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Le blog de François MUNIER

L’interview de Lavrov sur France 2 : comment tirer les bonnes leçons d’un cas de vulnérabilité médiatique à l’influence russe ? (Anna Colin Lebedev)

29 Mars 2026 , Rédigé par François MUNIER Publié dans #Actualité française, #Russie

L’interview du ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov par Léa Salamé, diffusée sur France 2, ne m’a pas mise en colère. Elle m’a confirmé dans la conviction qu’il y a une urgence à réfléchir aux raisons de la vulnérabilité de nos médias à l’influence russe, dont les manifestations sont devenues récurrentes. Cette vulnérabilité renvoie, selon moi, à deux phénomènes : la difficulté à anticiper et identifier les manipulations informationnelles russes, et la difficulté à concilier plusieurs grammaires contradictoires du travail journalistique.

Le choix de la rédaction d’interroger Sergueï Lavrov ne me pose aucun problème. La conservation de l’initiative, la liberté du journaliste de choisir qui interroger et sur quel sujet, est un principe fondamental du métier. Nous n’avons pas à nous substituer aux journalistes dans leur choix, et surtout pas à ceux qui travaillent dans les médias de service public ; les seules personnes susceptibles de critiquer le choix de l’interview sont, selon moi, les confrères et consœurs journalistes de Léa Salamé, au nom d’une éthique professionnelle partagée.

Ce qui est manifeste dans l’interview de Lavrov par Salamé, c’est précisément la perte de l’initiative par la journaliste. La prise de contrôle de l’entretien par le ministre russe est visible dans la configuration matérielle de l’entretien : c’est Lavrov qui décide du tempo de l’interview, enlevant son oreillette quand il se lance dans un monologue, ne laissant aucune chance à Salamé, coincée de l’autre côté de l’écran d’ordinateur, de venir l’interrompre. La perte de contrôle se révèle également dans l’incapacité de la journaliste d’opposer des faits précis aux mensonges proférés par son interlocuteur. Le résultat est accablant : l’entretien se transforme en une tribune pour le ministre russe où rien ni personne ne l’empêche de dérouler son discours.

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