupes préparatoires, et le 2e bataillon du 79e, complété dès la fin janvier avec des hommes de la réquisition, partit le 2 mars pour SAINT-PIERRE D’ALBIGNY; il y arriva le 7 fort de 957 hommes.

Pendant tout le mois de mars, le mauvais temps continua à s’opposer à l’exécution de l’attaque projetée et les troupes restèrent inactives dans leurs cantonnements.

Dans la nuit du 5 au 6 avril, le Général FORRET, impatient de profiter du peu de fermeté que les neiges venaient d’acquérir, gravit le mont CENIS, mais il fut tué dès le commencement de l’action et l’attaque échoua. Cet échec ne découragea pas le Général BAGDELANE chargé de l’attaque du Petit St-Bernard; à la tête des troupes de nouvelle levée, du 19e bataillon de l’ISÈRE et du 2e bataillon du 79e, il s’avance à travers les précipices, au milieu des neiges éternelles, gravit les rochers et aborde les retranchements ennemis. il fallait les emporter de vive force ou se voir jeté dans les abîmes ! Les cinq bataillons, à la tête desquels se trouvait le bataillon du 79e, croisent la baïonnette et s’élancent au cri de “vive la République !” ; les Piémontais sont chassés de leurs redoutes, et nos braves soldats ayant tourné aussitôt les pièces dont ils venaient de s’emparer contre la redoute de la chapelle St-Bernard, la firent évacuer promptement ainsi que les ouvrages en arrière.

Nos troupes poursuivent les Piémontais pendant trois lieues jusqu’à la TUILLE dont elles s’emparèrent également ; 20 pièces d’artillerie, 200 fusils, autant de prisonniers furent le fruit de cette victoire. Notre perte ne s’éleva qu’à 7 hommes tués et une vingtaine de blessés. Le Général BAGDELANE fit dans son rapport l’éloge des troupes et cita particulièrement le 2e bataillon du 79e comme s’étant comporté avec la plus grande valeur.

2e ATTAQUE DU MONT CENIS

Le Général BAGDELANE, promu au grade de Général de division, fut aussitôt chargé de réparer l’échec essuyé au mont CENIS, il partit avec 2 000 hommes d’élite dont un détachement du 79e.

La nouvelle expédition eut un plein succès ; les troupes enlevèrent à la baïonnette les redoutes du Mont CENIS et prirent aux Piémontais leur superbe et nombreuse artillerie, leurs équipages et des magasins considérables. Les jours suivants furent occupés à détruire les ouvrages de l’ennemi et à en construire d’autres pour défendre ce poste important.

Pendant les mois de juillet et d’août, le 2e bataillon participa à la construction de quelques batteries élevées en face du fort d’EXILES que le Général en Chef se proposait d’assiéger. Le 1er septembre, le bataillon campait au poste des QUATRE-DENTS et ses grenadiers étaient détachés au camp de l’ASSIETTE, mais l’abondance des neiges l’obligea à abandonner ces postes et il descendit à HOULE, où il resta jusqu’au 5 novembre.

L’armée prit alors ses quartiers d’hiver et le 2e bataillon alla tenir garnison à ANNECY, attaché à l’aile gauche de la 2e division aux ordres du Générai BAGDELANE.

Les représentants du peuple ayant, par différents arrêtés, enlevés 11 bataillons à l’année des Alpes - pour les envoyer à celle d’ITALIE, les bataillons de réserve furent portés en première ligne et, le 6 décembre, le 2e bataillon du 79e, passant de la 2e division à la 3e, partit d’ANNECY pour se rendre à CARROUGE où il passa l’hiver.

ATTAQUE DU MONT GENÈVRE (31 juillet)

Les hostilités reprirent au printemps de 1795 ; le bataillon prit part à toutes les opérations préliminaires et, le 31 juillet, il se couvrit de gloire à l’attaque du mont GENÈVRE.

Au début de l’action une colonne de 600 Autrichiens se portait sur CLAVIERES ; le capitaine ABAFFOUR, aux avant-postes, avec 10 grenadiers, leur barre le passage dans un chemin de montage, bordé de précipices. Entraîné par son ardeur, il tombe deux fois au pouvoir de l’ennemi; deux fois délivré par le soldat PLOYE, de sa compagnie, il parvient après des efforts surhumains à refouler l’ennemi. Cette énergique résistance donne le temps aux cantonnements voisins de prendre les armes et de secourir le brave capitaine ABAFFOUR, que le représentant REAL nomme Chef de Bataillon sur le champ de bataille.

Le 2e bataillon du 79 e continua la campagne jusqu’au 6 septembre de cette même année 1795, où il entra dans la formation de la 146e demi-brigade.

79ème DEMI-BRIGADE

Le 11 juillet 1792, en présence de l’ennemi qui de tous les côtés envahissait la France, l’Assemblée Nationale déclara la Patrie on danger. Mais les enrôlements volontaires étant insuffisants, la Convention fut amenée à voter le 24 février 1793, la première réquisition de 300 000 hommes. Six mois plus tard, elle était obligée de décréter la levée on masse permanente de tous les hommes valides de 20 à40 ans. Ces troupes formèrent de nombreux bataillons. On les a appelé à tort des volontaires.

La plupart des hommes qui les composaient étaient, on effet, réquisitionnés et enrôlés de force conformément à la loi du 23 août 1793.

Tous les vieux régiments avaient été disséminés le long de nos frontières.

C’est sur eux qu’on comptait pour entraîner au feu les troupes nouvellement levées. Sous prétexte de déroyaliser les régiments mais en réalité pour masquer l’indiscipline et le défaut d’instruction des bataillons de volontaires, l’amalgame fut décrété le 24 janvier 1794.

L’embrigadement des volontaires avec les troupes de ligne s’effectua péniblement de la fin de 1793 au commencement de 1795. 

Le mode d’amalgame, rédigé en conformité de la loi du 21 février 1793 et approuvé par la Convention le 12 août suivant, avait réglé ainsi qu’il suit la formation de la 79e demi-brigade:

79e demi-brigade : 1er bataillon du 40e régiment ci-devant Soissonnais

                                3e bataillon de Saône-et-Loire

                                3e bataillon du Gard

Mais l’embrigadement de ces trois corps ne put avoir lieu que deux ans après.

En effet, le 1er bataillon du 40e régiment, après avoir combattu à l’armée des Alpes en 1793, avait été appelé sur le Rhin, le 12 septembre, il était bloqué dans le fort VAUBAN et fait prisonnier de guerre. Le 3e bataillon de Saône-et-Lire et le 3e bataillon du Gard faisaient aussi partie de la garnison du fort VAUBAN et y furent faits prisonniers comme le précédent le 13 novembre; ce n’est qu’à leur rentrée de captivité qu’on put former la 79e demi-brigade, le 14 février 1796.

Au mois de mars, elle est à DIEBOLSHEIM faisant partie de la 2e division de l’armée du Rhin-et-Moselle, à l’effectif de 3 435 hommes.

Mais l’embrigadement avait blessé les volontaires dans leur amour propre, aussi le nombre de déserteurs fut considérable et en peu de temps il ne resta sous les drapeaux que les vieux soldats et ceux des volontaires qui avaient le sentiment du devoir. De ce fait l’effectif des demi-brigades présenta de grandes différences d’un corps à l’autre et, en février 1796, un décret de la Convention ordonna de reprendre les 238 demi-brigades existantes et de les refondre en 140 demi-brigades nouvelles, dont 110 de ligne et 30 légères.

Les nouveaux numéros furent désignés par le sort et, par un singulier hasard, la 79e demi-brigade de première formation tira le même numéro 79 au commencement de mai 1796.

La nouvelle composition fut la suivante

-            79e ancienne

-            89e ancienne

-            Demi-brigade du Pas-De-Calais (198 bis)

-            7e bataillon de la Charente.

L’incorporation de ces divers corps dans la 79e de deuxième formation n’eut lieu que successivement; la demi-brigade du Pas-de-Calais fut incorporée dans les premiers jours de juin, le 7e bataillon de la Charente le 21 novembre ; la 89e demi-brigade ne fut amalgamée aux deux autres que le 25 janvier 1797.

Un mois après le tirage au sort, le général de division SCHAUENBOURG, inspecteur général chargé de l’organisation de la demi-brigade, fit réunir et manœuvrer devant la caserne FINKMATT à STRASBOURG, les bataillons destinés à en faire partie. L’ancienne 79e et les bataillons de la demi-brigade du Pas-de-Calais sous les ordres de leur Chef GODART, qui prit le commandement de ces différentes troupes réunies le 13 juin 1796.

La 79e demi-brigade de deuxième formation, à l’effectif de 2 315 hommes, fait alors partie de l’aile droite de l’armée du Rhin, commandée par le Général FERINO.

Les hommes de la 79e demi-brigade sont employés à réparer les digues du Rhin et, 1.13 juin, les habitants de la commune de RHINAU envoient au Chef de la demi-brigade GODART une adresse chaleureuse de remerciements.

Le passage du Rhin étant décidé, l’attaque du pont de KEHL est confiée au Général FERINO, ayant sous ses ordres les 56e, 79e, 89e demi-brigades de ligne, le 4e dragons et le 8e chasseurs. Le 23 juin, la 79e est arrêtée près du pont de GRAFFENSTADT, sur l’ILL ; elle ne passe le Rhin que le 25 et prend position au village de SANT. Le lendemain, après une légère fusillade, elle se porte sur le village de MOELEIN, y rencontre l’ennemi, l’attaque et le chasse de ses positions ; la marche est ensuite dirigée sur OFFENBOURG ; le 27, les troupes s’établissent au bivouac de RUSCHOFF après s’être emparées des villages de ROHRBURG, ALTENHEIM et SCHUTTERWALD. La 79e faisant partie de la brigade de droite, se trouve le 28 à ALTENHEIM et le 30 elle rencontre les émigrés.

Les trois compagnies de grenadiers qui gardaient la position de MALHEIM parvinrent, après plusieurs essais et quelques combats, à débusquer l’ennemi d’un bois près de WITTENWIHR et ALTWIHR. La marche en avant continue jusqu’à 1’ELTZ, dont les ponts ont été détruits par l’ennemi.

Le 5 juillet, l’aile droite de MOREAU entre à FRIBOURG.

Cette partie de la campagne n’avait été faite que par les deux premiers bataillons de la 79e ; le 3e, qui était resté à RHINAU, rejoint la demi-brigade à KIPPENWIHR où elle prend les avant-postes le 9 juillet.

Après une reconnaissance vers GRAVENHAUSEN, la 79e séjourne à ETTENHEIM où elle arrive le 14.

La discipline qui, à cette époque, laissait tant à désirer parmi les troupes de l’armée du Rhin, était restée intacte dans la 79e demi-brigade ; les écrivains de l’époque, qui citent de nombreux actes d’indiscipline n’en mentionnent pas dans le corps de FERINO.

Le 14 juillet, la 1ère division, commandée par le Général LABORDE, était à LANDSSCHOTT et se composait de 3 brigades, la 1ère était commandée par le Général THARBEAU (38e et 79e) les 2e et 3e brigades se trouvaient sous les ordres des généraux PAILLARD et TOLME.

Le 29 juillet, cette division se met en marche et se dirige vers le lac de CONSTANCE, où elle arrive le 1er août et s’établit en arrière d’ENGEN. L’ennemi qui avait pris position à UBERDRINGEN est repoussé sur RAVENSBURG ; un bataillon français y force 300 Autrichiens à s’embarquer pour BREGENZ et occupe CONSTANCE.

Le 3 août, la division LABORDE passe l’AACH et longe le lac ; la brigade THARREAU livre un petit combat près de FREISENBACH ; passant la SCHUSSEN, les 38e et 79e demi-brigades s’étendent depuis le lac jusqu’à BRACHENZEL. A ce moment, le Général autrichien FROLICH, cherchant à se rapprocher de l’Archiduc, abandonne au Général WOLF la défense du TYROL. Vivement pressé par la 1ère division, attaqué avec succès à ERISKIRCH par la brigade PAILLARD, l’ennemi bat en retraite et, le 7 août, nos troupes sont en position, derrière 1’ARGEN. Le lendemain, la division autrichienne du Général WOLF cherche à s’opposer au passage du cours d’eau et attaque vigoureusement pendant que nos soldats établirent avec peine un pont sur 1’ARGEN. La lutte dura trois heures et l’ennemi étant enfin rejeté dans les montagnes, la division LABORDE occupe LANDAU ; les avant-postes sont établis derrière la LIBACH.

COMBAT DE BREGENZ

Le 9 août le Général autrichien fait un dernier effort pour sauver BREGENZ, mais le courage de nos soldats à bientôt raison de sa résistance ; WOLF culbuté se retire précipitamment dans la nuit du 9 au 10 août, ayant perdu 500 hommes dont un Colonel et laissant un drapeau entre nos mains.

La 1ère division entre aussitôt dans BREGENZ et la 79e demi-brigade contribue à la prise de 30 bouches à feu, de 40 000 sacs d’avoine et d’orge, de 1 100 tonneaux de farine et de 30 à 40 grands bateaux. Ne faisant que traverser la ville, le Général LABORDE poursuit l’ennemi l’épée dans les reins, s’empare encore d’une pièce de canon et force l’ennemi à se retirer sur FELDKIRCH.

Occupant BREGENZ et KEMPTEN, la division française garde la défensive et surveille les gorges du TYROL. Tout le pays était soulevé contre nous, les paysans tyroliens avaient pris les armes.

COMBAT D’IMMERSTADT

Le 18 août nos avant-postes étaient à KEMPTEN; sur les rapports des nombreuses reconnaissances envoyées par la division dans les montagnes environnantes, le Général de LABORDE se décida à attaquer IMMERSTADT où l’ennemi s’était retranché. Afin de mieux cacher ses projets, le Général fit partir ses troupes dans la nuit du 19 au 20 août ; la 79e marche en tête de colonne et attaque au petit jour; elle pénètre au pas de charge dans la ville que les Autrichiens évacuent en toute hâte pour se retirer dans le Tyrol, à MITTENWALD, considéré comme la clef du pays.

WOLF, ayant alors été renforcé par 7 bataillons et 14 escadrons venus d’Italie, parait en force devant KEMPTEN le 21 août, mais il n’ose attaquer, se retire pendant la nuit et se retranche à OVERBEN.

Inquiet, le Général THARREAU part pour KEMPTEN avec 300 hussards, un bataillon de grenadiers de la 79e, pendant que le reste de la demi-brigade tient dans IMMERSTADT sous les ordres de son chef GOTART. Le lendemain, 22 août, WOLF se décide à attaquer ; avec des forces considérables il se rue sur KEMPTEN et IMMERSTADT, mais la 79e demi-brigade résiste avec un courage sans pareil; débordé de toutes parts, elle charge à la baïonnette sur les Autrichiens, les culbute et parvient à se retirer sur VANGEN, où la 1ère division arrête les progrès de l’ennemi.

Le 24 août, cette division occupe les hauteurs entre KUSSING-OTTONARNIG et RHEINTHAL ; la brigade PAILLARD est en avant de BREGENZ. La brigade THARREAU réoccupe KEMPTEN ; le quartier général de la division est à VANGEN.

GODART, qui occupait toujours IMMIERSTADT avec la 79e, soutient chaque jour de nouveaux combats, le 27 au soir, il part avec ses trois bataillons pour surprendre les avant-postes ennemis, enlève une grande garde, lui tue 50 hommes et au petit jour se jette sur le village, ou il surprend les Autrichiens endormis. Un combat des plus vifs a lieu sur la place centrale, un capitaine de la 79e est tué, l’ennemi se retire en désordre et la demi-brigade ne se replie sur IMMERSTADT que devant les nombreuses troupes autrichiennes qui accourent de tous les côtés.

Croyant à une attaque générale, WOLF appelle à son aide le Général FROLICH qui, ayant reçu des renforts, quitte les sources de l’ISERE le 27 et, pour dégager WOLF, se dirige sur KEMPTEN le 31 ; un combat acharné de tirailleurs s’engage aussitôt. Au plus fort de l’action, une pièce d’artillerie légère qui soutenait la chaîne était sur le point de tomber au pouvoir de l’ennemi.

Ce dernier, qui avait établi une embuscade dans un bois, sortait en force pour s’emparer de cette  pièce et poussait déjà des cris de triomphe, lorsque le lieutenant DUQUENE à la tête de 80 hommes de la 79e, se précipite au devant des Autrichiens, soutient le choc avec impétuosité, prenant ensuite l’offensive, les rejette dans le bois où il les maintient jusqu’à l’arrivée du 1er bataillon de la demi-brigade qui accourait à son secours. La division autrichienne ne se sentant pas en sûreté se retire le jour même sur MEMMINGEN. La division de LABORDE occupe à cette époque BREGENZ, ISNICH, IMMERSTADT et NESSENLWANG ; la 2e division avec le Générai FERINO, est à 30 lieues de là.

Le 3 septembre, le Général PAILLARD, quoique inférieur en nombre, réoccupe KEMPTEN ; la brigade THARR.EAU est campée à DURPACH et IMMERSTADT.

Les Autrichiens gardent les débouchés du TYROL à HOLZKIRCHEN et FUESSEN, le 5, le Général de LABORDE ayant reçu l’ordre de pousser jusqu’à FUESSEN, la brigade ~THARREAU lance de nombreuses reconnaissances sur les camps de WILS et de TANNHUN.

Le 7, WOLF se porte en avant et vient cerner la brigade de PAILLARD auprès de NESSELWANG elle est rejetée sur DURACH, mais THARREAU, prenant l’ennemi de flanc, dégage la brigade compromise et rejette WOLF dans les gorges du TYROL.

La division reste sur le qui-vive pendant quelques jours et, voulant connaître la force de l’ennemi, le Général de LABORDE charge la 79e, toujours en première ligne, d’une reconnaissance offensive ; voici le récit de cette opération tel que l’a écrit le Chef de la demi-brigade GOTART.

« Le 26 fructidor, le général THARREAU me donna l’ordre de marcher sur ISNICH avec 1000 hommes, 200 hussards et une demi compagnie d’artilleurs. A minuit la cavalerie rencontre les Autrichiens nous prenons position au-delà d’un bois d’où j’aperçus des forces considérables à ISNICH et au-delà (au moins 200 feux) je fis informer le Général THARREAU qui me donna l’ordre formel d’attaquer ; je repousse les petits postes ennemis mais la cavalerie (2 escadrons) me charge avec vigueur pendant que 2 bataillons me tournent par ma gauche. Mon centre est forcé et se replie avec quelque désordre ; j’ordonne alors la retraite sur le bois.

Le Général THARREAU arrive et m’ordonne de revenir ; mais l’infanterie ne put en entier gagner le bois et fut chargée par deux régiments de cavalerie ; plusieurs pelotons furent sabrés. J’étais suivi de si près par un officier de cavalerie que je l’entendais crier: Rendez-vous, colonel !

Je perdis là environ 600 hommes. »

La demi-brigade qui venait d’être si maltraitée dans cette affaire glorieuse fut en partie sauvée par le sang froid du lieutenant DUQUENE ; pendant la retraite, les tirailleurs se trouvaient engagés dans des marais et étaient coupés par de larges ruisseaux. Le lieutenant DUQUENE, connaissant un petit pont sur la rivière, réunit 50 hommes, s’empare du passage et, se plaçant sur une éminence, arrête l’ennemi par ses feux bien dirigés il permet ainsi aux nombreux tirailleurs de la 79e de se joindre à lui et se replie ensuite sur la demi-brigade, environné de toutes parts par les Autrichiens qui n’osent l’attaquer à l’arme blanche.

Le soir même, BREGENZ et LINDAU sont évacués par le 38e. La 79e se retire à RAVENSBURG ; elle venait de lutter contre 10 000 hommes.

Le 14 septembre, les Autrichiens sont sur la WERTACH ; WOLF est à NESSELWANG, le 17, FROLICH attaque la 1ère division à KEMPTEN et IMMERSTADT avec 3 000 hommes d’infanterie, 2 escadrons de cavalerie et 5 bouches à feu. Le lieutenant DUQUENE qui était de grand’garde au pont en avant de DURACH, reçut le premier choc. L’ennemi, brusquant l’attaque, se porta en force sur le pont que cet officier commandait, mais malgré son infériorité numérique le lieutenant DUQUENE résista avec une énergie sans pareille et donna le temps aux trois compagnies de grenadiers commandés par le capitaine MAFFRAND de venir le rejoindre et de maintenir les Autrichiens à distance des cantonnements. Un désastre était évité car la 79e avait été surprise par l’attaque au moment où elle nettoyait ses armes, complètement démontées.

Un combat des plus sérieux a lieu le 19 au même endroit ; la cavalerie ennemie enveloppe complètement un bataillon de la 79e, qui est pris. Le capitaine MAROULET, commandant un escadron du 2e régiment de hussards, se trouvant engagé et sur le point d’être cerné, le capitaine MAFFRAND vole à son secours avec sa compagnie de grenadiers. Dans la mêlée, il est entouré par 16 hussards ennemis ; l’un d’eux saisit la bride de son cheval pour l’emmener prisonnier, mais le capitaine MAFFRAND, conservant son sang-froid, lui coupe le poignet d’un vigoureux coup de sabre et, pointant de droite et de gauche s’ouvre un passage au travers des cavaliers autrichiens. A peine dégagé, voyant son sous-lieutenant sur le point d’être sabré par l’ennemi, il s’élance à son aide et lui sauve la vie.

Cependant le Général THARREAU, à la tête des débris de la demi-brigade pressé de tous côtés, se précipite sur l’ennemi à la baïonnette et, traversant deux colonnes autrichiennes parvient à se retirer sur WESWIHR et ZALMAS. Harcelé toute la nuit, il arrive à ISNY au petit jour. Pendant la retraite, le lieutenant DUQUENE, voyant la droite de son bataillon culbutée par l’ennemi, ne consultant que son courage, rassemble 200 hommes et prend à leur tête la défense des pièces de canon dont les Autrichiens allaient s’emparer. il les arrête sous son feu, les attaque à la baïonnette et donne le temps à son bataillon de se rallier derrière lui et d’accourir ensuite pour le délivrer.

Il était temps, le lieutenant DUQUENE et ses vaillants soldats, entourés par l’ennemi, allaient succomber.

A l’époque où je passais le Rhin, dit GODART, j’avais 2 350 hommes présents sous les armes ; il me manque à présent 700 tués ou blessés, 700 prisonniers et 300 malades.

Le 19 septembre, la retraite générale de l’armée du Rhin est décidée par MOREAU et la 1ère division se retire derrière 1’ARGEN. Le 22, la division résiste encore sur la ligne de SCHUSSEN, mais l’insurrection a gagné toute la SOUABE derrière nous et les convois sont difficiles. Le 24, la 1ère division sous les ordres du Générai THARREAU abandonne les hauteurs derrière la SCHUSSEN ; la 79e est à ERISKIRCH. La 2e division, commandée par le Général FER1NO s’est rapprochée et ses flanqueurs se montrent à RAVENSBURG.

Le 30 septembre, 4000 Autrichiens cherchent à s’emparer de ce point important, mais FERINO s’en étant approché les voit se retirer sans combattre ; enfin à 5 heures du soir l’ennemi attaque les avant-postes du Général THARREAU, mais il est repoussé.

La 79e demi-brigade, dont l’effectif était considérablement réduit, est alors chargée de conduire un fort convoi à HUNINGUE. Est attaquée dans la traversée d’un bois par une centaine de cavaliers et de paysans soulevés, leur tient tête, dégage la route et arrive après quelques escarmouches à HUNINGUE.

La 79e demi-brigade fut alors désignée pour rejoindre l’armée d’Italie.

Le 14 décembre 1796 elle part depuis STRASBOURG, vers BESANCON où elle incorpore toute la 89e qui avait été faite prisonnière à MANNHEIM. Elle se dirige vers CHAMBERY sur MILAN et ensuite sur VERONE d’où elle se rend à BASSANO pour garder les gorges de la BRENTA. Mais tout au long de cette époque de la bataille d’Italie elle est en réserve et ne participe à aucun combat, jusqu’au traité de CAMPO FORMIO.

Bonaparte

Bonaparte

4. DEMI BRIGADE D’INFANTERIE LÉGÈRE

1796 - 1797 - Campagne contre BEAULIEU

Au commencement de l’année 1796, le Directoire mécontent du Général SCHERER, Commandant en Chef de l’Armée d’Italie, le remplaça par le Général BONAPARTE.

Celui-ci releva le moral abattu du soldat, en leur parlant de patrie, de victoires, de conquêtes prochaines, et le 10 avril, cette petite armée composée de quatre divisions, MASSENA, AUGEREAU, SERRURIER et LAHARPE, entra en campagne. “Soldats, leur dit le Général en Chef, je vais vous conduire à la conquête de riches provinces ; vous y trouverez gloire et honneur, Soldats de l’Armée d’Italie, manqueriez-vous de courage ?“ Et l’Armée répondit par les nombreuses victoires qui ont rendu à jamais célèbre la campagne de 1796.

La 4e Demi-Brigade qui fit partie d’abord de la division MASSENA, puis de la division JOUBERT y commença sous le commandement du Chef de Demi Brigade DESTAING sa glorieuse renommée.

Le 11 avril, les armées françaises et autrichiennes se rencontrèrent au COL DE MONTENOTTE. Les divisions LAHARPE et AUGEREAU attaquèrent de front l’ennemi, tandis que MASSENA, par un circuit, terminait sur ses derrières. Entouré, l’ennemi céda le terrain jusqu’à DEGO et les forces piémontaises et autrichiennes, alliées contre la France, furent séparées. La victoire était importante et la 4e Demi Brigade avait reçu, sous le commandement de l’illustre Général MASSENA, le baptême du feu.

BONAPARTE s’étant d’abord mis à la poursuite des Autrichiens, les atteignit à DEGO. Leur gauche était appuyée à une redoute, la 4e Demi Brigade Légère fut chargée de l’enlever. Elle s’élança à l’attaque avec un entrain admirable, enleva la redoute et se portant sur le derrière des positions de l’ennemi, détermina sa retraite. 9 officiers et 100 hommes tués ou blessés, telles furent les pertes de la 4e Demi Légère dans cette journée. Elles étaient cruelles, mais le Régiment pouvait désormais inscrire sur son drapeau le nom de sa première victoire (14 avril 1796).

BONAPARTE reporta son armée à gauche contre les Piémontais et les culbuta le 21 à MONDOVI. Un armistice signé le 28 détachait le PIÉMONT de la coalition et les soldats de la 4e Demi Brigade Légère comme toute l’Année d’Italie entendait lire à haute voix le magnifique ordre du jour dont nous détachons les quelques lignes suivantes: “Soldats, vous avez remporté en quinze jours six victoires; pris vingt drapeaux, cinquante cinq canons; vous avez fait quinze mille prisonniers et tué ou blessé dix mille hommes, vous égalez aujourd’hui par vos succès l’Armée de HOLLANDE et du RHIN... Vous avez gagné des batailles sans canons, passé des rivières sans ponts, fait des marches sans souliers, bivouaqué sans pain; la Patrie reconnaissante vous devra sa prospérité... Mais soldats, vous n’avez rien fait puisqu’il vous reste à faire.”

Cet ordre du jour, la 4e Demi Légère a le droit de l’inscrire dans ses annales, car elle était à MONTENOTTE, à DEGO et à MONDOVI.

Le Piémont soumis, l’Armée se mit à la poursuite des Autrichiens. On passa le Pô à PLAISANCE, I’ADDA à LODI. MILAN fut occupée pendant quelques jours par la Division MASSÉNA à laquelle appartenait la 4e Demi Légère. Voici en quels termes l’Histoire parle de cette division: “Les soldats étaient contents et observaient une exacte discipline; couverts de leurs vieux habits, ils étaient déguenillés, mais imposant par leur renommée, leur tenue martiale et leur belle discipline.” (THIERS -Histoire du Consulat et de l’Empire).

BONAPARTE, après un court séjour à MILAN, dirigea son armée sur le MINCIO et l’ADIGE et, là encore, nous allons voir la 4e Demi Brigade Légère cueillir de nouveaux lauriers.

L’armée autrichienne s’était décidée à défendre le MINCIO et avait pris position à VALLEGIO, en arrière du fleuve, laissant en avant, au village de BORGHETTO, une avant garde de 4000 fantassins et 2 000 cavaliers. BONAPARTE fit attaquer le village par des grenadiers et des carabiniers soutenus par la cavalerie et l’artillerie. Les carabiniers de la 4e Demi Brigade Légère formaient l’avant garde. L’attaque fut si impétueuse que les Autrichiens, dans leur fuite, ne purent rompre qu’une seule arche du pont. Les carabiniers de la 4e Demi Légère poursuivaient l’ennemi de si près que le chroniqueur raconte que le Carabinier GUIGNARD du 2e Bataillon franchit la coupure d’un bond entraînant par son exemple plusieurs de ses camarades. Pendant ce temps, d’autres carabiniers, conduits par le Général GARDANNE, passèrent le gué. La coupure du pont fut réparée par les carabiniers de l’avant garde sous le feu de l’ennemi et l’armée entière effectua son passage. Ce glorieux fait d’armes, où figurent avec tant d’honneur les carabiniers de la 4e Demi Légère, mérita d’être mentionné à l’attention particulière du Régiment, car c’est en s’inspirant de si nobles exemples que l’on se rend digne de les imiter.

Le MINCIO franchi, la Division MASSENA marcha sur VERNE. La 4e Demi Légère s’empara des postes, des ponts, de la place d’armes et la ville fut occupée.

La ligne de l’ADIGE appartenait à l’Armée d’Italie.
Campagne contre WURMSER

L’arrivée de l’armée de WURMSER, forte de 60 000 hommes, fit recommencer la lutte. La division MASSENA gardait la position de la CORONA. La 4e Demi Légère occupait les hauteurs de MONTEBALDO, Chef de la position. Une partie de l’ennemi (15 000 hommes) attaqua cette demi brigade et la cerna mais elle s’ouvrit un passage à travers les lignes ennemies et parvint à gagner le gros de la division à RIVOLI. Dans cette terrible lutte, la 4e Demi Brigade perdit 100 hommes tués et 150 prisonniers. Dans sa retraite, elle dut charger plusieurs fois à la baïonnette sous le commandement du brave Général JOUBERT. Le Chef de Bataillon LACROIX fut blessé et fait prisonnier. On cite encore comme s’étant particulièrement distingué, un certain officier GERMAIN qui, quoique atteint à la tête de plusieurs coups de sabre, résista longtemps à un petit peloton de hulance et parvint à se dégager et à rejoindre la Compagnie.

L’Armée entière s’étant concentrée à la pointe du lac de GARDE, BONAPARTE la porta d’abord contre QUASDANOWICH qui, avec 20 000 hommes, descendait la rive droite du lac. Ayant repoussé QUASDANOWICH, il se retourna contre les 40 000 hommes qui descendaient la rive gauche et avaient chassé MASSENA de la CORONA. La rencontre eut lieu à LONATO. La 4e Demi Légère avec la compagnie d’élite de la 14e, soutint l’attaque du gros de l’armée autrichienne.

Secourue par le reste de la division MASSENA, après plusieurs heures d’une héroïque résistance, elle reprit l’offensive, délivra ses prisonniers de la veille et repoussa l’ennemi. 4 officiers et une centaine de soldats tués ou blessés furent les pertes de la 4e Demi Brigade. DESTAING, son chef, fut blessé, mais nous le retrouverons commandant encore la 4e à la prise d’ALEXANDRIE. Dans le combat de LONATO, la 4e Demi Brigade était sous les ordres du Général PIGEON.

WURMSER, qui était allé débloquer MANTOUE, ne trouvant personne devant la place, remonta vers le Nord rejoindre son armée et la soutenir. il arriva le lendemain du combat de LONATO, rallia ses troupes dispersées et se disposa à l’attaque. BONAPARTE en fit autant et le 18 s’engagea la bataille de CASTIGLIONE. La division MASSENA fermait la gauche. La division SERRURIER à droite devait tourner la position éminente ; on attendait son attaque pour agir. A peine a-t-elle ouvert son feu, que MASSENA à gauche et AUGEREAU au centre, s’élancent à l’attaque des positions. La 4e Demi Légère formait la tête de la colonne chargée d’enlever les hauteurs de SOLFERINO ; elle marcha avec un entrain admirable, enleva la position et y fit un grand nombre de prisonniers.

Soixante trois ans plus tard, en 1859, l’armée française livrait sur les mêmes lieux la grande bataille de SOLFERINO qui terminait la guerre d’Italie sous NAPOLEON III.

La 4e Demi Légère devenue 79e de Ligne revenue en France, n’eut pas le bonheur d’y prendre part. Nul doute cependant que le 79e se ressouvenant de l’héroïque conduite de la 4e Demi Légère, le 18 juillet 1796, n’eut ajouté une belle page aux annales déjà si glorieuses du Régiment.

La Division MASSENA poursuivit WURMSER le long de la rive droite de l’ADIGE et reprit les positions de RIVOLI et de la CORONA qu’elle avait dû abandonner quelques jours auparavant. A la CORONA, la 4e Demi Légère enleva de vive force, le retranchement de CHALENO et prit 3 canons et 700 prisonniers. Son chef, RONDEL, fut blessé ainsi que plusieurs officiers.

Après quelques jours de repos, BONAPARTE se dirigea sur TRENTE pour y attaquer WURMSER qui y avait réorganisé son armée. WURMSER avait fait garder les défilés par DAVIDOVICH. L’action s’engagea aux environs de ROVEREDO où le château de la PIETRA gardait l’entrée des défilés. BONAPARTE employa son infanterie légère à l’attaque de ce château et la 4e Demi Légère y prit une grande part. On raconte qu’à l’attaque de ce fort, le Général en Chef BONAPARTE donna à cent chasseurs de cette Demi Brigade les instructions suivantes: “Vous allez passer entre le château et le rocher, leur dit-il, vous essuirez deux coups de mitraille, vous tournerez le château; peut être serez vous faits prisonniers, n’importe, je ne tarderai pas à vous délivrer. Marchez I “. ils marchèrent en effet, tournèrent le château et s’en emparèrent. La 4e Demi Légère entra la première dans TRENTE et enleva le poste de BOLZANO. WURMSER n’y était plus; la résistance de DAVIDOWICH n’avait- eu d’autre but que de cacher son mouvement sur la BRENTA.

La Division MASSENA et par conséquent la 4e Demi Brigade Légère, prit part à la marche de l’Armée sur la BP.ENTA et à la poursuite de WURMSER vers MANTOUE (dans cette poursuite, la 4e Demi Brigade assista aux combats de PRIMOLANO et BASSANO. Elle entra dans cette dernière ville ayant à sa tête le Général MASSENA, enleva l’artillerie ennemie malgré les grenadiers d’élite de l’armée autrichienne).

Au passage de l’ADIGE vers RONGO, 15 septembre 1796, l’avant garde française, d’abord mise en déroute et poursuivie par la cavalerie et l’infanterie ennemie, se rallia d’elle-même en voyant la bonne contenance de la 4e Demi Légère qui faisait partie de cette avant garde et dont le feu arrêta l’ennemi. Le Caporal GAUSSERAND, avec 9 ou 10 hommes, ne craignit pas de barrer le chemin en faisant croiser la baïonnette à ses hommes et arrêta la cavalerie. La Demi Brigade n’avait alors que 600 hommes présents, elle avait 500 prisonniers entre les mains de l’ennemi et autant de tués ou blessés. Tous ses officiers supérieurs étaient depuis longtemps ou tués ou faits prisonniers: il ne lui restait que 8 à 10 officiers.

Campagne contre ALVINZI

Pendant que le siège de MANTOUE s’effectue, MASSENA et la division sont sur la BRENTA. il y reçut les premiers chocs de l’Armée d’ALVINZI. La 4e Demi Légère perdit dans ces affaires plusieurs officiers et 120 hommes tués, blessés ou prisonniers. Ramenée en arrière sur l’ADIGE, elle assista à la célèbre bataille d’ARCOLE où 15 000 français luttèrent pendant trois jours contre plus de 40 000 Autrichiens et remporta une des plus belles victoires dont l’armée française puisse s’honorer.

Pas un soldat du 79e ne devrait ignorer le récit de ces combats où leurs devanciers se montrèrent ai courageux dans la lutte et si patiente à supporter les fatigues et les privations de toute espèce. Ils apprendraient ainsi comment une armée où domine la discipline et où règne le sentiment du plus ardent patriotisme est souvent victorieuse, même quand elle lutte contre un ennemi supérieur en nombre.

Après la bataille d’ARCOLE, la division MASSENA garda VERONE. L’armée autrichienne renforcée allait tenter un dernier effort. L’attaque principale eut lieu par le haut ADIGE. Au premier bruit d’attaque, la 4e Demi Légère se porta à la CORONA et y prit position. Le 14 au matin, l’ennemi attaqua vigoureusement JOUBERT. BONAPARTE arriva le matin avec la Division MASSENA et vit JOUBERT avec 10 000 hommes attaqué par plus de 40 000. il était temps qu’un secours arrivât.

La 4e Demi Légère fut ce jour là du Corps de droite et voici comment l’historien célèbre de cette campagne raconte les faits auxquels prit part cette demi-brigade dans la journée de RIVOLI.

“BONAPARTE était isolé avec les seules divisions JOUBERT et MASSENA. il était avec 16 000 hommes enveloppé par 40 000. Tandis que la gauche est couverte par l’héroïsme de la 14e et de la 32e, la droite est menacée à la fois par l’infanterie ennemie qui a repris l’offensive et par 1 colonne qui escalade le plateau. BONAPARTE dirige une batterie d’artillerie et deux escadrons sous les ordres de deux bons officiers LECLERC et LASALLE sur le débouché d’INCANALE. JOUBERT fait volte face avec un corps d’Infanterie Légère (4e Demi Brigade). Tous chargent à la fois; JOUBERT a son cheval tué ; il se relève et s’élance un fusil à la main; tout ce qui a débouché, grenadiers, cavalerie, artillerie, tout est présenté dans l’escalier tournant d’lNCANALE”. La victoire fut complète et la 4e Demi Brigade peut encore l’inscrire sur son drapeau. Son Chef, et le commandant LACROIX, rentré de captivité, furent mis hors de combat. La 4e Demi Légère sous le commandement de JOUBERT prit part à la pousuite contre ALVINZI et fut constamment, dit-on, à l’avant garde.

La reddition de MANTOUE termina cette étonnante campagne où 50 000 français combattirent 400 000 Autrichiens, firent 80 000 prisonniers et tuèrent ou blessèrent plus de 20 000 hommes.

1797

Pendant la marche de BONAPARTE sur VIENNE, la 4e Demi Légère fit partie du corps de JOUBERT. Ce général devait soumettre le TYROL en y battant les généraux autrichiens LANDON et HERZEN; puis les poussant devant lui, venir rejoindre à travers les Alpes le Général en Chef. Ce plan s’accomplit entièrement ; mais les préliminaires de LEOBEN arrêtèrent la marche de l’Armée et terminèrent la campagne de 1797.

Pendant toute cette marche à travers le TYROL et les ALPES, la 4e Demi Brigade se fit remarquer par son entrain et sa bravoure. Constamment à l’avant garde, elle mérita souvent des éloges et lorsqu’elle rentra en France, on put dire d’elle “Elle était de l’Armée d’Italie”.

La 4e Demi Légère fut rappelée en France à la fin de 1797 et vint tenir garnison à VIENNE où elle arriva le 10 janvier 1798. 

OCCUPATION ET DÉFENSE DE L’ÎLE DE CORFOU PAR LA 79e.

28 juin 1797 - 3 mars 1799

Quoique le traité de COMPO-FORMIO ne fut pas encore signé, aussitôt que l’armée d’Italie se fut emparée de tout le pays vénitien, le Général BONAPARTE fit venir à DALACOMO, près de VENISE, l’escadre de TOULON, commandée par le vice amiral BRUEYS. Le Général en Chef donna ensuite l’ordre au Général de division GENTILI et au Général de brigade la SALCETTE de se rendre à CORFOU pour prendre possession des fies et arrondissements continentaux de la mer IONIENNE. La Division du Levant, formée à cette occasion eut la composition suivante:

- Les 2e et 3e bataillons de la 79e demi-brigade

- La 34 demi-brigade de ligne cisalpine

- Les compagnies d’artillerie des 14 et 79e demi-brigade

- La 7e compagnie d’artillerie sédentaire

- Une escouade du 4e régiment d’artillerie à pied

- Une escouade du 6e bataillon de sapeurs.

Ces différentes troupes s’embarquèrent à MALA COMO le 8 juin 1797 et vinrent mouiller dans le port de CORFOU le 28 au matin.

Les deux premiers mois de l’occupation de CORFOU par la 79e se passèrent sans incidents graves. Le Colonel GODART sut se concilier l’amitié de tous en débarrassant le pays d’une bande de brigands qui le ravageaient depuis longtemps.

En novembre, le Général GENTILI, relevé de ses fonctions pour raison de santé, fut remplacé par le Général CHABOT qui amènera avec lui des troupes de renfort, dont le 1er bataillon de la 79e qui, détaché à AVIGNON au mois de février 1796, s’était ensuite rendu à ANCONE en passant par NICE. Après avoir été employé dans le duché d’URBIN, ce bataillon fut désigné pour aller à CORFOU avec la 6e demi-brigade de ligne, trois compagnies d’artillerie et une compagnie de sapeurs. Elles rejoignirent l’Île le 22 décembre 1797.

Le 20 février 1798, 550 hommes de la 6e demi-brigade furent embarqués sur l’escadre du vice-amiral BRUEYS afin de compléter les garnisons des vaisseaux; quelques jours après la 3e demi-brigade cisalpine partit pour ANCONE et le reste de la 6e demi-brigade fut réparti dans les autres îles et les quatre forts du continent.

Il ne restait plus à CORFOU que la 79e demi-brigade, commandée par le Chef de bataillon DUFOUR; (le Colonel GODART, malade, était parti à ARRAS dans sa famille) renforcé par l’artillerie et les Sapeurs.

COMMENCEMENT DES HOSTILITÉS (septembre 1798)

L’île de PREVEZZA étant en butte aux projets hostiles d’ALI, pacha de JANINA, le Général CHABOT y fit construire des redoutes et ordonna le départ de CORFOU de quatre compagnies de la 79e qui furent réparties entre les postes de NICOPOLIS, de PREVEZZA, les îles de SAINTE-MAURE et de CEPHALONIE.

ALI menaçait de plus en plus ; un jour il écrivit à l’adjudant général ROZE, qui commandait à CORFOU en l’absence du Général CHABOT, en tournée dans les îles, pour l’inviter à se rendre au bourg de FILIATES où il désirait conférer avec lui. Plein de confiance dans l’amitié qu’ALI lui avait toujours témoignée, ROZE s’y rendit, mais, saisi et garroté, il fut jeté dans un cachot infect et obscur.

N’ayant pu obtenir de cet officier les renseignements qu’il désirait savoir sur nos positions à BUTRINTO et NICOPOLIS, ALI invita le 13 octobre le commandant du fort de BUTRINTO à se rendre au bourg de CALISPOLIS pour y traiter d’affaires intéressant la division. Sans méfiance, le commandant du fort ordonna à M. de STEIL, sous-lieutenant à la 79e, de se rendre au lieu indiqué ; en arrivant à CALISPOLIS, l’officier français fut retenu prisonnier et conduit à JANINA comme esclave. Après avoir été jeté dans un cachot et fort maltraité parce qu’il ne voulait pas donner au pacha les renseignements que ce dernier désirait connaître, le sous-lieutenant STEIL fut ramené à CORFOU et échangé le 20 décembre suivant.

Le 17 octobre, les turco-albanais s’emparèrent pendant la nuit de toutes les hauteurs qui environnaient le fort de BUTRINTO ; aussitôt informé de ce qui se passait, le général CHABOT envoya A. PETIT, chef de bataillon de la 79e, avec deux compagnies de grenadiers et un détachement de Sapeurs.

COMBAT DE BUTRINTO (18 octobre 1798)

Le lendemain, le commandant de ces troupes de renfort attaqua l’ennemi et réussit à la débusquer de ses positions ; mais une centaine de turcs s’étaient retranchés dans la vieille tour de JACCO, il fut impossible de les en chasser. Le chef de bataillon PETIT demanda du renfort avec du canon. Le Général CHABOT, désirant juger par lui même de l’importance de ce combat, lui accorda ce renfort et se rendit lui même sur place ; mais dans l’intervalle, l’ennemi s’était considérablement renforcé et, se rendant compte du petit nombre de nos soldats, il attaqua notre ligne avec furie dans la journée du 19. Obligés de céder au nombre et pour ne pas se laisser envelopper, les grenadiers de la 79e reculent lentement lorsque, tout à coup, on apercevait le Général CHABOT qui, entouré par les turcs, va être pris et massacré ; un peloton se précipita sur l’ennemi et ramène le Général sain et sauf. Le 20 au matin, CHABOT recommença l’attaque, mais malgré les prodiges de valeur des grenadiers, l’ennemi se battant aussi vaillamment que les nôtres, la position ne put être investie. La 79e avait fait des pertes sensibles et le Général CHABOT ordonna la retraite. Le 25 octobre, la place de CORFOU était déclarée en état de siège ; le fort de BUTRINTO avait dû être évacué et, quelques jours après, le Capitaine MILLET, de la 79e, arriva à CORFOU avec la garnison de l’île d’ITHAQUE.

COMBAT DU MANDUCCHIO

Le 2 novembre, 1200 rebelles prirent les armes contre nous, conduits par quelques nobles corsiotes partisans de la Russie. Aussitôt le Général CHABOT sortit de la place avec 800 hommes et une pièce de canon pour les chasser des hauteurs environnantes, mais ils résistèrent ; les grenadiers de la 79e les bousculèrent pourtant et brûlèrent les maisons dans lesquelles ils s’étaient retranchés.

Le même jour, un détachement de 15 hommes stationné au village de LEBENIZZE pour y surveiller la monture du grain fut entouré de plus de 150 grecs qui voulurent lui faire rendre les armes, mais ni le nombre, ni les menaces n’effrayèrent les quinze braves de la 79e. Le Sergent BESSON, qui les commandait, se fit remarquer par son sang froid et son éloquence martiale ; il engagea le feu et en imposa si bien aux grecs par son attitude et sa résolution qu’ils n’osèrent fondre sur lui et lui ouvrirent un passage. il eut la gloire de rentrer à CORFOU sans avoir perdu un seul homme.

BLOCUS DE CORFOU (4 novembre 1798)

Le 4 novembre dans l’après-midi, on signala six gros bâtiments de guerre ; le lendemain, quatre d’entre eux, dont un vaisseau russe, une frégate russe et deux caravelles turques, vinrent se placer en avant de l’ile de la PAIX où ils mouillèrent, les deux autres bâtiments s’étaient placés vis-à-vis du village de LEBENIZZE.

A 3 h GO de l’après-midi, le Vice-Amiral russe OUCHAKOW fit sommer le Général CHABOT de rendre CORFOU.

Le Général répondit qu’une place aussi importante que CORFOU ne pouvait se rendre sans avoir été méritée. La garnison comprenait alors 1 800 hommes.

Le 25 novembre au matin, les russes se portèrent sur le mont OLIVETTE, soutenu par de l’artillerie et par une forte troupe d’insulaires, ils firent feu pendant une partie de la journée sur plusieurs de nos bâtiments mouillés au bas du fort NEUF.

Le lendemain, avant le jour, le Général fit sortir 300 hommes d’infanterie et une pièce de canon de bataille, pour chasser l’ennemi du mont OLIVETTE ; cette sortie était commandée par le Capitaine GROUVEL, son aide de camp.

Malgré une habile manoeuvre cette sortie échoua et ils durent battre en retraite. Dans la nuit suivante, les russes établirent sur le mont OLIVETTE une batterie de gros canons et obusiers et construisirent des retranchements pour se mettre à l’abri d’une nouvelle attaque.

Le 27 novembre au matin, ils ouvrirent un feu très vif et bombardèrent les forts NEUF et ABRAMAR ainsi que la ville de CORFOU ; le lendemain, une autre batterie russe fut établie près du couvent de ST PANTALEON sur les hauteurs de CASTRATI.

Le 1er décembre 600 hommes de la 79e et 2 bouches à feu, reçurent l’ordre d’attaquer cette batterie. Le succès fut complet, et après une courte fusillade le sous lieutenant NAZAL, les sergents BESSON et ANCELET, le caporal LAMASSE, sautèrent tous les quatre ensemble dans la batterie et s’emparèrent d’un drapeau, de 17 russes dont un officier et de trois bouches à feu.

On prit également quelques boeufs ou chevaux et 200 moutons qui furent d’une grande utilité pour nos soldats malades.

Le Général CHABOT, voulant profiter de l’ardeur des troupes, ordonna au chef de bataillon TREBOUTE de s’emparer de la batterie du mont OLIVETTE.

Une attaque prématurée de l’avant garde compromit tout et nous enleva le bénéfice de la surprise. L’attaque devint meurtrière ; les batteries russes tirant à mitraille nous tuèrent plusieurs braves dont la marche glorieuse ne fit qu’exalter le courage des autres soldats de la 79e. Ceux-ci franchirent bientôt la cime du mont et grimpèrent par les embrasures de la batterie d’où les ennemis faisaient voler sur eux une grêle de balles. Déjà les russes enclouaient leurs bouches à feu et se disposaient à évacuer le plateau lorsque des renforts leur arrivèrent et le chef de bataillon TREBOUTE dut ordonner la retraite.

Les troupes rentrèrent à CORFOU à 4 h 00 de l’après-midi; cette affaire glorieuse coûta 60 hommes à la 79e demi-brigade.

Le 14 décembre, la compagnie de partisans du Capitaine MAFFRAND fait une sortie dans laquelle elle s’empare d’un drapeau albanais.

Le 3 janvier 1799, nouvelle sortie de 500 hommes et 2 bouches à feu, dans laquelle la 79e prend encore un drapeau aux turco-albanais.

Le 10 février au matin, 600 hommes de la 79e et 3 bouches à feu repoussent les turco-albanais jusque sur les hauteurs de SAINT PANTALEON mais, trop peu nombreux, ils ne peuvent aller plus loin et sont obligés de battre en retraite pendant laquelle le grenadier CALMIN eut la gloire de tuer le BOUYOUK-BACHI, ou capitaine, commandant les turcs.

Le 2 mars à 8 h 00 du matin, les russes et les turcs attaquèrent de toute part l’île de la PAIX et s’en emparèrent après une canonnade épouvantable : le Capitaine LACROIX fut massacré dès le début de l’action ; un certain nombre de soldats français ayant vu les albanais couper la tête à des prisonniers et voulant échapper à ce triste sort se jetèrent à la mer où plusieurs périrent.

Les russes, également révoltés par les actes barbares que leurs alliés commettaient devant eux, se formèrent en bataillon carré au milieu de l’île et tous les français qui purent s’y réfugier furent sauvés ; la plupart furent impitoyablement massacrés par les turco-albanais et leurs têtes portées à CADIR-BEY, Vice Amiral turc. Des officiers, des soldats et des matelots russes sauvèrent la vie à plusieurs soldats de la 79e en les rachetant aux turcs.

Ce désastre nous enleva près de 600 hommes.

Pendant que les cinq compagnies du 2e bataillon qui occupait l’île de la PAIX succombaient sous l’attaque irrésistible des russes et des turcs, le fort SAINT SAUVEUR subissait un terrible assaut. Elevé sur une hauteur très voisine de CORFOU, commandant la ville entière et sa rade, ce point important était considéré comme la clef de la position; c’est en vain que 300 russes et 6000 albanais donnèrent plusieurs assauts, ils furent chaque fois repoussés avec une incomparable énergie laissant, en battant en retraite, les fossés du fort remplis de leurs morts et de leurs blessés.

La garnison peu nombreuse, 200 hommes sous le commandement du chef de bataillon DUFOUR, les tient en échec jusqu’à la nuit ; mais, pour ne pas compromettre la sûreté d’une centaine de combattants qui occupaient les ruines du fort SAINT SAUVEUR le Général CHABOT ordonna son évacuation durant la nuit après avoir mis l’artillerie hors d’état de servir. Nombreux furent les actes de bravoure individuelle dans cette affaire. Le Commandant DUFOUR signalait les braves au Général CHABOT: le Capitaine MAFFRAND, le Capitaine Quartier-Maître Trésorier LANDRAGUIN, le Sous-Lieutenant CHOQUET, le Sergent-Major PALANCHON, les Sergents FAYOLLE et GOUDEMAN? les Caporaux DELACOUDRE et RASSEPAIL, le Grenadier CALMIN.

Le 2 mars 1799 au matin, le Général CHABOT envoya son aide de camp GROUVEL auprès du Vice-Amiral OUCHAKOW pour proposer une suspension d’armes de 48 h qui fut acceptée.

La capitulation de CORFOU fut ensuite rédigée dans les trois langues ; française, russe et grecque. Cette capitulation accorda les honneurs militaires et le rapatriement à TOULON.

Le 5 mars, à midi, la garnison défila tambours battants, drapeaux déployés, devant les troupes russes et déposa les armes.

La place de CORFOU avait résisté héroïquement pendant 6 mois aux efforts combinés des russes et des turco-albanais ; l’effectif des troupes valides, tant dans la place que dans les forts, ne s’élevait pas à plus de 800 hommes épuisés et fatigués.

Conformément à la capitulation signée le 3 mars 1799, la garnison fut transportée par la flotte ennemie sur les côtes de France.

Le 16 avril, deux bâtiments russes débarquèrent 600 hommes à SAINT TROPEZ ; à la fin du même mois, une corvette et un brick amenèrent d’autres hommes de la 79e à LIVOURNE et à ANCONE avec le Général CHABOT.

A peine débarquées, 3 compagnies, sous les ordres du Général ROGUET, furent envoyées dans la rivière du PONENT pour combattre les Barbets (brigands) ; elles y restèrent trois mois et rejoignirent le reste de la 79e que son Chef GODART était en train de réorganiser à LYON.
La demi brigade quitta bientôt cette ville pour aller à PARIS où elle arriva le 7 août.

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1798 - Campagne d’Egypte

L’AUTRICHE était à peine vaincue que déjà on songeait à une expédition nouvelle. L’Angleterre ennemie acharnée de la France, était la puissance que le gouvernement songeait à frapper. On forma une année dite d’Angleterre et la 4e Demi Légère, en garnison à VIENNE, fut désignée pour en faire partie.

BONAPARTE, Général en Chef de la dite armée, méditait la conquête de l’Égypte, il fit adopter ses idées par le Directoire et l’Armée d’Angleterre devint l’armée d’Égypte. TOULON, GENES, AJACCIO et CIVITA-VECCHIA furent désignés comme points d’embarquement. La 4e Demi Légère quitta donc VIENNE au mois de Mars et se rendit à AJACCIO.

Le 15 mai, elle s’embarquait et voguait vers l’Égypte sous les ordres du Général VAUBOIS, du Chef de Demi Brigade DESTAING, le même que nous avons vu blessé en Italie à l’affaire LONATO.

Arrivé devant l’île de MALTE le 9 juin, le corps expéditionnaire fit halte. Le Général en Chef voulait s’emparer de cette île où dominait l’influence anglaise.

La 4e Demi Légère fut désignée pour faire partie du corps de débarquement. Le 10, LAVALETTE, capitale de l’île, fut investie et toutes les sorties repoussées. Le Grand Maître de l’Ordre des Chevaliers capitula le lendemain 11. BONAPARTE laissa une garnison dans l’île, mais la 4. Légère fut rembarquée et suivit la flotte en Egypte sous les ordres du Général de Brigade MARMONT.

Le 1er juillet, on arriva devant ALEXANDRIE. La 4e Demi Légère fit partie des 4 à 5 000 hommes débarqués les premiers en Egypte sous les ordres de BONAPARTE lui-même. Le 2 juillet, cette petite troupe divisée on 3 colonnes enlevait ALEXANDRIE d’assaut (la 4e Demi Légère, commandée par MARMONT, enfonça à coups de hache la porte de ROSETTE (Pascal) Bulletin de la Grande Armée). Quand BONAPARTE se dirigea sur le CAIRE, 2 bataillons du 4e Léger restèrent à ALEXANDRIE sous les ordres de MARMONT; quant au 1e Bataillon, il assista à la bataille des PYRAMIDES et prit part à l’expédition de SYRIE ; il figura par conséquent à la bataille du MONT-THABOR (16 avril 1799) où 6 000 fantassins détruisirent une armée de 30 000 Musulmans; ainsi qu’au siège de ST JEAN D’ACRE.

1799

Attaquée par la peste, l’Armée revint en EGYPTE (Mai 1799).

En juillet, une armée turque levée sous les instigations de l’Angleterre débarqua à ABOUKIR. BONAPARTE, avec 6 000 hommes de la garnison d’ALEXANDRIE, où était revenu prendre position la 4. Demi Légère, attaqua les 20 000 turcs à ABOUKIR et les battit complètement. LANNES, MURAT, KLEBER, DESTAING, l’ancien Colonel de la 4e Demi Légère, conduisirent les troupes françaises.

La conduite de ces troupes fut si admirable que KLEBER, dans son enthousiasme, s’écria on s’adressant au Général en Chef: “Général, vous êtes grand comme le monde.”

La 4e Demi Légère put inscrire la bataille d’ABOUKIR sur son drapeau à côté de celle des PYRAMIDES et du MONT-THABOR. 

JOURNEE DU 18 BRUMAIRE (9 novembre 1799)

Arrivée à PARIS, la 79e demi-brigade fit partie de la 17e division militaire. Ses trois bataillons, dont l’effectif total était de 1659 hommes dont 99 officiers furent logés : 1er bataillon rue Verte, le 2e à la caserne de la Pépinière, le 3e à la caserne de la Nouvelle France.

A peine installée, la demi-brigade eut à fournir une foule de détachements dont la force variait de 70 à 80 hommes ; les plus importants furent envoyés à ORLEANS, RAMBOUILLET, MEAUX, MELUN, VERSAILLES et dans toutes les localités autour de PARIS. Les troupes disponibles étaient en effet sur les frontières et ces petits postes détachés jouaient le rôle de nos brigades de gendarmerie actuelles. La 79e, sous la direction de son Chef GODART, venait d’achever sa réorganisation; habillée de neuf, complètement armée et équipée, elle était de nouveau prête à entrer en campagne, lorsque, le 16 octobre, on apprit l’arrivée du Général BONAPARTE qui rentrait d’EGYPTE.

Ce retour inattendu excita dans la capitale un enthousiasme universel; à peine arrivé, le Général passa en revue les troupes qui formaient la garnison; ce fut pour la 79e demi-brigade l’occasion de se faire remarquer et de recevoir de BONAPARTE les félicitations pour sa belle tenue et sa discipline.

Le 18 brumaire, GODART reçut l’ordre d’envoyer un bataillon à SAINT CLOUD ; ce bataillon arriva au conseil des CINQ CENTS au moment où ARENA voulait poignarder BONAPARTE. Il entra dans la salle du Conseil ses tambours battant la charge.

Le 12 décembre, la 79e reçut par incorporation le 1er bataillon auxiliaire d’Eure-et-Loire et, le 29 du même mois, arriva l’ordre d’envoyer la demi-brigade dans l’Ouest. 

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