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Le blog de François MUNIER

« Palestine 36 ». « Notre histoire ne commence pas avec la Nakba »

14 Janvier 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Palestine, #Proche et Moyen-Orient, #Questions internationales

 « Palestine 36 ». « Notre histoire ne commence pas avec la Nakba »

Annemarie Jacir revient avec son nouveau film Palestine 36 sur un épisode primordial de l’histoire de son pays : la Grande révolte de 1936, qui a vu les Palestiniens se soulever à la fois contre le mandat britannique et le projet colonial sioniste. Orient XXI a rencontré la réalisatrice lors de son passage à Paris. Le film sort en salle ce mercredi 14 janvier 2026.

Sarra Grira. — Avant de parler de votre dernier film : le 24 décembre 2025, l’acteur et réalisateur palestinien Mohammad Bakri est décédé. Vous aviez travaillé avec lui dans Wajib (Le devoir), en 2017, et vous continuez à travailler avec ses enfants, notamment son fils aîné Saleh.

Annemarie Jacir. — Paix à son âme. Dès mes débuts en tant que réalisatrice, j’ai travaillé avec Saleh sur le film Le Sel de la mer1. Lui-même débutait sa carrière d’acteur. Nous avons continué à collaborer, et encore aujourd’hui, il joue dans Palestine 36. Dans Wajib, c’était la première fois que le père et le fils jouaient ensemble. Cela a été une expérience magnifique et très émouvante. Je me souviens quand j’ai appelé Mohammad. Le rôle d’Abou Shadi dans le film était très éloigné de sa personnalité. Je lui ai dit : « J’ai pensé à toi pour un rôle, mais il faut qu’on se voie, qu’on parle du film, du scénario. » Il m’a répondu : « J’attendais ton appel depuis des années. Pourquoi as-tu mis aussi longtemps ? »

Durant le tournage, Mohammad a fait preuve d’un professionnalisme et d’une humilité exemplaires. Que ce soit pour les répétitions ou durant le tournage, il arrivait toujours une demi-heure à l’avance. Il prenait son café et attendait, patiemment. Il ne s’est jamais comporté comme une diva, n’a jamais eu des problèmes d’ego. Il a travaillé sans relâche sur son rôle, inspiré du père de mon mari Ossama Bawardi, qui était aussi le producteur du film. Il a passé beaucoup de temps avec lui et avec ses amis à Nazareth, s’imprégnant totalement du personnage et de son univers. Il avait une sorte de curiosité enfantine : il posait beaucoup de questions et voulait tout comprendre.

La disparition de Mohammad Bakri est une grande perte pour le cinéma palestinien, car il a exercé une influence considérable sur toute une génération, la sienne, mais aussi la suivante. Chacun sait qu’il a travaillé avec les Israéliens avant de tourner cette page. Il a payé le prix de cette décision.

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