La proposition de loi LR visant à interdire le foulard/voile via l’interdiction de tout couvre-chef aux personnes de moins de 18 ans de sexe féminin est :
-sexiste
-absurde
-liberticide
-contreproductive
-contraire à la laïcité
Elle illustre le naufrage du débat politique actuel.
Explications
:
Ce texte interdit aux mineures tout ce qui “dissimule la chevelure”.
Ça relève d’une logique d’interdiction identitaire, pas d’un principe républicain.
C'est assumer le contrôle social et moral sur la population par un État qui ne serait donc plus laïque, objectif et neutre.
“Dissimuler la chevelure” : on légifère sur… des cheveux !
Les parlementaires français veulent-ils se voir décerner la palme mondiale du ridicule ?
Ce type de loi n'existe nulle part ailleurs (et on ne devrait pas en être fier)
.
Aristide Briand, sur une proposition similaire mais tout de même moins absurde disait en 1905 à la tribune de l'Assemblée nationale, ironique : "l'adopter [la proposition en question] serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule (...)"
Car le droit permet déjà d’agir quand il y a pressions notamment pour faire porter un signe à une enfant, violences, menaces, privation, contrôle coercitif.
Encore faut-il donner aux services concernés les moyens d’évaluer, d’accompagner et, si nécessaire, de saisir le juge.
Or ces services sont, de fait, asphyxiés — et du fait de choix budgétaires portés par ceux-là mêmes qui crient désormais à "la protection" quand ça les arrange.
Protéger, ce n’est pas communiquer et restreindre les libertés de certaines : ici, c’est financer et soutenir.
Cette PPL constitue une atteinte grave aux libertés.
On parle d’une restriction lourde, stigmatisante, sans aucune démonstration de nécessité proportionnée.
Tout cela n'est pas parti d'études de fond, mais de collégiennes voilées (du privé) dans les tribunes de l'Assemblée.
On est dans la "loi d'émotion" où la raison n'a plus aucune place.
On est dans l'arbitraire et l'inapplicable.
Or, une norme floue ouvre la porte à des contrôles au faciès et à une insécurité juridique totale.
Et ça, c’est l’inverse de l’État de droit.
Dans 1 État de droit, on n'interdit pas tout ce qui peut déplaire individuellement, même si ça peut relever du débat d'idées.
On interdit ce qui trouble l'ordre public, et qui est imposé à autrui contre son gré (en l'espèce, on l'a dit, on peut déjà agir face à des contraintes).
L'effet boomerang est que c'est contre-productif.
Cette PPL nourrit, en effet, le discours des endoctrineurs : "la République discrimine, rejetez-là !".
Et elle risque d’isoler davantage certaines jeunes filles dans des cercles fermés, au lieu de les émanciper.
Ce type de mesure renforce le sentiment de certains d'un "nous" et "eux", donc les réflexes de repli et les solidarités communautaires "défensives".
Les partisans de ce texte fabriquent et alimentent le problème qu’ils prétendent combattre.
Et, du fait de tout ce qui vient d'être rappelé, ce n'est évidemment pas un amendement d'un autre groupe parlementaire pour abaisser l'interdiction à 15 ans ou autre qui rendra le texte acceptable.
Ce serait surtout l'illustration d'une immense lâcheté face à la vague réactionnaire et illibérale qui vient.
Cette PPL s'inscrit dans des propositions toujours plus absurdes du type "interdire le jeûne du Ramadan aux mineurs".
Ils voudraient donc forcer chacun à manger ? ... Comment ? En l'humiliant et par la contrainte physique ?
On en vient à se demander si ceux-là mêmes ne veulent pas, au fond d'eux, carrément interdire l'islam dès lors qu'il est "visible".
On reviendrait aux pires heures de notre histoire... où la laïcité n'existait pas, où la liberté de religion n'était que celle de la majorité.
Toutes ces interdictions échouent pour une raison simple : elles refusent la diversité du peuple, et elles attaquent alors des pratique (ou des signes) au lieu d’attaquer la contrainte.
Ces interdictions renforcent les divisions, minent la cohésion nationale, et trahissent notre histoire : la laïcité a été pensée pour faire société dans une France pluraliste — pas pour effacer les appartenances, mais pour faire de leur diversité une force.
La bonne ligne laïque et républicaine ? :
Liberté + protection ciblée.
On garantit la liberté de conscience ; on intervient quand il y a danger (coercition, isolement, violences) — avec des moyens, pas des slogans ni des stigmatisations.
Interdire des vêtements/signes, c’est liberticide mais facile
Protéger réellement, c’est exigeant. Mais c’est ça, le rôle de la République laïque: émanciper sans discriminer, garantir l'égalité réelle, assurer la liberté égale pour toutes et tous, concourir à la fraternité.