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Le blog de François MUNIER

Préfet des Vosges : de l'eau pour arroser les golfs, mais pas pour un jardin botanique unique

22 Août 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Bêtisier, #Environnement, #Vosges, #Lorraine, #Grand Est, #Diaporamas

Capture d'écran. Est Républicain 22/08/2026

Capture d'écran. Est Républicain 22/08/2026

Arrosage : dérogations pour les golfs, pas pour le jardin du Haut-Chitelet

Le jardin d’altitude du Haut-Chitelet s'est vu refuser par la préfecture des Vosges deux dérogations pour arroser ses plantes et assurer leur pérennité, dont certaines font partie d'un programme national de sauvegarde. A l'heure où les golfs du département sont autorisés à tirer 350 m³ d'eau par semaine, cette décision suscite l’incompréhension.

La guerre de 1'eau a-t-elle commencé ? C'est la question que se pose Jonathan Collet, responsable des collections botaniques au jardin d'altitude du Haut-Chitelet et qui, faute d'eau. craint de voir disparaître certaines des espèces les plus emblématiques de cet espace.

Implanté en contrebas de la route des Crêtes, à plus de 1200 mètres d'altitude, ce jardin abrite 2 600 espèces. Pour beaucoup, des espèces protégées et menacées, comme la saxifrage œil-de-bouc ou la pulsatille d'Autriche.

Mais voilà, ces plantes, dont certaines relèvent pourtant d'un PNA - un plan national d'action piloté par le ministère de l'Écologie pour assurer leur conservation - ont soif, très soif, si bien «que le jardin est aujourd’hui en sursis » s'inquiète Jonathan Collot.

Les deux demandes de dérogation refusées

Arrêté préfectoral oblige, le jardin, en cette période de sécheresse, n'est pas autorisé à utiliser de l'eau de consommation pour arroser ses plan- tes, ni de puiser clans la source de la Vologne. Problème, il ne peut pas non plus compter sur l'eau de pluie habituellement stockée dans sa citerne de 60 m3, celle-ci étant à sec depuis maintenant quelques semaines.

Deux dérogations d'arrosage ont été demandées à la préfecture des Vosges. Les deux ont été refusées, ce que ne comprend pas Jonathan Collet, ce type de dérogation ayant été accordée les années précédentes.

«On voit nos plantes mourir sous nos yeux et pendant ce temps-là les golfs peuvent arroser », lâche le jeune homme, dépité et dans l'incompréhension la plus totale. Une incompréhension d'autant plus grande au regard de ce qu'autorise parallèlement l'arrêté portant sur les restrictions temporaires des usages. Entre autres: la possibilité pour les golfs de tirer 350 m3 d'eau par semaine alors que le jardin demande une dérogation de 60 m3, non pas pour tenir une semaine, mais un mois. «  Soit une consommation 23 fois intérieure à celle d'un golf, juste pour en assurer leur pérennité », précise le responsable, tout en précisant qu'au jardin, « c’est un système d'irrigation automatique, nocturne et utilise avec parcimonie ›› qui est à l’œuvre.

Bien conscient que ces épisodes caniculaires vont se multiplier ces prochaines années, Jonathan Collot s'interroge sur le droit à l’eau. Quelle quantité et pour qui? « Entretenir une monoculture de gazon qui demande 50 m3d'eau par jour, est-ce aujourd’hui plus vertueux que de sauvegarder un patrimoine végétal quasi unique en France?» interpelle-t-il.

Réponse de la préfecture: «Les dérogations éventuellement accordées doivent être justifiées au regard de la réglementation et des impératifs de préservation de la ressource ››. Une ressource qui, au jardin du Chitelet, est pourtant jugée d’intérêt scientifique et patrimonial mais qui visiblement n suscite pas encore l’intérêt de certains décideurs.

Lio Viry

Faute d’arrosage, de nombreuses espèces sont en souffrances au jardin du Haut-Chitelet. Photo Éric Thiébaut

Haut-Chitelet
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