Analyse du discours de Latran (Nicolas Sarkozy le 20 décembre 2007) (1/3)
La basilique Saint-Jean-de-Latran est l’église cathédrale de l’évêque de Rome : le pape. Comme toutes les cathédrales, il peut y avoir des prêtres, réunis en chapitre, qui assistent l’évêque du lieu. Ils portent souvent le titre de chanoines.
A la suite des services rendus au pape, le roi de France a reçu le titre de « premier et unique chanoine honoraire de la basilique". Ce titre a ensuite été porté par les rois puis chefs d’État français.
Le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy, président de la République, est allé recevoir son titre, et il a prononcé, devant un parterre d’ecclésiastiques ravis, un discours célébrant les liens entre l’Église catholique et la France.
J’avais rédigé fin 2007 début 2008, puis republié en 2010, sur un autre blog et sous pseudonyme, une analyse de ce discours, sans d’ailleurs connaître à ce moment celle de Jean Baubérot1 assez proche de la mienne.
Je la remets en ligne, en la complétant si besoin est.
Pourquoi la remettre en ligne ? Parce que les énonciations de ce discours sont toujours présentes dans les débats publics et qu’il faut donc encore rappeler leurs faussetés et nocivités !
D’une manière générale, on ne compte plus les stupidités, contresens, omissions des responsables politiques dès lors qu’il s’agit de traiter de la laïcité.
J’ai ajouté quelques notes et des illustrations.
J’ai d’abord lu le texte sur le site de “La France catholique”, journal catho et pas spécialement progressiste. Il est aussi en ligne sur le site de l‘Élysée.
Le Mode l’a également reproduit :
En bleu : le discours prononcé.
En noir : mes observations
En rouge : citations de tiers.
J’y ai trouvé pas mal d’erreurs (ignorance ou mensonge ?) et des omissions (c’est aussi un péché !!)
Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, Chers amis,
Permettez-moi d’adresser mes premières paroles au cardinal Ruini, pour le remercier très chaleureusement de la cérémonie qu’il vient de présider. J’ai été sensible aux prières qu’il a bien voulu offrir pour la France et le bonheur de son peuple. Je veux le remercier également pour l’accueil qu’il m’a réservé dans cette cathédrale de Rome, au sein de son chapitre.
Je vous serais également reconnaissant, Eminence, de bien vouloir transmettre à sa Sainteté Benoît XVI mes sincères remerciements pour l’ouverture de son palais pontifical qui nous permet de nous retrouver ce soir. L’audience que le Saint Père m’a accordée ce matin a été pour moi un moment d’émotion et de très grand intérêt. Je renouvelle au Saint Père l’attachement que je porte à son projet de déplacement en France au deuxième semestre de l’année 2008. En tant que Président de tous les Français, je suis comptable des espoirs que cette perspective suscite chez mes concitoyens catholiques et dans de nombreux diocèses. Quelles que soient les étapes de son séjour, Benoît XVI sera le bienvenu en France.
Benoît XVI envisageait un voyage pastoral, en tant que responsable religieux, ce qui est son droit, et ne devrait concerner le gouvernement français ni plus ni moins que la visite de n’importe quelle personnalité ou célébrité non politique (organisation de la sécurité, etc..). Nicolas Sarkozy cherche à politiser ce voyage et à le récupérer à son profit.
***
En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine d’honneur de cette basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui s’est transmis depuis lors à presque tous les chefs d’Etat français, j’assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Eglise.
Faute grave : le mot Église pour désigner la seule Église catholique n’est employé que par les catholiques, et surtout les plus sectaires. Pour des chrétiens non catholiques (protestants, orthodoxes, etc..) il y a des Églises institutionnelles (dont celle de Rome, une parmi d’autres) et le terme global Église désigne alors l’ensemble des croyants, toutes obédiences confondues. La loi de séparation de 1905 vise les Églises et l’État. C’est la seule terminologie acceptable, surtout dans la bouche d’un président de la République.
Il faut en plus distinguer les relations entre la France (les gouvernements français successifs) d’une part et d’autre part l’ensemble de la catholicité (l’Église catholique), la papauté, etc.. Ce n’est pas la même chose. Les “rois très-chrétiens” de France n’auraient pas supporté qu’on conteste leur foi catholique, mais ils n’ont pas hésité à s’opposer aux papes de Rome (Philippe le Bel et Boniface VIII, le grand schisme d’Occident, le gallicanisme, l’alliance avec les Turcs ottomans, etc..)
C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l‘Eglise. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de l’Europe.
Quand Jean-Paul II était venu en France pour commémorer le baptême de Clovis, les évêques français lui avaient expliqué que l’histoire de France était différente de celle de la Pologne, de la Hongrie, de la Bohême, de la Russie de Kiev, où un prince se convertit au christianisme, convertit son peuple et construit un État avec l’aide de l’Église1, la foi nouvelle ajoutant un ciment idéologique pour la construction de la nation. Ce qui n’empêchera pas d’ailleurs chacune de ces nations d’avoir son histoire propre, son identité, etc.. La France (ou plus exactement la Gaule romaine) était déjà chrétienne quand Clovis s’est converti. Jean-Paul II l’avait compris. Il faudra refaire la leçon au cancre Nicolas Sarkozy, qui ne connaît même pas les faits.
1Au sens de l’Église de Rome, encore unie sur les bases du concile de Chalcédoine (note 2026)
Clovis ne fut pas le premier souverain chrétien, il y eut des empereurs romains chrétiens avant lui (Constantin, etc..) ; les souverains qui se partageaient la Gaule romaine à son avènement étaient aussi chrétiens. Le premier royaume chrétien au monde fut l’Arménie !!
Cette conversion est aussi une alliance politique et une bonne affaire pour les deux parties :
Les évêques gallo-romains (le pape de Rome avait d’autres chats - ostrogoths et romains d’Orient - à fouetter) ont préféré un prince païen (donc convertissable au catholicisme) à d’autres princes déjà chrétiens, mais d’obédience arianiste1. Clovis, en se convertissant, obtenait l’appui de l’Église (d’obédience romaine) en Gaule romaine, qui restait la seule force structurée, on dirait de nos jours le seul “réseau d’influence” digne de ce nom.
Cette alliance politico-religieuse a eu certes des conséquences importantes sur l’histoire de France, mais c’est présomptueux (chauvinisme à la Guaino2 ?) de croire que ça a influencé la christianisation de l’Europe. L’Italie, la Grèce et l’Espagne sont déjà chrétiennes, l’Europe orientale sera évangélisée par les Grecs Cyrille et Méthode. Les moines irlandais joueront aussi un rôle important. Restent les conversions forcées des Saxons par Charlemagne, pas de quoi se vanter.
A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l’occasion de manifester la profondeur de l’attachement qui les liait à l’Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas de la conquête par Pépin le Bref des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique.
A peu près exact, mais cela se fit aux dépends des Lombards et du Basileus de Constantinople. Les États de l’Église (Patrimoine de Saint-Pierre et soi-disant “donation de Constantin”) firent des papes des souverains temporels, pas meilleurs que les autres. Ils s’accrochèrent ensuite à ce patrimoine, contre la volonté du peuple italien. Quant à la plus ancienne représentation diplomatique, c’est tout simplement aussi parce qu’il n’y en avait pas d’autres possibles à cette époque, notamment parce que les grands empires de l’époque (Chine, Perse, etc..) ignoraient même où pouvait se trouver le royaume des Francs. Restons humbles !!
Au-delà de ces faits historiques, c’est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes.
Il y aurait beaucoup à dire, même en se limitant à l’époque médiévale. Il ne s’agit pas de nier l’importance du christianisme (à ne pas confondre avec l’Église catholique dans la construction de la société française) mais c’est abusif de presque tout ramener aux racines chrétiennes :
Notre droit était coutumier (germanique) au Nord, écrit d’inspiration romaine au Sud. Rien à voir avec le christianisme. Ce n’est que très récemment qu’on a mis l’accent sur les racines chrétiennes (ou judéo-chrétiennes) de la civilisation occidentale. Avant, depuis la Renaissance, on privilégiait l’influence gréco-romaine. Pourquoi ?
Nos racines sont aussi païennes (Combien de cultes gaulois recouverts d’un vernis chrétien ?) Comment occulter l’utilisation de la mythologie gréco-romaine dans la culture française, les influences judéo-musulmanes (l’Andalousie), toutes celles indépendantes de toute religion, du Quadrocento et de la Renaissance italienne (Ah, Chambord !! ) aux multiples influences anglo-saxonnes ?
Et si la France n’est pas l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, autres pays chrétiens, c’est bien parce que nos racines ne sont pas que chrétiennes.
1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Arianisme note 2026
2 Notes 2026 : En réalité, c’est Emmanuelle Mignon l’autrice de ce texte
Henri Guaino est l’auteur du « Discours de Dakar », prononcé quelques mois auparavant, qui avait heurté les Africains.
Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle et morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld.
Cocorico, c’est sympa pour les autres peuples ! A écouter Nicolas Sarkozy, on finirait pas croire que Jésus et ses apôtres sont français. Eh non !!
Benoît (les bénédictins) et Thomas d’Aquin sont italiens, Ignace de Loyola (les jésuites) espagnol, etc..
Et certains exemples de gloires nationales sont contestables : les discours de Bernard de Clairvaux sont dans le même registre que ceux de Ben Laden et Pat Roberson aujourd’hui. Saint Louis a deux croisades à son actif, ce sont des guerres d’agression et pour la dernière, il fut manipulé au service des ambitions territoriales de son frère Charles d’Anjou. Il est aussi le premier roi de France à avoir persécuté systématiquement les juifs. Charles de Foucauld rêvait de convertir les musulmans par la force, à tel point que Lyautey, par conviction et réalisme politique, lui interdit de s’installer au Maroc.
Contribution littéraire et artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Jacques Bénigne Bossuet, Jacques Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, René Girard…
Artistes et écrivains cités.
Et il y a aussi confusion entre christianisme et catholicisme : l’oubli de Jean Calvin est révélateur. Quant à Pascal, il était janséniste, donc hérétique… Bernanos et Mauriac ont su, et c’est tout à leur honneur, se démarquer de la politique officielle de leur gouvernement (la décolonisation pour Mauriac) ou de leur Église (la guerre d’Espagne pour Bernanos).
Qu’il me soit permis de mentionner également l’apport déterminant de la France à l’archéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi qu’à l’exégèse biblique, avec en particulier l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.
Un croyant a parfaitement le droit d’employer le terme de “Terre sainte”, pas un président d’une république laïque.
Je veux aussi évoquer parmi vous ce soir la figure du cardinal Jean-Marie Lustiger qui nous a quittés cet été. Son rayonnement et son influence ont eux aussi très largement dépassé les frontières de la France. J’ai tenu à participer à ses obsèques car aucun Français n’est resté indifférent au témoignage de sa vie, à la force de ses écrits, au mystère de sa conversion. Pour tous les catholiques, sa disparition a représenté une grande peine. Debout à côté de son cercueil, j’ai vu défilé ses frères dans l’épiscopat et les nombreux prêtres de son diocèse, et j’ai été touché par l’émotion qui se lisait sur le visage de chacun.
Bateau !! A tout enterrement, les amis du défunt viennent et sont émus. Ceux dont “Lulu” avait écrasé les pieds ne sont pas venus. C’est vrai qu’il avait souvent des méthodes sarkozystes avant la lettre et cet hommage est probablement sincère. Mais là encore, il y a dérapage verbal : la libre conversion d’un homme ou d’une femme à une religion est un acte respectable, qui ressort de la liberté individuelle, mais n’a pas à être qualifié de mystère. Dira-t-il la même chose pour Maurice Béjart, converti à l’islam ??
***
Cette profondeur de l’inscription du christianisme dans notre histoire et dans notre culture, se manifeste ici à Rome par la présence jamais interrompue de Français au sein de la Curie, aux responsabilités les plus éminentes. Je veux saluer ce soir le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard, le cardinal Tauran, Monseigneur Mamberti, dont l’action honore la France.
Les Italiens sont sur-représentés et les pays du sud sous-représentés à la Curie et dans le collège électoral, par rapport à leur population catholique1. Nicolas Sarkozy veut-il créer un lobby français à la Curie ? Il ferait mieux d’en créer un à Bruxelles !!
Et Nicolas Sarkozy a au moins un métro de retard :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-dian/dian001-2006.asp (Christine Boutin en est l’un des auteurs !!)
L’influence de la France en diminution.
Certes de hauts dignitaires français étaient présents à la Curie romaine jusqu’à la mort de Jean-Paul II (le cardinal Etchegaray, ancien Président des Conseils Pontificaux “Justice et Paix” et “Cor Unum”, ancien Président du Comité du Jubilé de l’An 2000 ; le cardinal Paul Poupard, Président du Conseil Pontifical pour la Culture). Trois Français ont été créés cardinaux par le Pape le 21 octobre 2003 : Mgr Jean- Louis Tauran, ancien Secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Bernard Panafieu, Archevêque de Marseille, et Mgr Philippe Barbarin, Archevêque de Lyon. Les prochaines nominations ne devraient concerner que deux français au maximum dont le nouvel Archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, et peut-être l’Archevêque de Bordeaux, Président de la conférence des évêques de France, Mgr Jean-Pierre.
L’influence française est cependant moindre depuis que le Cardinal Jean-Louis Tauran a quitté ses fonctions de Secrétaire pour les Relations avec les Etats en octobre 2003 pour devenir archiviste bibliothécaire de la Sainte Eglise. Il n’y a plus ainsi de prélats français à des postes stratégiques dans la Curie romaine. De plus, le Cardinal Paul Poupard devrait bientôt quitter ses fonctions en raison de la limite d’âge.
Abordant la question de la francophonie, le Cardinal Paul Poupard a fait part du recul de notre langue comme instrument diplomatique de travail dans les conférences internationales et de l’influence de plus en plus soutenue de l’anglais et de l’italien. Depuis que l’italien est devenu la langue officielle de l’Etat du Vatican en remplacement du latin, une grande partie des études dans les universités pontificales s’effectue en italien ou en anglais (Académie des Sciences). Dans les réunions d’évêques, le français et l’allemand reculent au profit de l’italien à Rome et de l’anglais dans un autre pays.
Rappelant que chaque langue véhicule ses valeurs et son état d’esprit, le Cardinal Paul Poupard a alors plaidé pour :
- une publication des documents écrits dans les grandes langues de l’Eglise catholique (allemand, anglais, espagnol, français et italien) ;
- le système qui permet à chacun de s’exprimer dans sa langue maternelle ou dans une de ces grandes langues, ce qui oblige à une meilleure connaissance mutuelle des langues étrangères et permet de préserver la diversité culturelle, comme le préconise la Charte sur la diversité culturelle.
Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n’est pas rien. C’est la cathédrale du Pape, c’est la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », c’est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l’Eglise catholique par ce titre symbolique, c’est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme.
Cette dignité de “chanoine honoraire” date d’Henri IV, pour le remercier d’une donation d’abbaye. Quand on connaît la profondeur des sentiments catholiques d’Henri IV (”Paris vaut bien une messe”), on reste interloqué par cette réécriture de l’histoire.
1 Note 2026 : la composition du « Sacré Collège » a évolué depuis :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Composition_actuelle_du_Coll%C3%A8ge_cardinalice
Et c’est donc tout naturellement, comme le Général de Gaulle, comme Valéry Giscard d’Estaing, et plus récemment Jacques Chirac, que je suis venu m’inscrire avec bonheur dans cette tradition.
***
Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays. Je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905.
Le combat laïque a aussi été un combat :
pour la défense de la République, l’Église catholique soutenant les royalistes,
pour la liberté de conscience (condamnée par Pie IX dans le “Syllabus),
(Divisé en dix chapitres, le Syllabus condamnait : 1. le panthéisme, le naturalisme et le rationalisme absolu ; 2. le rationalisme modéré ; 3. l’indifférentisme, qui considère que toutes les religions se valent ; 4. le communisme, les sociétés secrètes et les sociétés bibliques protestantes ; 5. des erreurs concernant l’Église et ses droits ; 6. des erreurs concernant la société civile et ses relations avec l’Église, entre autres, la séparation de l’Église et de l’État ; 7. des erreurs en matière de morale ; 8. les conceptions erronées sur le mariage chrétien ; 9. le rejet du pouvoir temporel du pape ; 10. des erreurs concernant « le libéralisme moderne », notamment la liberté des cultes)
Même si on peut reprocher beaucoup de choses aux militants laïques de cette époque, nous leur devons une partie de nos libertés (dont celle de divorcer, Monsieur Sarkozy !!). Si l’Église catholique avait eu l’intelligence de ne pas se mêler de la forme du gouvernement, de ne pas donner dans l’antisémitisme, etc.. elle aurait moins souffert.
Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé.
C’était la volonté d’Aristide Briand, son rapporteur, d’en faire un texte de liberté, et c’est un texte de liberté. Par exemple, ce n’est qu’après le vote de cette loi que les évêques français pourront se rencontrer sans demander l’autorisation au gouvernement !! L’Église catholique (Pie X surtout) a refusé la loi, son interprétation était erronée. Les autres Églises, pas moins respectables que la catholique, l’ont ressentie comme un texte de liberté.
Il faut lire la préface de Dominique de Villepin à la publication, en 2004, des textes de références sur la loi de 1905 et sa genèse (Éd. Tempus). C’est nettement plus intelligent, plus cultivé, et il n’y a pas de contresens historiques.
A suivre..
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