Marsal (Moselle)
L'église Saint-Léger
Feuillet disponible à l'entrée de l'église
Collégiale Saint-Léger de Marsal
Amis, soyez les bienvenus ! Vous êtes dans la maison de Dieu qui est avan t tout un lieu de prière. Nous vous souhaitons une bonne visite.
A l'origine, peu après l'époque mérovingienne, Marsal était un des quatre archidiaconés du diocèse de Metz. C'est durant cette période que l'on peut situer la construction initiale de l'église (448-751).
Jusqu'au XIIlème siècle, Marsal était une simple paroisse. En 1222, cette église paroissiale fut élevée au rang de collégiale par l'abbesse Clémence de Neumunster-am-Blies qui en était la patronne. C'est alors, en pleine époque romane, que devait s'épanouir l'église telle que vous la découvrez en grande partie aujourd'hui.
L'entrée principale était le portail latéral nord (1). Celui-ci présente une intéressante décoration, typiquement romane: un fronton triangulaire orné d'un bandeau d'arcs axés vers le centre et des chapiteaux cubiques à lobes géminés présentant des dessins concentriques (torsades, arcs chevronnés et moulurés). Vous pourrez remarquer encore quelques traces de polychromie. L'entrée principale est le grand portail ouest (2), beaucoup plus simple, qui fut certainement ouvert après la construction de la façade bien que les chapiteaux soient de style très primitif. Il était certainement réservé au passage des chanoines.
Le massif occidental, composé des deux tours et de la tribune qui les relie, donne un aspect imposant à l'église. Cette façade, outre le portail, n'est décorée que de deux fenêtres encadrées de têtes de monstres. On peut y voir un reste de moulures, probablement de l'église précédente. Une des particularités de l'édifice est de posséder deux tours de hauteurs inégales. Vraisemblablement, elles étaient toutes deux aussi hautes l'une que l'autre ; la tour sud (3), plus petite, se serait écroulée et n'aurait pas été reconstruite à l'identique. La tour nord (4), dont les fenêtres à l'est montrent de jolis chapiteaux romans, abrite aujourd'hui sept cloches. La plus grosse (1740 kg) fut fondue devant l'église par un artisan germanique comme nous le dit l'inscription allemande qu'elle porte en lettres gothiques accompagnée d'une crucifixion et de petits personnages entourés de pièces de monnaie : «Je m'appelIe St-Léger, je suis le bienheureux patron de MarsaI, j'ai été fondue par Maître Conrat de Vic, année 1508 »
Cette cloche reçut pour compagnes en 1877 Pauline-Caroline (885 kg) et Joséphine-Françoise (1255 kg) issues des Ateliers Martin de Nancy.
Lors de la première guerre mondiale, l'occupant allemand réquisitionna toutes les cloches de la région afin de fondre des canons. La cloche de St-Léger fut respectée en tant que cloche historique et parce que sa descente eût été périlleuse. Quant aux deux autres, elles furent saisies et descendues sur le parvis. Grâce aux pourparlers entre le curé et l'autorité, les cloches restèrent à Marsal et sonnèrent à toute volée pour l'entrée des troupes françaises par la Porte de France. Quelques années plus tard, en 1944, nouvelle réquisition, mais cette fois-là, les deux cloches quittèrent le village. Un soldat français ayant été en cantonnement à Marsal les retrouva intactes en Allemagne et les fit rapatrier.
En 2013, lors de la dernière campagne de travaux, ces trois cloches furent descendues et restaurées par l'atelier Voegelé de Strasbourg. A cette occasion, la Fabrique compléta la sonnerie par trois cloches neuves coulées sur la place du village : Marie-Jeanne «la Berlotte ›› (400 kg), Clémentine-Céleste (345 kg) et Bénédicte-Françoise (230 kg). Enfin, la petite cloche de l'hospice (35 kg), de la fonderie Morice de Metz, datant de 1803 et déposée depuis la fin de la seconde guerre mondiale, fut également installée dans le clocher.
Dès votre entrée dans l'église, vous vous trouvez sous la tribune, dans ce qui était peut-être le chœur occidental (5). L'église fut construite selon le plan basilical: une grande nef principale (6) et deux nefs latérales (7), plus basses, toutes trois couvertes d'un plafond en bois. Ces nefs étaient directement terminées par l'abside principale et deux absidioles (8) voûtées en cul-de-four. Les arcs en plein cintre qui séparent les nefs reposaient sur de grosses piles carrées comme celle qui soutient encore aujourd'hui la chaire (9). Sitôt après ces constructions, on rajouta l'arc triomphal (10) pour partager l'église en deux; il est formé de deux arcs en plein cintre dans les nefs latérales et d'un grand arc brisé dans la nef principale. Vous pourrez remarquer sa postériorité par rapport aux nefs en observant la petite fenêtre romane du bas- côté nord (11) qu'il vient presque recouvrir.
Au XIVème siècle, on détruisit l’abside romane dont il subsiste l'arc principal (12) (tout en conservant les deux absidioles) et on la remplaça par l'actuel chœur gothique à cinq pans (13). De même, on ouvrit dans le mur du bas-côté nord de grandes fenêtres flamboyantes ainsi que la petite chapelle Notre Dame de Bon Renom (14). C'est à cette même époque que l'on couvrit d'une voûte d'ogives l'entrée du chœur (15) qui pourrait représenter la croisée du transept. A la fin du XVIIème siècle, les piliers furent taillés en colonnes à volutes, peut-être sous l'influence d'architectes militaires italiens ayant travaillé sur les fortifications, afin de donner à l'église un air de basilique romaine. Au milieu du XIXème siècle, l'église fut complètement restaurée, entre autres par Tornow, auteur du grand portail de la cathédrale de Metz. Une nouvelle campagne de restauration fut entreprise après la seconde guerre mondiale.
A signaler :
Au fond du bas-côté nord: deux gisants Renaissance (16) : un comte de Salm et son épouse avec deux poupons et un lionceau (ou lévrier). La famille de Salm, fondatrice de l'abbaye (aujourd'hui ferme) de Salival, y possédait sa chapelle funéraire. A la Révolution, ces gisants, jetés dans les champs, furent recueillis par les habitants de Marsal.
Dans l'absidiole nord, une Vierge à l'Enfant en pierre jaune de Lorraine (17) sculptée au XIXème siècle d'après Tornow.
Les chapiteaux et clés de voûte du chœur représentant des anges, des feuillages et des bourgeois de l'époque. Au-dessus du maître-autel : Dieu le Père donne sa bénédiction (18).
Le maître-autel (19) édifié en 1895, financé par les paroissiens, d'après un dessin de Tornow, dans le style gothique du XVème siècle en pierre de Jaumont (ainsi que les autels latéraux et le baptistère (20)).
Au-dessus des bustes des évangélistes, deux châsses contenant des reliques dont celle de saint Léger et celle de saint Livier, martyrisé à Marsal par les Huns, laquelle fut donnée par Mgr du Pont des Loges, évêque de Metz, à la paroisse de Marsal.
Les stalles, ainsi que l'ambon, en chêne sculpté du XVIIIème siècle, qui proviennent de l'abbaye de Salival.
L'autel (face au peuple) (21) construit avec des éléments du banc de communion de l'église de Château-Salins.
Sur le mur droit du chœur, le monument funéraire de Fouquet de la Routte (22), gentilhomme dauphinois et gouverneur de Marsal, mort en 1589 s'étant déclaré pour les Huguenots. ll ne fut inhumé dans l'église qu'en 1590 sur ordre de Charles III, duc de Lorraine. Les dessins de ce monument furent composés par un de ses amis, Alphonse de Rambervillers, magistrat humaniste de Vic. Il les expliqua dans une poésie gravée sur une plaque de cuivre, d'abord apposée près du monument, aujourd'hui conservée au Musée lorrain. Voici en quelques mots l'explication de ce curieux petit bas-relief.
1. L'autel et la croix sont les symboles du sacrifice de Fouquet de la Routte, lutteur au cœur de flamme.
2. Les deux petites buttes sont les colonnes d'Hercule (Gibraltar et Ceuta) car Fouquet de la Routte fut plus valeureux que le héros mythologique.
3. Au-dessus: la colonne de Trajan, car les exploits du héros chrétien sont plus mémorables que ceux de l'empereur païen.
4. L'obélisque est celui d'Auguste, moins magnanime que Fouquet de la Routte.
5. Les deux petits autels nous assurent qu'il est plus immortel qu’ Alexandre. « Plus célèbre, plus saint, plus grand et immortel, que par monts, colonne, obélisque et au tels, ne fut Hercule, Trajan, César et Alexandre »
La chaire (23), en bois sculpté, présentant le blason de la ville de Marsal entouré d'une colonne de perles, les quatre évangélistes et st Paul.
En face, un grand Christ en croix en bois peint du XVIIème siècle (24).
En dessous, un petit orgue de cinq jeux (25) construit dans les années 1970 par la maison Koenig.
Sur la tribune, le grand orgue (26) édifié en 1733 par Jean Jodoc Vonesche, reconstruit en 1885 par Jean Blési, grâce à un don de Mgr Trouillet, bâtisseur de la basilique Saint-Epvre de Nancy, et dont les tuyaux d'origine disparurent ainsi que ses différentes sculptures dans les années 1950. Il est fa aujourd'hui complètement à l'abandon, faute de moyens.
En dépôt au musée départemental du sel, un reliquaire en pierre blanche monolithe, chef d'œuvre de l'école lorraine du XIVème siècle. Il montre l'Annonciation, l'Adoration des mages, le Couronnement de la Vierge et le Christ glorieux entouré des saints Pierre, Paul, Jean-Baptiste et Jean l'évangéliste.
Les statues ornant l'église, en terre cuite ou en plâtre, dons de paroissiens (ñn XIXème et début XXème).
Depuis le début du XVlllème siècle, les biens de l'église ne sont plus gérés par le collège des chanoines mais par la Fabrique, héritage des années d'annexion allemande. L'église est construite sur le briquetage de la Seille, débris de terre cuite résultant de l'exploitation du sel environ 800 ans avant Jésus-Christ. Cette situation, au milieu de la vallée marécageuse de la Seille, entraîne une grande instabilité du sol et l'église a subi, au cours de son histoire, des dommages importants et de grands travaux. La restauration du massif occidental (les deux tours et le corps central) a été entreprise par la commune de Marsal avec la participation de la D.R.A.C, du conseil départemental de la Moselle et de la Fondation du Patrimoine entre 2011 et 2015: maçonneries, pierres de taille, charpentes, couvertures, vitraux, menuiseries, installations électriques, cadran de l'horloge, beffroi et restauration des cloches.
Bonne fin de séjour à Marsal et dans le Saulnois ! A bientôt !
Histoire de l'exploitation du sel en vallée de la Seille - Le blog de François MUNIER
Le briquetage de la Seille est un vaste site archéologique de l' âge du Fer, constitué d'immenses accumulations de terre cuite, correspondant aux restes d'une exploitation "proto-industrielle" d...
https://francoismunier.name/2017/11/histoire-de-l-exploitation-du-sel-en-vallee-de-la-seille.html
/image%2F0572466%2F20231009%2Fob_cc3765_identite.jpg)
/image%2F0572466%2F20260622%2Fob_edde3b_marsal-04.jpg)
/image%2F0572466%2F20260622%2Fob_be0ae2_marsal-05.jpg)
/image%2F0572466%2F20260622%2Fob_cdab68_marsal-01.jpg)
/image%2F0572466%2F20260622%2Fob_908450_marsal-02.jpg)
/image%2F0572466%2F20260622%2Fob_25953e_marsal-03.jpg)
/image%2F0572466%2F20260622%2Fob_856876_marsal.jpg)
/https%3A%2F%2Fupload.wikimedia.org%2Fwikipedia%2Fcommons%2F9%2F99%2FMarsalcalstlegerlback.jpg)