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Le blog de François MUNIER

Liban. Une autre stratégie pour sortir de l’impasse (Ziad Majed / Orient XXI)

6 Août 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Questions internationales, #Liban, #Israël, #Iran

Washington, D.C., le 26 juin 2026. Le secrétaire d’État états-unien Marco Rubio participe à la cérémonie de signature d’un accord trilatéral entre les États-Unis, le Liban et Israël. En présence du conseiller du Département d’État Dan Holler, de l’ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Yechiel Leiter. Photo officielle du Département d’État / James C. Pan

Washington, D.C., le 26 juin 2026. Le secrétaire d’État états-unien Marco Rubio participe à la cérémonie de signature d’un accord trilatéral entre les États-Unis, le Liban et Israël. En présence du conseiller du Département d’État Dan Holler, de l’ambassadrice du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et de l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Yechiel Leiter. Photo officielle du Département d’État / James C. Pan

Pris dans les rivalités entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le Liban n’a que peu de marge de manœuvre. Mais l’accord-cadre signé le 26 juin 2026 entre Beyrouth et Tel-Aviv sous l’égide de Washington est loin d’offrir une perspective de retour à la paix et à la libération du territoire libanais. D’autres tactiques sont pourtant possibles.

En cet été 2026, le Liban demeure pris entre deux orientations antagonistes. La première prolonge la stratégie militaire du Hezbollah, étroitement liée aux priorités régionales de l’Iran et conduite en dehors des institutions de l’État. La seconde mise sur l’administration états-unienne pour obtenir le retrait de l’armée israélienne des zones qu’elle occupe dans le sud du pays et engager la reconstruction.

Cette polarisation appauvrit le débat national en érigeant l’arsenal du Hezbollah et la supériorité israélienne en réalités indépassables. Les choix se trouvent ainsi réduits à deux formes de subordination : l’alignement sur les décisions iraniennes ou le recours à une médiation états-unienne dont les priorités coïncident largement avec celles de Tel-Aviv.

Le Hezbollah a contribué à cette impasse en conservant ses armes après la libération du Sud-Liban en 2000, au terme de vingt-deux années d’occupation et de résistance, puis en intervenant dans la guerre syrienne à partir de 2012 et, enfin, en ouvrant depuis 2023 des « fronts de soutien » à Gaza et à Téhéran. Ces décisions ont engagé un pays politiquement fracturé et plongé dans une profonde crise économique et des confrontations régionales dont le parti maîtrisait de moins en moins le rythme et l’issue.

Parallèlement, l’escalade israélienne, l’urbicide dans le Sud et la banlieue de Beyrouth, le déplacement forcé d’un million de personnes, le meurtre de plus de quatre mille Libanais et l’occupation de dizaines de villages ont confirmé la stratégie de Tel-Aviv. Elle est inscrite dans les logiques historiques israéliennes d’expansion territoriale, de nettoyage ethnique et de destruction. Les incursions des années 1960, les invasions de 1978 et de 1982, jusqu’au siège de Beyrouth, l’établissement pendant deux décennies d’une bande frontalière occupée, la doctrine de bombardements massifs dite « Dahiyeh » en 2006, et la préparation de dizaines d’assassinats et d’opérations telles que celle des bipeurs en 2024 témoignent d’une volonté israélienne persistante de soumettre l’espace libanais à une surveillance et à une menace récurrente, tout en présentant ces offensives comme « défensives ».

Un accord asymétrique

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