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Le blog de François MUNIER

En nourrissant le sanglier pour leurs battues, les chasseurs ont littéralement multiplié sa population par vingt en 45 ans (Brice L. / Sciencepost)

28 Septembre 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Actualité française, #Environnement, #Nature, #Animaux

Et si le principal artisan de la prolifération du sanglier n’était autre que celui censé réguler ses effectifs ? À l’heure où la saison de chasse reprend ses droits dans les forêts françaises, un chiffre continue de faire tousser jusque dans les rangs des fédérations elles-mêmes : en un peu moins d’un demi-siècle, la population de sangliers a été multipliée par vingt. Un paradoxe vertigineux se dessine alors, car cette explosion démographique n’est pas le fruit du hasard ou d’un simple dérèglement climatique, elle porte la signature d’une pratique bien connue des chasseurs eux-mêmes : le nourrissage artificiel destiné à faciliter les battues.

À retenir
  • L'agrainage, censé faciliter les battues, a offert aux sangliers une nourriture abondante toute l'année, favorisant une reproduction accrue
  • La chasse-gestion, adoptée dans le Grand Est dès 2000, combine nourrissage intensif et limitation du prélèvement des femelles, accentuant la croissance démographique
  • Cette prolifération engendre 80 millions d'euros de dégâts agricoles annuels et multiplie les collisions routières avec les automobilistes

L’agrainage, la pratique qui a changé la donne

Chaque année, des tonnes de maïs et de céréales sont déversées dans les sous-bois, à la lisière des champs, dans des points d’agrainage soigneusement entretenus. Officiellement, il s’agit de détourner les sangliers des cultures voisines et de les fixer sur des zones précises pour faciliter leur prélèvement lors des battues. Dans les faits, cette pratique a profondément modifié le comportement de l’animal, en offrant une ressource alimentaire abondante et disponible toute l’année, indépendamment des aléas naturels comme les glandées ou les faînées.

Ce nourrissage régulier a transformé un animal historiquement soumis aux contraintes de son milieu en une espèce quasiment assistée, capable de se reproduire à un rythme largement supérieur à celui observé dans la nature. Les laies, mieux nourries, atteignent leur maturité sexuelle plus rapidement et produisent des portées plus nombreuses, un mécanisme biologique qui, combiné à une nourriture garantie, a créé les conditions parfaites d’une croissance démographique quasiment exponentielle.

Un cheptel multiplié par vingt, le chiffre qui dérange

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