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Le blog de François MUNIER

Euthanasie : la fausse liberté d’une société qui renonce à la solidarité (Tribune)

24 Février 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Actualité française

La revendication de « choisir sa mort » repose sur la fiction d’un individu complètement autonome. La mort se substitue à la solidarité envers les plus vulnérables.

Le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté s’est imposé dans l’espace public comme une évidence morale. Il serait question de compassion, de dignité, de liberté. Ceux qui s’interrogent seraient conservateurs, religieux, et indifférents à la souffrance.

Pourtant, une question demeure : comment avons-nous pu en venir à considérer comme un progrès social la possibilité d’administrer la mort ?

L’argument central est désormais bien connu : « Qui êtes-vous pour m’empêcher de choisir ma mort ? » La liberté serait individuelle, souveraine, indiscutable. Mais ce raisonnement repose sur une confusion majeure : la demande d’euthanasie ne concerne jamais un individu seul face à lui-même puisqu’il l’adresse à un autre. Elle implique des médecins, des équipes, des institutions, une organisation juridique et sociale, une société. Elle engage la collectivité toute entière. Ce n’est pas un choix privé : c’est un choix politique.

Surtout, cette revendication repose sur une fiction : celle d’un sujet parfaitement autonome, maître de lui-même, capable de décider en toute indépendance. Or la maladie peut amener à la dépendance, la fragilité, l’angoisse de l’abandon. Elle rend hypersensible aux attentes – explicites ou implicites – des proches, des soignants, de la société. Plus encore, elle repose sur une fiction qu’il existerait des sujets indépendants, malades ou non.

Dans un monde où l’on répète que la dépendance coûte cher, que le vieillissement pèse sur les finances publiques, que la performance est la valeur suprême, peut-on vraiment parler d’une liberté intacte ?

 

Car au fond, ce qui traverse le débat n’est pas seulement la peur de la douleur. C’est la peur de la dépendance. La peur de « finir comme ça ». La peur de devenir un corps improductif, diminué, embarrassant.

Notre société valorise l’efficacité, la maîtrise, l’autonomie. Elle supporte mal les failles, les lenteurs, les débordements du corps vieillissant ou malade. Peu à peu, la dignité se trouve réduite à la capacité de se tenir, de se contrôler, de rester performant. Dans un tel contexte culturel, la vulnérabilité devient presque une faute.

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