Un cordon policier prend position, ce 6 mai 2025, à l’entrée de la Dorotheestrasse, la rue de Berlin qui mène au Bundestag. À l’instant, la nouvelle est tombée : le vote de confirmation de Friedrich Merz au poste de chancelier, qui aurait dû n’être qu’une formalité, a échoué à quelques voix près. Contre toute attente, une poignée de députés de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU, la droite chrétienne) et du Parti social-démocrate (SPD) ont refusé de se plier à l’accord de coalition négocié par les deux partis. Un chancelier putatif non validé par sa majorité, c’est du jamais-vu dans l’histoire politique allemande d’après-guerre. Signe d’une certaine fébrilité au sommet, il a suffi de ce petit vent de mauvaise humeur au Bundestag pour rameuter la police, comme si on avait affaire à une tentative de coup d’État.
Les policiers se montrant intraitables, j’appelle le bureau du député d’extrême droite Götz Frömming, avec lequel j’ai rendez-vous. Ce serait dommage de le rater pour si peu. J’ai quelques questions précises à lui poser, en lien avec un sujet aussi crucial que rarement mis sur la table : celui des rapports entre la montée en puissance électorale de l’extrême droite et la normalisation du génocide en cours à Gaza par un pouvoir tout entier dévoué à son alliance indéfectible avec Israël. De quelle façon ces deux réalités sont-elles liées ? Dans quelle mesure s’alimentent-elles mutuellement ?
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