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Le blog de François MUNIER

Au Soudan, « deux projets qui n’ont rien à voir avec la démocratie » (Augustine Pallily/ Afrique XXI)

29 Septembre 2025 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Afrique, #Soudan, #Afrique du Nord, #Questions internationales

Analyse · Après deux ans et demi de guerre, le Soudan est divisé : l’Ouest est sous le contrôle des Forces de soutien rapide et le reste du pays est aux mains de l’armée. Les deux gouvernements parallèles récemment installés manquent cependant de légitimité, malgré une façade civile.

Costume bleu marine et broche aux couleurs du Soudan, Mohamed Hamdan Dogolo, dit « Hemetti », a prêté serment dimanche 30 août en tant que président du Conseil présidentiel de l’alliance Tasis (« Fondation », en arabe). Il réalise ainsi partiellement la prophétie que certains Soudanais avaient formulée dès les premiers mois après la mise en place du gouvernement dirigé par l’économiste Abdallah Hamdok, au lendemain de la révolution de décembre 2018. « Hemetti deviendra président  », murmuraient dans les rues de Khartoum des citoyens qui avaient finalement renoncé à leurs espoirs de liberté, de paix et de justice.

Au lendemain du renversement du président Omar el-Béchir, à la tête d’une dictature militaro-islamiste vieille de trois décennies, civils et militaires se sont partagé le pouvoir au cours d’une laborieuse transition démocratique. Las, les généraux Abdel Fattah al-Burhane et Hemetti, qui occupaient alors respectivement la présidence et la vice-présidence du Conseil de souveraineté, se sont emparés des rênes de l’État lors du putsch du 25 octobre 2021. Mais l’alliance de circonstance entre le premier, chef des Forces armées soudanaises (FAS), et le second, patron des Forces de soutien rapide (FSR), a volé en éclats, et les deux généraux ont précipité leur pays dans une guerre d’une ampleur inédite depuis l’indépendance, en 1956. 

Après deux ans et demi de combats acharnés, deux gouvernements parallèles se font face. À 800 kilomètres à l’est de Khartoum, Port-Soudan, la principale ouverture maritime de la nation, accueille les autorités pro-armée dites « Amal » (« espoir »). À l’ouest, dans l’immense région du Darfour, le « gouvernement de la paix » de Tasis (qui a salué l’attaque de drones perpétrée le 9 septembre par les FSR contre Khartoum...) est temporairement basé à Nyala, la capitale de l’État du Sud-Darfour. La nomination de trois ministres, aux Affaires étrangères, à l’Intérieur et à la Santé, a pour l’heure été annoncée. Ces deux entités ont pour point commun de réduire les civils à des façades censées conférer un pouvoir politique à des seigneurs de guerre assoiffés de pouvoir ainsi que des richesses dont recèle ce territoire aurifère.

Des civils pris en otages par les deux camps

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