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Le blog de François MUNIER

La naissance d’Israël, la Convention sur le génocide et les juifs d’Europe (Julien Lumière. Orient XXI)

29 Avril 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Histoire, #Israël, #Questions internationales, #Palestine

Avant de faire du génocide juif la pierre angulaire de son récit national, Israël a manifesté de grandes réticences face à la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, pourtant issue directement de l’assassinat de six millions de juifs en Europe durant la Seconde guerre mondiale. Ses réserves tenaient à la fois aux conditions de naissance de l’État d’Israël, mais également à l’idéologie sioniste elle-même.

Dans l’histoire des juifs européens, 1948 n’est pas seulement une année importante parce que l’État d’Israël y déclare son indépendance le 14 mai. C’est aussi l’année où, le 9 décembre, est signée la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. On la doit à Raphaël Lemkin, juif polonais émigré aux États-Unis pendant la guerre. Il en aura été le principal rédacteur et le promoteur obstiné.

Lemkin n’aurait pas imaginé que le câble qu’il envoya au premier ministre David Ben Gourion, vers le 13 novembre 1949, pour le presser de faire ratifier par Israël la Convention resterait lettre morte. Le texte visait justement à prévenir et punir un crime qui n’avait pas dit son nom dans le jugement prononcé par le tribunal de Nuremberg, où n’avaient été retenues que les notions de crime de guerre et crime contre l’humanité. Le champ d’application de la convention s’inspirait directement des divers types de crimes commis durant la Seconde guerre mondiale. Bien plus, Lemkin la disait écrite « au prix du sang juif » :

La ratification par Israël lors de la présente session de l’Assemblée générale des Nations unies incitera d’autres nations à ratifier cette convention, car celle-ci a été rédigée au prix du sang juif ; la ratification d’Israël servira ainsi de symbole au monde entier, illustrant comment les plus grandes souffrances ont été rachetées par la justice et un nouveau droit international plus humain.1

Mais on ne prit aucune initiative pour accéder à la requête de Lemkin qui put surtout compter sur les Saoudiens et autres diplomates arabes et musulmans pour plaider sa cause. C’est que le silence de Ben Gourion ne manifestait pas seulement son indifférence personnelle au sort des juifs européens : il faisait aussi écho aux réserves des sionistes quant à la signature elle-même de la Convention un an plus tôt.

À rebours du sionisme

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