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Le blog de François MUNIER

Recyclage des déchets : un système miné par les conflits d’intérêts (Olivier Guichardaz / Alternatives économiques)

11 Septembre 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Actualité française, #Environnement

Censés faire payer les fabricants pour la collecte et le recyclage de leurs produits usagés, les éco-organismes leur sont en réalité largement assujettis. Avec une certaine complaisance des pouvoirs publics.

La France est paraît-il championne du monde des filières de « responsabilité élargie des producteurs » (dites « filières de REP »), ces dispositifs censés inciter à trier, réemployer et recycler nos déchets. On compte une vingtaine de filières en activité : pour les emballages, les équipements électriques et électroniques, le mobilier, les produits et matériaux de construction du bâtiment, les textiles et chaussures, les articles de sport et de loisirs, ceux de bricolage et de jardin, les piles et batteries, etc.

Mais les résultats sont-ils à la hauteur ? Pas vraiment. Par exemple, la filière emballages ménagers n’atteint pas ses objectifs de couverture des coûts supportés par les collectivités territoriales. Celle des équipements électriques et électroniques n’atteint pas ses objectifs de collecte. La filière des textiles et celle des produits du bâtiment non plus. Les résultats pourraient donc être meilleurs, sans nécessairement créer de nouvelles filières mais en faisant mieux fonctionner celles existantes.

Le mécanisme de la responsabilité élargie des producteurs a été imaginé au début des années 1990 par des économistes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 

Le principe est que pour financer la collecte, le tri, le réemploi et/ou le recyclage de produits en fin de vie, ou au pire leur élimination (enfouissement, incinération), le plus efficace sur le plan économique et environnemental est de faire payer ceux qui en sont à l’origine (les « metteurs en marché », dans le jargon des spécialistes). 

Car s’ils doivent supporter ces coûts, ils seront « naturellement » – c’est en tout cas la théorie – incités à les minimiser, et donc à faire le nécessaire pour éco-concevoir leurs produits, c’est-à-dire à faire en sorte qu’ils consomment moins de matière, qu’ils utilisent des matières plus facilement recyclables, qu’ils limitent l’usage de matières polluantes ou complexes à traiter ou à recycler, qu’ils soient plus aisément réparables ou réemployables, etc.

Les économistes résument cela en une formule : « internaliser les externalités négatives ». Autrement dit, intégrer, dans le prix du produit, le coût des dommages environnementaux qu’il causera en fin de vie, dans le but que les producteurs, « naturellement », limitent ces coûts. La REP est ainsi une déclinaison du principe pollueur-payeur, mais appliqué à la fin de vie des produits.

Sur le papier, la REP est donc un outil assez simple et potentiellement très efficace. Dans les faits, c’est un peu plus complexe et les résultats médiocres de la France en la matière en sont une forme de démonstration.

En pratique, pour chaque produit soumis à la REP, les metteurs en marché (producteurs, importateurs ou distributeurs) payent à un « éco-organisme » une somme appelée « éco-contribution ». Son montant peut aller, selon le type de produit, de quelques fractions de centime à quelques euros. Et avec les sommes récoltées, les éco-organismes versent aux collectivités, aux opérateurs de traitement, à ceux de réemploi ou de réparation des « soutiens » (des aides) pour la collecte sélective, le tri, le recyclage, la réparation, le réemploi, etc.

Pollueurs-décideurs

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