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Le blog de François MUNIER

Gauche, droite, extrêmes, ultras. Les mots justes.

21 Février 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Actualité française

Gauche, droite, extrêmes, ultras. Les mots justes.

Le brouillage des termes (par exemple LFI qualifiée d’extrême-gauche) est volontaire. Ceux qui ont lu « 1984 » de George Orwell savent combien les mots sont importants et comment le détournement de sens favorise les totalitarismes.

Gauche / Droite

Selon Wikipedia, et c’est une bonne première approche :

Deux valeurs fondamentales séparent la gauche de la droite d'un point de vue psychologique :
La gauche prône le progressisme et le changement social, tandis que la droite est en faveur du conservatisme et des traditions.
La gauche cherche à produire une société plus égalitaire, que cette égalité soit économique, politique, ou sociale. La droite va plutôt privilégier la hiérarchie et le mérite.
Ces deux valeurs sont liées du fait que les sociétés traditionnelles ont souvent été très hiérarchiques, et que les révolutions et demandes de progrès social sont souvent motivées par une envie d'égalité.
Il existe d'autres valeurs très importantes sur lesquelles les partis de droite et de gauche se divisent. Certaines d'entre elles sont liées aux deux valeurs précédentes, tandis que d'autres en sont plus éloignées :
La droite prône les valeurs de liberté, de libéralisme économique (liberté d'entreprendre), de propriété privée, d'identité nationale, d'ordre, de sécurité, d'autorité, de justice (pénale), ou de non-intervention de l'État dans l'économie.
La gauche favorise les valeurs de liberté, (libertés fondamentales, libéralisme des mœurs), de solidarité, d'insoumission, de tolérance, de justice (sociale), de nationalisation des biens communs et des services publics, ou de planification de l'économie.
Les valeurs de travail, de justice et de liberté sont plus transversales, même si leur sens peut varier selon ceux qui l'utilisent : par exemple, dans le cas de la notion de Justice, la gauche invoque le plus souvent une notion de « Justice sociale », qui demande plus d'égalité, alors que la droite revendique une « Justice pénale », qui punit les criminels.
Toutes ces valeurs fluctuent généralement dans l'espace et le temps, et il est compliqué de trouver une définition qui fonctionne quels que soient l'époque et le lieu. Par exemple, si la gauche était anticléricale et que la droite soutenait la religion catholique dans la France du XIXe siècle, cette fracture s'est atténuée, voire a disparu, avec le temps. Le nationalisme, un concept clairement de gauche sous la révolution française, est quant à lui passé à droite à la fin du XIXe siècle.

C’est un peu en fonction de ces critères que je continue à me demander pourquoi Marcel Gauchet est classé « à gauche ». Et jusqu’à quand Michel Onfray, Caroline Fourest, Julien Dray continueront à être considérés comme « de gauche ». J’ai aussi beaucoup de questions sur certains dirigeants des « Écologistes » (mais pas Sandrine Rousseau) et du PCF.

« Les extrêmes, c’est mal ! »

Il y a une fausse symétrie.

Gauche / Extrême-gauche.

Le clivage est facile à faire :

La gauche cherche à gagner les élections, pour changer les choses. L’extrême-gauche ne croit pas à cette méthode, pense que seul un mouvement populaire (la grève générale ?) pourra le faire. Les candidatures aux élections sont présentées comme témoignages et moyens de faire connaître les positions de l’organisation. C’est très net dans le cas de « Lutte ouvrière ». On peut classer à l’extrême-gauche, outre LO, le NPA, Révolution permanente, des groupes anarchistes.

LFI, le PCF sont des partis de gauche, qui privilégient la voie électorale, quelle que soit la radicalité (ou pas) de leur programme.

Il ne faut pas perdre de vue que les programme de LFI, du NFP sont beaucoup moins radicaux que ceux du PS, du PCF, de la gauche unie (le programme commun), du candidat Mitterrand de 1981.

Droite/ Extrême-droite

La distinction ne porte pas officiellement sur les moyens (élections ou mouvements sociaux), mais sur les objectifs. Les partis d’E-D se sont officiellement convertis à la voie légale. Il reste toutefois une interrogation sur la réversibilité de la situation. La gauche française unie a pu gagner les élections à la fin du XXème siècle quand elle a convaincu qu’il y aurait toujours un « ticket de retour », qu’elle accepterait de perdre l’élection suivante.

Aujourd’hui, le mouvement MAGA aux États-Unis envisage sérieusement de contourner un rejet populaire à l’occasion des élections de mi-mandat. Certains des projets de révision constitutionnelle du RN auraient le même but.

Cela étant, les objectifs qui distinguent l’extrême-droite de la droite sont les suivants (Wikipedia) :

L'extrême droite est très diverse. Sa définition stricte fait l'objet de débats auprès des historiens et des politologues, mais ses fondements idéologiques reposent principalement sur ces trois points : le rejet de l'immigration, justifié par une vision organiciste de la société, fermée et homogène, définie par la nationalité, l’ethnie ou la rac ; un projet autoritaire qui valorise l'obéissance aux autorités, aux traditions, aux hiérarchies sociales, à rebours des valeurs de la démocratie libérale et de la prééminence du droit; et enfin une rhétorique antisystème portée par un rejet des élites, jugées corrompues, décadentes ou éloignées du peuple.

Pendant des décennies, la droite en France était surtout représentée par le gaullisme et les mouvement qui s’en réclamaient. Or il y avait deux sujets qui séparaient Charles de Gaulle de l’extrême-droite : la collaboration de celle-ci avec les nazis, contre la « France libre » et la guerre d’Algérie, où elle avait tenté de l’assassiner pour faire échouer sa politique. Tout cela semble aujourd’hui périmé, et certains des chefs de partis « gaullistes » n’hésitent pas à reprendre les thèmes et slogans de l’extrême-droite.

Les extrêmes ne sont pas équivalents.

Contrairement à ce que prétend le ministre de l’intérieur, s’il y a un classement à revoir, ce serait à droite, compte tenu du glissement vers l’extrême de LR et de certains des groupes macronistes.

Lutte ouvrière et les groupes d’extrême-gauche ne présentent aucun danger pour la démocratie, ce n’est pas la cas pour les partis d’extrême-droite, qui ont un agenda précis sur ce point.

Et les ultras ?

Le critère est simple : c’est le recours à la violence et pas seulement en cas d’autodéfense. C’est donc une catégorie policière et non de sociologie politique. Et aujourd’hui les actes imputables à l’ultra-gauche sont nettement moins nombreux que ceux imputables à l’ultra-droite.

Élections en France depuis 2017 (1er tour pour les législatives).

Élections en France depuis 2017 (1er tour pour les législatives).

De la nécessité d’une continuité historique.

Laurent Nuñez veut classer LFI comme « extrême-gauche », alors que pour les élections précédentes, elle était classée à gauche, et ses alliances avec d’autres partis de gauche sous le label « Union de la gauche ».

Je sais bien que les clivages politiques évoluent et qu’il ne faut pas par exemple comparer les scores de la gauche de 1924 avec ceux de 1981. Ce n’est pas tout à fait la même gauche, même s’il y a une filiation idéologique.

Mais classer aujourd’hui LFI à l’extrême-gauche, alors que son programme, ses objectifs, etc.. sont les mêmes depuis 10 ans rend impossible toute comparaison des scores électoraux, et ferait passer l’extrême-gauche de moins de 1 % à près de 10 % d’influence électorale, sauf à réécrire le passé, comme dans Orwell.

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