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Le blog de François MUNIER

Génocide contre les Tutsis au Rwanda : l’armée ne doit pas être le pare-balles de décisions politiques (Guillaume Ancel, Patrick de Saint-Exupéry)

2 Octobre 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Questions internationales, #Afrique, #Rwanda

Génocide contre les Tutsis au Rwanda : l’armée ne doit pas être le pare-balles de décisions politiques (Guillaume Ancel,  Patrick de Saint-Exupéry)

Dans une interview publiée le 18 septembre dans le Figaro, le général Lafourcade, commandant de l’opération Turquoise déployée en juin 1994 pendant le génocide contre les Tutsis au Rwanda, se livre à une étonnante manœuvre que l’on pourrait qualifier de renversement de l’histoire.

Prenant appui sur une décision de la Cour de cassation, qui confirme un non-lieu en faveur de 22 militaires français accusés de « complicité de génocide » par les associations Ibuka, Licra, Survie, FIDH et LIDH, le général Lafourcade exprime sa « très grande satisfaction » d’être relaxé. « Cet arrêt restera dans l’histoire », affirme-t-il.       

Premier biais : un non-lieu n’est pas une relaxe. Un non-lieu est prononcé lorsque les preuves ou les indices recueillis ne sont pas jugés assez solides ou nombreux pour renvoyer le ou les mis en cause devant un tribunal. Autrement dit, un non-lieu ne dit rien du fond. Si de nouveaux éléments apparaissent, l’instruction peut être rouverte.

Deuxième biais : « l’histoire » est déjà dite, ce que le général Lafourcade semble ignorer. La commission d’historiens, connue sous le nom de commission Duclert, réunie à la demande du Président de la République, chef des armées, a rendu en 2021 un rapport fondé sur des milliers de documents classifiés aux conclusions claires et nettes.

Dans le cas précis examiné par la cour de cassation, le rapport Duclert cingle « un échec » de l’armée française : « Face à l’objectif (de l’opération Turquoise, NDLR) de sauver les victimes du massacre, Bisesero est à la fois un échec et un drame ». Sur ces collines du Rwanda, trois jours durant, des centaines de Tutsis pourchassés par les tueurs du génocide furent livrés à eux-mêmes alors qu’un commando de l’air, le CPA10, mené par le lieutenant-colonel Jean-Rémy Duval, avait signalé « une situation d’urgence qui débouchera sur une extermination ».

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